Format :
- Opéra en trois actes (Madame Sans-Gêne).
- Musique : Umberto Giordano (1867-1948).
- Livret : Renato Simoni, d’après la comédie Madame Sans-Gêne (1893) de Victorien Sardou et Émile Moreau.
- Langue : italien.
Création :
25 janvier 1915, Metropolitan Opera, New York, sous la direction d’Arturo Toscanini, avec Geraldine Farrar (Caterina), Giovanni Martinelli (Lefebvre) et Pasquale Amato (Napoléon). La première italienne a lieu sept ans plus tard à la Scala de Milan, de nouveau sous la direction de Toscanini.
Livret :
Renato Simoni, qui avait déjà donné à Giordano le livret de La cena delle beffe, adapte la comédie de Sardou et Moreau, située sous la Révolution et l’Empire. Selon Roberto Verti dans le livret du coffret, ce livret est moins inspiré que le précédent ; la force de l’ouvrage vient de la finesse de l’orchestration de Giordano et de sa recherche de solutions théâtrales nouvelles.
Intrigue :
Acte I — Paris, la blanchisserie de Catherine, 10 août 1792 (jour de l’assaut des Tuileries). Catherine Hübscher, dite Madame Sans-Gêne, blanchisseuse alsacienne, dirige sa blanchisserie avec trois employées, Toniotta, Giulia et La Rossa. Elle est éprise du sergent Lefebvre ; Fouché, client peu pressé de payer, la taquine, et elle évoque elle-même un jeune lieutenant corse du nom de Napoléon, qui lui doit de l’argent. Pendant l’assaut des Tuileries, la blanchisserie devient refuge pour des blessés, dont le comte de Neipperg, un Autrichien que Catherine cache. Lefebvre, fou de jalousie en soupçonnant un lien entre eux, sort de la chambre en annonçant sa mort ; la réaction de Catherine le rassure, et il avoue que l’Autrichien est vivant et sera soigné.
Acte II — Compiègne, le château impérial, 1811. Napoléon est empereur et Lefebvre duc de Dantzig ; Catherine est duchesse, mais ses manières populaires font rire la Cour, qui se moque d’elle devant les valets. Fouché, devenu ministre de la Police, la raille de nouveau, tandis que l’empereur suggère à Lefebvre de répudier son épouse pour une femme de son rang. Irrité, Lefebvre s’en prend d’abord à Catherine, avant de céder à son authenticité, point culminant de l’acte.
Acte III — Le palais impérial. Napoléon paraît enfin. Il reproche à Catherine d’avoir fait scandale à la Cour ; elle lui répond en lui présentant la note de blanchisserie, impayée depuis neuf ans, de l’ancien lieutenant. Troublé, l’empereur est encore confronté à l’affaire du comte de Neipperg, accusé de trahison et dont Lefebvre a reçu l’ordre d’organiser l’exécution. Catherine intercède ; une lettre de l’impératrice à son père prouve l’innocence du comte, que Napoléon gracie. Reconnaissant la valeur morale de Catherine, il invite Lefebvre à la serrer dans ses bras.
Enregistrement(s) :

Stefano Ranzani — 1999
Format : 2 CD (CD 1 : 67’38 », CD 2 : 55’12 »), enregistrement numérique public, livret trilingue avec essai de Roberto Verti et argument.
Label : Dynamic
Référence : CDS 247/1-2 (parution en 1999)
Année d’enregistrement : 1999, en public à Modène (la notice de catalogue indique « du 22 janvier au 7 février », sans préciser l’année).
Distribution :
- Caterina Hübscher (Madame Sans-Gêne) : Mirella Freni
- Lefebvre : Giorgio Merighi
- Fouché : Andrea Zese
- Le comte de Neipperg : Valter Borin
- Napoléon : Mauro Buda
- Toniotta, la reine Caroline : Marzia Giaccaia
- Giulia, Madame de Bülow : Muriel Tomao
- La Rossa, la princesse Elisa : Federica Bragaglia
- Vinaigre, Desperéaux : Antonio Feltracco
- Gelsomino, Roustan : Riccardo Ristori
- Leroy : Alfio Grasso
- De Brigole : Valerio Marletta
Direction : Stefano Ranzani
Orchestre : Orchestra Sinfonica dell’Emilia Romagna « Arturo Toscanini » ; chœur : Coro del Teatro Comunale di Modena (chef de chœur : Stefano Colò)
Langue : italien
Particularité : Mirella Freni chante le rôle-titre en fin de carrière. L’essai de Verti, intitulé « Madame Sans-Gêne et les obsessions de Giordano », replace l’ouvrage dans l’œuvre du compositeur, entre Fedora, Siberia et les tentatives expérimentales de ses dernières années.
Postérité :
Créé à New York sous la baguette de Toscanini, l’ouvrage reste l’un des moins fréquentés de Giordano. Verti conclut que le compositeur a perdu la bataille de l’innovation, mais avec honneur. L’enregistrement de 1999, avec Mirella Freni en fin de carrière, a été réalisé en public à Modène.

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