Format :
- Festa teatrale en deux parties (Parte prima, Parte seconda), précédée d’une sinfonia en trois mouvements (Wq. 20).
- Musique : Christoph Willibald Gluck (1714-1787).
- Livret : Giacomo Durazzo, sur des textes d’airs empruntés à Pietro Metastasio.
- Langue : italien.
Création :
8 décembre 1755, Burgtheater, Vienne.
L’œuvre est donnée à l’occasion de l’anniversaire de l’empereur François Ier Étienne. Gluck, alors âgé de 41 ans, vient de s’attacher au théâtre de la cour de Vienne sous la direction du comte Durazzo, qui en a pris la tête en 1754. La distribution de la création réunit Caterina Gabrielli (Claudia), Carlo Carlani (Valerio), Marianna Beneventi (Flaminia) et le castrat Tommaso Guarducci (Flavio) ; un ballet, probablement réglé par Franz Anton Hilverding, accompagnait la représentation. Reprise le 14 décembre 1755, puis à nouveau en août 1756.
Livret :
Le livret est un pastiche : Durazzo a assemblé des textes d’airs tirés de diverses œuvres de Metastasio, et a composé lui-même les récitatifs et les chœurs. Le sujet s’inspire de la légende romaine de la vestale Claudia Quinta qui, accusée d’impudicité, prouve son innocence en halant seule sur le Tibre le navire portant la statue de Cybèle (la Mère Idéenne). Gluck a par ailleurs réutilisé une partie de sa propre musique, empruntant à Il Tigrane, Ipermestra, Ezio et Issipile pour environ cinq des quatorze numéros.
Intrigue :
- Parte prima : La vestale Claudia est accusée d’avoir entretenu une liaison avec le chevalier Flavio. Le consul Valerio annonce à sa sœur Flaminia, prêtresse de la déesse, que Claudia doit se défendre devant le Sénat. Malgré sa confiance en son innocence, Claudia est condamnée à mort par les sénateurs.
- Parte seconda : Le navire portant la statue attendue de la Mère Idéenne s’échoue dans le Tibre. Claudia s’offre à le tirer seule jusqu’au port ; elle y parvient, preuve éclatante de la faveur des dieux. Elle est graciée, son innocence est proclamée et le peuple exulte dans le chœur final.
Enregistrements :

Catalucci — 1993
Format : 2 CD
Label : Bongiovanni (collection « Novità del Passato »), couplage avec l’Arlecchinata de Salieri
Référence : GB 2111/12
Année d’enregistrement : 7 et 9 septembre 1990, en public, Teatro Comunale, Narni (Terni) ; édition au début des années 1990.
Distribution :
- Claudia : Alessandra Ruffini, soprano
- Valerio : Ugo Benelli, ténor
- Flaminia : Bernadette Lucarini, soprano
- Flavio : Alessandra Rossi De Simone, soprano
Direction : Gabriele Catalucci
Orchestre : Orchestra giovanile « In Canto » di Terni ; chœur : Corale Amerina
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement répertorié de l’œuvre, capté sur le vif lors de la reprise moderne de Narni en 1990. L’orchestre de jeunes et la distribution réunie autour du vétéran Ugo Benelli, ténor rossinien réputé, donnent à cette version un caractère de découverte plus que de référence, avec les aléas propres à toute captation en public. Le rôle de Flavio, écrit pour un castrat, est confié à une voix de soprano féminine. Le livret est fourni en italien et en anglais.

Moulds — 2004
Format : 2 CD
Label : Deutsche Harmonia Mundi (BMG), coproduction avec WDR 3
Référence : 82876 58796 2
Année d’enregistrement : 20-24 septembre 2003, Studio Stolberger Straße, Cologne (édition en 2004).
Distribution :
- Claudia : María Bayo, soprano
- Valerio : Andreas Karasiak, ténor
- Flaminia : Marina De Liso, mezzo-soprano
- Flavio : Verònica Cangemi, soprano
Direction : Christopher Moulds
Orchestre : Cappella Coloniensis (instruments d’époque) ; chœur : ChorWerk Ruhr (direction du chœur : Wolfgang Kläsener)
Langue : italien
Particularité :
Première version sur instruments d’époque, avec des solistes de premier plan. La critique salue la belle réussite d’ensemble et le contraste entre le soprano de María Bayo et le mezzo de Marina De Liso, ainsi que l’échange dramatique entre Bayo et Verònica Cangemi à l’ouverture de la seconde partie. On a reproché à Bayo un vibrato un peu large, et à Andreas Karasiak une prononciation italienne peu idiomatique, malgré un chant de belle qualité. Les éditeurs soulignent aussi les innovations de l’écriture (airs interrompus, enchaînements attacca) qui font de cette festa teatrale plus qu’une pièce de circonstance.
Postérité :
Longtemps oubliée, L’innocenza giustificata n’a guère été jouée après le XVIIIe siècle. Gluck en a donné environ treize ans plus tard une version révisée sous le titre La Vestale, dont seul le livret est conservé. L’œuvre n’a été redonnée qu’en 1990 au Teatro Comunale de Narni, reprise qui a donné lieu au premier enregistrement, puis a bénéficié en 2003-2004 d’une version de studio sur instruments d’époque. Elle éclaire les années de formation de Gluck à Vienne, où la collaboration avec Durazzo prépare la réforme de l’opéra qui aboutira à Orfeo ed Euridice (1762).

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