Note personnelle : ,

Gounod, Charles — La Nonne sanglante (1854)

Format :

  • Opéra en cinq actes.
  • Musique : Charles Gounod
  • Livret : Eugène Scribe et Germain Delavigne, d’après un épisode du roman gothique Le Moine (1796) de Matthew Gregory Lewis
  • Langue : français

Création :

18 octobre 1854, Opéra de Paris, salle Le Peletier.
Troisième ouvrage de Gounod pour l’Opéra de Paris, après Sapho et Ulysse, La Nonne sanglante est composée en 1852-1854. Le livret avait été tenté par plusieurs compositeurs (Verdi, Berlioz, Meyerbeer, Halévy, David, Clapisson) avant de revenir à Gounod. L’œuvre n’est donnée que onze fois : accueillie fraîchement, elle contribue à la chute du directeur Nestor Roqueplan, et son successeur François-Louis Crosnier la retire de l’affiche. Rôles créés : Rodolphe (ténor), Louis Guéymard ; Agnès (soprano), Anne Poinsot ; la Nonne (mezzo-soprano), Palmyre Wertheimber ; Arthur (soprano), Marie Dussy ; le comte Ludorf (basse), Jean-Baptiste Merly ; le baron de Moldaw (basse), Jacques-Alfred Guignot ; Pierre l’Ermite (basse), Jean Depassio.

Livret :

Scribe, librettiste de l’Opéra, et Delavigne s’inspirent d’un épisode du Moine de Lewis, roman gothique célèbre pour ses scènes de fantômes, de crime et de passion. Le livret, jugé invraisemblable par la critique du temps, mêle guerre de familles, apparitions et rédemption dans une Bohême médiévale du XIe siècle.

Intrigue :

  • Acte I : Deux familles, les Moldaw et les Ludorf, se déchirent depuis longtemps. L’ermite Pierre impose une trêve et veut sceller la paix par le mariage d’Agnès, fille de Moldaw, avec Théobald, fils aîné de Ludorf, qui reste absent. Agnès aime pourtant Rodolphe, le frère de Théobald, et ils décident de fuir ensemble : pour franchir l’enceinte, elle se déguisera en « nonne sanglante », fantôme qui hante le château.
  • Acte II : Arthur, page de Rodolphe, aide les amants et raconte la légende de la nonne. À minuit, Rodolphe attend Agnès, mais c’est le véritable spectre qui paraît ; il le prend pour sa fiancée et lui jure amour. La nonne lui demande de la venger en tuant son meurtrier.
  • Acte III : Rodolphe assiste à des noces de villageois, puis apprend la mort de son frère Théobald, ce qui le libère pour épouser Agnès. Mais le fantôme le poursuit chaque nuit et lui rappelle sa promesse ; Arthur tente en vain de l’apaiser.
  • Acte IV : Au moment de la cérémonie nuptiale de Rodolphe et d’Agnès, la nonne paraît et désigne Ludorf, père de Rodolphe, comme son meurtrier. Rodolphe renonce à la noce, et la haine entre les familles se rallume.
  • Acte V : Ludorf avoue son crime, commis vingt ans plus tôt. Les hommes de Moldaw complotent contre Rodolphe ; pour le sauver, Ludorf prend sa place et meurt dans ses bras. La nonne, enfin libérée, monte au ciel.

Enregistrements :

Hermann Bäumer — 2010

Format : CD, 2 disques (production de la création allemande de l’œuvre)
Label : cpo
Référence : 777 388-2
Année d’enregistrement : publication en 2010 ; l’enregistrement est tiré de la production de la première allemande du Theater Osnabrück (19 janvier 2008, mise en scène Gabriele Rech). Date précise non indiquée.
Distribution :

  • Le comte Ludorf : Marco Vassalli, baryton
  • Le baron de Moldaw : Genadijus Bergorulko, basse-baryton
  • Rodolphe : Yoonki Baek, ténor
  • Agnès : Natalia Atamanchuk, soprano
  • Arthur : Iris Marie Kotzian, soprano
  • Pierre l’Ermite : Frank Färber, basse
  • La nonne sanglante : Eva Schneidereit, mezzo-soprano
  • Fritz : Kolja Hosemann, ténor
  • Anna : Miyuki Nishino, soprano
  • Arnold : Sang-Eun Shim, ténor
  • Norbert : Tadeusz Jedras, basse
  • Théobald : Ji-Seong Yoo (rôle muet)

Direction : Hermann Bäumer
Orchestre : Osnabrücker Symphonieorchester ; chœur et chœur d’hommes supplémentaire du Theater Osnabrück (chef de chœur : Peter Sommerer)
Langue : français

Particularité :

Enregistrement d’une partition longtemps oubliée, issu de la création allemande donnée au Theater Osnabrück sous la direction de Hermann Bäumer. Distribution de troupe, sans grands noms internationaux, mais qui défend l’ouvrage avec conviction et lui rend justice dans ses cinq actes.

Postérité :

Après sa brève carrière de 1854, La Nonne sanglante a disparu de l’affiche. Elle a été ressuscitée à Osnabrück en 2008 pour sa première allemande, puis donnée à l’Opéra-Comique de Paris en 2018 (direction Laurence Equilbey, mise en scène David Bobée), production publiée en DVD par Naxos en 2019, et à Londres en 2021 par Gothic Opera.

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