Note personnelle : ,

Galuppi, Baldassare — Il Mondo della Luna (1750)

Format :

  • Dramma giocoso (opera buffa) en 3 actes.
  • Musique : Baldassare Galuppi.
  • Livret : Carlo Goldoni.
  • Langue : italien.

Création :

29 janvier 1750, Teatro San Moisè, Venise.
Il s’agit de la toute première mise en musique du livret de Goldoni, quelques mois avant Il mondo alla roversa composé la même année pour le Teatro San Cassiano. Le sujet — un faux astronome qui persuade un vieillard crédule d’avoir voyagé jusqu’à la Lune — connaîtra une fortune considérable : au moins six autres compositeurs le mettront en musique avant que Joseph Haydn n’en donne, en 1777 à Eszterháza, la version aujourd’hui la plus célèbre.

Livret :

Goldoni construit une comédie de la crédulité : le charlatan Ecclitico, faux astrologue, abuse de la naïveté de Buonafede à l’aide d’une lunette truquée et d’un stratagème élaboré, afin d’obtenir la main de sa fille et de favoriser au passage les amours contrariées de son entourage. Le procédé, hérité de la commedia dell’arte, permet à Goldoni de railler avec légèreté la superstition et l’engouement du siècle pour les sciences nouvelles.

Intrigue :

  • Acte I : Le charlatan Ecclitico dupe le crédule Buonafede à l’aide d’une lunette truquée qui semble révéler les merveilles de la Lune. Ecclitico projette d’épouser Clarice, fille de Buonafede, tandis que le gentilhomme Ernesto courtise l’autre fille, Flaminia. Ecclitico fait boire à Buonafede un breuvage soporifique : celui-ci s’endort en rêvant d’un voyage vers la Lune.
  • Acte II : Un jardin déguisé en paysage lunaire fait croire à Buonafede qu’il a bel et bien atteint un autre monde. Ecclitico, travesti en courtisan lunaire, et ses complices orchestrent trois mariages sous ses yeux : Ernesto épouse Flaminia, Ecclitico épouse Clarice, et le valet Cecco obtient la main de Lisetta, proclamée « impératrice » de la Lune. Buonafede consent à ces unions sans en soupçonner la supercherie.
  • Acte III : De retour sur terre, Buonafede découvre la vérité et se voit séquestré par les conjurés, qui exigent son pardon et les dots promises pour le libérer. Il finit par céder, et l’opéra se conclut par une réconciliation générale et des réjouissances collectives.

Enregistrement :

Franco Piva — 1999

Format : 3 CD.
Label : Bongiovanni.
Référence : GB 2217/19.
Année d’enregistrement : octobre et novembre 1997.
Distribution :

  • Ecclitico : Giorgio Gatti, baryton
  • Buonafede : Gastone Sarti, baryton
  • Flaminia : Paola Antonucci, soprano
  • Lisetta : Patrizia Cigna, soprano
  • Clarice : Barbara Di Castri, mezzo-soprano
  • Cecco : Claudio Ottino, baryton
  • Ernesto : Enrico Facini, ténor

Direction : Franco Piva.
Orchestre : Intermusica Ensemble.
Langue : italien.

Particularité :

Comme pour Il mondo alla roversa et Il filosofo di campagna, Franco Piva et son Intermusica Ensemble donnent ici l’une des rares gravures intégrales disponibles d’un opéra de Galuppi, avec une distribution de chanteurs italiens spécialisés dans ce répertoire. La direction, jugée par la critique un peu placide et l’orchestre en retrait, n’empêche pas l’ensemble de rester un témoignage précieux — quasiment sans concurrence au disque — sur cette toute première version, antérieure de vingt-sept ans, du sujet immortalisé ensuite par Haydn.

Postérité :

Éclipsée dans la mémoire collective par la version de Haydn, la partition de Galuppi n’en demeure pas moins la source du succès du livret de Goldoni, repris par Piccinni, Paisiello (à quatre reprises) ou encore Marcos Portugal. Son retour progressif au disque et, plus rarement, à la scène, permet de mesurer combien Galuppi avait su, dès 1750, donner corps avec vivacité à cette satire de la crédulité humaine et de l’engouement pour les découvertes astronomiques du siècle des Lumières.

 

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