Note personnelle : ,

Gluck, Christoph Willibald — Le nozze d’Ercole e d’Ebe (1747)

Format :

  • Serenata (« dramma per musica » ou festa teatrale de circonstance) en deux parties.
  • Musique : Christoph Willibald Gluck (1714-1787).
  • Livret : auteur inconnu (livret anonyme en italien).
  • Langue : italien (titre original : Le nozze d’Ercole e d’Ebe).

Création :

29 juin 1747, château de Pillnitz, près de Dresde, sous la direction de Gluck lui-même.
L’œuvre fut composée pour les fêtes du double mariage qui unissait l’électeur de Bavière et le prince héritier de Saxe, chacun épousant la sœur de l’autre. La distribution de la création comprenait Setimio Canini (Giove), Giustina Turcotti (Ebe), Giacinta Forcellini (Giunone) et Regina Mingotti, qui chantait le rôle d’Ercole en travesti.

Livret :

Le livret, dont l’auteur n’est pas identifié, s’inscrit dans la tradition des pièces de circonstance dédiées à un événement princier : la mythologie grecque y sert de miroir flatteur aux noces royales. Il met en scène l’union d’Hercule, admis parmi les dieux de l’Olympe, et d’Hébé, déesse de la jeunesse et fille de Jupiter. La pièce s’achève par un chœur chanté par les quatre solistes, suivi d’une licenza (récitatif et air) confiée à une voix de soprano.

Intrigue :

  • Première partie : dans l’Olympe, Jupiter, père des dieux, s’apprête à unir sa fille Hébé, déesse de la jeunesse, au héros Hercule, désormais divinisé. Junon, épouse de Jupiter et ancienne persécutrice du héros, doit accepter ce mariage.
  • Seconde partie : Junon, apaisée, se réconcilie avec Hercule, et les noces peuvent être célébrées. Le chœur final des quatre personnages exalte l’union, avant la licenza qui adresse l’hommage aux couples princiers de Dresde.

Enregistrement(s) :

Helmut Koch — 1968

Format : CD (enregistrement intégral, « Gesamtaufnahme », durée : 53’49), remastérisé numériquement.
Label : Berlin Classics (edel records GmbH).
Référence : 0091552BC (EAN 782124915520) ; (P) 1968, (C) 1999.
Année d’enregistrement : 1968 (date de copyright de l’enregistrement ; une notice bibliographique indique avril 1964, SRK Berlin).
Distribution :

  • Herkules (Ercole) : Jutta Vulpius, soprano
  • Hebe (Ebe) : Rosemarie Rönisch, soprano
  • Juno (Giunone) : Gertraud Prenzlow, contralto
  • Jupiter (Giove) : Peter Schreier, ténor
  • Clavecin : Hans Löwa

Direction : Helmut Koch
Orchestre : Kammerorchester Berlin
Langue : allemand (Die Hochzeit von Herkules und Hebe)

Particularité :

Version chantée en allemand, dans une traduction du texte italien d’origine. Le rôle d’Hercule y est confié à une soprano, comme à la création où il était chanté par une femme en travesti. Peter Schreier, l’un des grands ténors allemands de son temps, incarne Jupiter, et la partie de basse continue est tenue au clavecin par Hans Löwa. La brièveté de l’œuvre (moins d’une heure) et sa distribution réduite à quatre solistes la rapprochent d’une cantate scénique, dans un enregistrement remasterisé numériquement lors de sa réédition en 1999.

Postérité :

Œuvre de circonstance destinée à une seule fête princière, Le nozze d’Ercole e d’Ebe est restée en marge du répertoire de Gluck. Sa partition ne fut publiée qu’en 1914, dans une édition critique de Hermann Abert pour la collection Denkmäler deutscher Tonkunst. Elle illustre les débuts de la carrière de Gluck, à l’époque où il écrivait pour les cours d’Europe des opéras et des pièces de circonstance dans le style de l’opera seria, avant ses œuvres de la « réforme ».

 

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