Note personnelle : , ,

Gluck, Christoph Willibald — Alceste (1767)

Format :

  • Opéra en trois actes (« tragedia per musica » dans la version italienne de 1767, « tragédie-opéra » dans la version française de 1776).
  • Musique : Christoph Willibald Gluck (1714-1787).
  • Livret : Ranieri de’ Calzabigi (1767) ; adaptation française de François-Louis Gand Le Blanc du Roullet (1776).
  • Langue : italien (1767), français (1776).

Création :

26 décembre 1767, Burgtheater, Vienne (version italienne). Révision française créée le 23 avril 1776 à l’Académie royale de musique, Paris (salle du Palais-Royal).
Deuxième volet de la « réforme » entreprise avec Calzabigi après Orfeo ed Euridice (1762), Alceste fut publiée à Vienne en 1769 avec une préface-manifeste qui réclame la primauté du drame sur la virtuosité vocale : plus d’airs da capo, plus d’ornements improvisés, un récitatif accompagné intégré à l’action, un rôle dramatique central pour le chœur. Pour Paris, Gluck remania profondément la partition, en particulier le troisième acte, avec l’apparition d’Hercule.

Livret :

Calzabigi s’inspire de la tragédie d’Euripide, Alceste (438 av. J.-C.), qui raconte comment la reine de Thessalie accepte de mourir à la place de son époux. Pour la version parisienne, du Roullet adapta le texte italien en français, en modifiant le dénouement et en supprimant le personnage d’Ismène, confidente d’Alceste dans la version viennoise.

Intrigue :

  • Acte I : devant le palais d’Admète, roi de Thessalie, le peuple pleure son souverain mourant. Le Grand Prêtre d’Apollon rapporte l’oracle : Admète ne vivra que si quelqu’un accepte de mourir à sa place. Alceste, son épouse, décide seule de se sacrifier.
  • Acte II : Admète, guéri, célèbre sa guérison, mais découvre le sacrifice d’Alceste. Il refuse de lui survivre. Alceste lui fait ses adieux, tandis que la mort approche.
  • Acte III : aux portes des Enfers, Alceste implore les divinités infernales. Admète la rejoint et chacun veut mourir pour l’autre. Dans la version française, Hercule descend aux Enfers pour la délivrer ; dans la version italienne, Apollon intervient directement. Le dieu, touché par leur fidélité, rend les deux époux à la vie et au bonheur.

Enregistrement(s) :

Alberto Erede — 1952

Format : 2 CD (retransmission radiophonique en direct, mono).
Label : Walhall (Eternity Series).
Référence : WLCD 0014 (remastering 24 bit / 96 kHz, 2004).
Année d’enregistrement : 29 mars 1952, Metropolitan Opera, New York.
Distribution :

  • Alceste : Kirsten Flagstad, soprano
  • Admète : Brian Sullivan, ténor
  • Le Grand Prêtre : Francesco (Frank) Valentino, baryton
  • Évandre : Emery Darcy, ténor
  • L’Oracle : Alois Pernerstorfer, basse
  • Un Héraut : Norman Scott, basse

Direction : Alberto Erede
Orchestre : Metropolitan Opera Chorus and Orchestra
Langue : anglais

Particularité :

Version chantée en anglais, d’après la version parisienne de 1776, avec des coupures importantes (environ vingt-cinq minutes) et sans l’intervention d’Hercule. Cette représentation, présentée comme l’événement de la saison, marque les adieux de Kirsten Flagstad à la scène américaine, dix-sept ans après ses débuts au Met, et elle y abordait le rôle d’Alceste pour la première fois. La grande wagnérienne y chante dans un enregistrement d’origine radiophonique dont la qualité sonore est correcte.

Carlo Maria Giulini — 1954

Format : CD (enregistrement live, mono).
Label : Warner Classics (Parlophone Records), collection « Callas Live Remastered » (2017).
Référence : 0190295844554.
Année d’enregistrement : 4 avril 1954, Teatro alla Scala, Milan (live).
Distribution :

  • Alceste : Maria Callas, soprano
  • Admeto : Renato Gavarini, ténor
  • Sommo Sacerdote : Paolo Silveri, baryton
  • Apollo : Rolando Panerai, baryton
  • Evandro : Giuseppe Zampieri, ténor

Direction : Carlo Maria Giulini
Orchestre : Orchestra e Coro del Teatro alla Scala, Milan
Langue : italien (version rythmique d’Angelo Zanardini, d’après la révision de Karl Alexander Herklots pour les scènes allemandes, avec des interpolations de la version italienne de 1767)

Particularité :

Première production d’Alceste à la Scala, mise en scène par Margherita Wallmann dans des décors de Piero Zuffi. Ce fut l’unique rôle d’Alceste que Maria Callas chanta sur scène, et ce document en conserve la trace. La critique s’accorde à y voir un témoignage essentiel sur son art, sous la direction de Carlo Maria Giulini. Le son est en revanche très inégal : l’éditeur lui-même avertit que la qualité de cette captation live n’atteint pas le standard habituel, avec des saturations dans les tutti et les chœurs.

Ivor Bolton — 2015

Format : Blu-ray (150 minutes, 1080i, PCM stéréo).
Label : EuroArts.
Référence : 3074974 (EAN 0880242749741), paru en 2015.
Année d’enregistrement : mars 2014, Teatro Real, Madrid (captation vidéo de Stéphane Metge).
Distribution :

  • Alceste : Angela Denoke, soprano
  • Admète : Paul Groves, ténor
  • Hercule : Thomas Oliemans, baryton
  • Apollon : Isaac Galán, baryton
  • Évandre : Magnus Staveland, ténor
  • Un Héraut / Un Oracle : Fernando Radó, basse
  • Le Grand Prêtre d’Apollon / Thanatos : Willard White, basse

Direction : Ivor Bolton
Orchestre : Teatro Real Chorus and Orchestra
Mise en scène : Krzysztof Warlikowski ; décors et costumes : Małgorzata Szczęśniak
Langue : français

Particularité :

Seule version filmée de la sélection, dans la version française de 1776 qui n’avait jamais, semble-t-il, été donnée en Espagne. Krzysztof Warlikowski transpose l’action à l’époque contemporaine : un hôpital pour l’acte I, une fête de convalescence à l’acte II, une morgue figurant les portes des Enfers à l’acte III, avec des projections vidéo et des ajouts parlés en anglais. Cette mise en scène fut copieusement huée lors des représentations, selon la presse. Ivor Bolton dirige le Chœur et l’Orchestre du Teatro Real, et Angela Denoke tient le rôle-titre.

Postérité :

Alceste est considérée comme le manifeste de la réforme de l’opéra voulue par Gluck et Calzabigi, et elle a marqué durablement l’histoire de l’opéra. Hector Berlioz, grand admirateur de Gluck, en révisa la partition pour une reprise à Paris en 1861. Aujourd’hui, les théâtres retiennent le plus souvent la version parisienne de 1776, parfois traduite en italien, tandis que la version viennoise de 1767 est plus rarement donnée. Le rôle-titre a attiré de grandes voix, de Kirsten Flagstad à Maria Callas.

 

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