Format :
- Drame lyrique (pastorale) en un prologue et trois actes.
- Musique : Christoph Willibald Gluck (1714-1787).
- Livret : Louis-Théodore de Tschudi, d’après les Métamorphoses d’Ovide.
- Langue : français.
Création :
24 septembre 1779, Académie royale de musique, salle du Palais-Royal, Paris.
Dernier opéra original de Gluck et son sixième pour la scène française, composé à Vienne en 1778 puis retravaillé à Paris, à la suite du triomphe d’Iphigénie en Tauride. La création, avec notamment Mlle Beaumesnil (Écho), Étienne Lainez (Narcisse), Joseph Legros (Cynire) et Gertrude Girardin (Amour), fut un échec : l’œuvre disparut de l’affiche après douze représentations. Gluck la remania pour le 8 août 1780, puis pour le 8 juin 1781, version qui fut mieux reçue.
Livret :
Tschudi puise dans le mythe d’Écho et de Narcisse raconté par Ovide, mais en adoucit le dénouement tragique en faisant intervenir l’Amour. Le genre pastoral paraissait alors démodé à l’Opéra, où le public attendait de Gluck de grandes tragédies ; en outre, son livret séduisit davantage un public aristocratique que les partisans du compositeur. Lors de la révision de 1780-1781, le rôle de l’Amour fut réduit à deux apparitions, dans le prologue et dans la scène finale.
Intrigue :
- Prologue : l’Amour paraît dès l’ouverture de la fable.
- Acte I : la nymphe Écho aime le jeune Narcisse, mais celui-ci reste insensible à ses avances, absorbé par sa propre beauté.
- Acte II : Narcisse, envoûté par son reflet, ne prête aucune attention à Écho, qui dépérit de chagrin.
- Acte III : Narcisse comprend enfin, mais trop tard, l’amour d’Écho. L’Amour intervient alors, ramène Écho à la vie et réunit les deux amants dans le bonheur (résumé reconstitué à partir de synthèses, le livret complet n’ayant pas été consulté).
Enregistrement(s) :

René Jacobs — 1987
Format : 2 CD (51’46 + 44’02), avec livret de 76 pages en français, anglais et allemand contenant le livret complet.
Label : Harmonia Mundi (France).
Référence : HMC 905201.02.
Année d’enregistrement : juin 1987, Festival de Schwetzingen (enregistrement live, Süddeutscher Rundfunk).
Distribution :
- Écho : Sophie Boulin, soprano
- Narcisse : Kurt Streit, ténor
- L’Amour : Deborah Massell, soprano
- Cynire : Peter Galliard, ténor
- Églé : Gertrud Hofstedt, soprano
- Aglaé : Christina Högman, soprano
- Sylphie : Eva Maria Tersson
- Thanaïs : Hanne Krogen
Direction : René Jacobs
Orchestre : Concerto Köln (instruments d’époque), avec chœur de bergers, zéphyrs et nymphes
Langue : français
Particularité :
Captation en direct de la production des Schwetzinger Festspiele, coproduite avec la Hamburgische Staatsoper, le Süddeutscher Rundfunk et le WDR, et dont la pochette reproduit une image de la mise en scène. Elle documente la reprise moderne de l’œuvre à Schwetzingen. Le critique Stanley Sadie lui reprochait toutefois de conserver trop de bruits de scène. René Jacobs et le Concerto Köln y défendent une lecture sur instruments anciens de cette pastorale, avec Sophie Boulin en Écho et Kurt Streit en Narcisse.
Postérité :
Après ses révisions de 1780 et 1781, Écho et Narcisse demeura très rarement jouée jusqu’à la reprise de René Jacobs à Schwetzingen en 1987. Gluck, blessé par cet échec et lassé des querelles esthétiques qui agitaient Paris, quitta définitivement la capitale française. Une nouvelle version discographique, dirigée par Hervé Niquet avec Le Concert Spirituel, est parue en 2024 après des représentations à Versailles en octobre 2022.

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