Format :
- Dramma giocoso en trois actes.
- Musique : Florian Leopold Gassmann (1729-1774).
- Livret : Carlo Goldoni ; révision de Martina Grempler et Ingrid Schrafl pour la production de Martina Franca.
- Langue : italien.
Création :
1759, Venise, Teatro San Moisè.
Gassmann, compositeur bohémien installé à Venise, est alors au début de sa carrière lyrique. Après Venise, l’œuvre est reprise en plusieurs villes d’Italie du Nord et du Centre, puis à Vienne en octobre 1768, alors que Gassmann, devenu compositeur de ballets et successeur désigné de Gluck, est établi à la cour impériale. Elle circule aussi en Espagne et en Allemagne. Cette reprise viennoise a lieu à l’époque même où La finta semplice du jeune Mozart, commandée pour Vienne, peine à être représentée ; Gassmann, protecteur et maître d’Antonio Salieri, fonde par ailleurs la Tonkünstler-Sozietät viennoise.
Livret :
Le livret de Carlo Goldoni, écrit pour Venise, se déroule dans la campagne autour d’un palais seigneurial. Il met en scène deux nobles, la comtesse Armelinda et le marquis Riccardo, ainsi que trois oiseleurs (Pierotto, Cecco, Toniolo) et deux servantes rusées (Roccolina, Mariannina), dans un enchevêtrement d’intrigues amoureuses mêlant registres sérieux et bouffe.
Intrigue :
- Acte I : À l’aube, les oiseleurs Pierotto, Cecco et Toniolo partent à la chasse aux cailles et aux hiboux et croisent Roccolina et Mariannina, qui échangent avec eux des regards langoureux. Restées seules, les deux servantes se cachent l’une à l’autre leur penchant pour le même homme. Arrive le marquis Riccardo, épris de la comtesse ; Mariannina lui offre d’intercéder en sa faveur, en échange de sa protection. La comtesse repousse durement le marquis, alors qu’elle aime en secret quelqu’un d’inférieur à elle. Cecco lui avoue de son côté sa passion pour la comtesse. Les oiseleurs se disputent la conquête de leurs belles, puis tirent au sort l’ordre de leurs déclarations.
- Acte II : Le marquis, décidé à connaître son rival, est d’abord mis au courant par la comtesse de l’existence d’un piège tendu par les oiseleurs. Toniolo puis Pierotto offrent à la comtesse le produit de leur chasse : elle rejette Pierotto, mais accueille avec enthousiasme les présents de Cecco, trahissant ainsi son penchant secret pour lui. Cecco avoue à la comtesse sa passion, situation qui dépasse toute morale commune ; Roccolina, de son côté, se déclare prête à se venger et, dans un air, avoue aimer Cecco. Pierotto, jaloux, paie Toniolo pour assassiner Cecco. Roccolina déjoue le complot par un coup de théâtre : Toniolo, seul innocent, maudit son sort. La comtesse confie à Roccolina le soin de juger le coupable ; celle-ci se déguise en juge et, en réalité, épargne Cecco. Le finale, tumultueux, démasque les femmes, et les trois oiseleurs s’aperçoivent qu’ils s’intéressent tous à Roccolina.
- Acte III : Le marquis, repentant, espère que Pierotto s’est abstenu de toute vengeance ; Pierotto, voyant qu’il peut en tirer un profit supplémentaire, cherche à lui soutirer davantage d’argent, jusqu’à ce que sa ruse soit découverte. Le marquis avoue sa faute, Cecco pardonne et se déclare sans autre amour que Roccolina, tandis que Mariannina, abandonnée par Cecco, se tourne vers Toniolo. La comtesse, comprenant que Cecco est perdu pour elle, accepte finalement le marquis. Un duo comique entre Roccolina et Cecco scelle leur union ; dans le finale, les oiseleurs épousent leurs servantes, la comtesse épouse le marquis, et le chœur final célèbre le dieu Amour.
Enregistrement :

Enrico Pagano — 2025
Format : 2 CD (enregistrement en public, première mondiale au disque).
Label : Dynamic.
Référence : CDS8033.02.
Année d’enregistrement : 2 et 5 août 2023, Teatro Verdi, Martina Franca (49e Festival della Valle d’Itria) ; publication en 2025.
Distribution :
- Comtesse Armelinda : Bryndis Gudjónsdóttir
- Marquis Riccardo : Massimo Frigato
- Roccolina : Justina Vaitkute
- Cecco : Elia Colombotto
- Mariannina : Angelica Disanto
- Pierotto : Huigang Liu
- Toniolo : Joan Folqué
Direction : Enrico Pagano
Orchestre : Orchestra ICO della Magna Grecia
Langue : italien.
Particularité :
Captation live d’une production du Festival de la Valle d’Itria, présentée comme première mondiale au disque. Enrico Pagano défend une lecture philologique mais libre, sur instruments modernes, qui tient compte des partitions lacunaires de l’époque en reconstituant le continuo et en donnant aux airs une expressivité marquée, avec un effectif d’oiseleurs et de servantes aux caractères bien contrastés.
Postérité :
Souvent éclipsé par les œuvres de Gluck et de Mozart, l’opéra de Gassmann n’avait pas fait l’objet d’un enregistrement intégral avant ce disque. Sa redécouverte permet de mesurer la richesse de la production lyrique italienne du milieu du XVIIIe siècle et le rôle de Gassmann dans la formation de l’école viennoise.

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