Note personnelle : ,

Galuppi, Baldassare — Il Filosofo di Campagna (1754)

Format :

  • Dramma giocoso en trois actes.
  • Musique : Baldassare Galuppi
  • Livret : Carlo Goldoni
  • Langue : italien

Création :

26 octobre 1754, Teatro San Samuele, Venise.
L’ouvrage naît de la collaboration la plus féconde de la carrière de Galuppi, celle qu’il noue avec Carlo Goldoni depuis la fin des années 1740 et qui donnera une vingtaine de titres. Charles Burney, qui l’entend lors de sa création londonienne de 1761, écrira que « cette burletta surpassait en mérite musical toutes les opere buffe jouées en Angleterre, jusqu’à la Buona Figliuola ». Le succès est immédiat et durable : l’ouvrage voyage dans toute l’Europe, de Londres à Saint-Pétersbourg, et contribue à asseoir la réputation de Galuppi, qui deviendra en 1762 maître de chapelle de la basilique Saint-Marc de Venise.

Livret :

Carlo Goldoni signe ici l’un de ses livrets les plus aboutis pour la scène comique vénitienne, mettant en musique un thème alors très à la mode : celui du philosophe champêtre, sage par nature plus que par savoir livresque, qui incarne un idéal de vertu rustique opposé aux miroirs aux alouettes de la société citadine. Le personnage de Nardo, paysan affable et rempli de bon sens qui refuse de sacrifier ses sentiments à la convenance sociale, doit beaucoup à cette veine philosophique déjà présente dans d’autres comédies de Goldoni de la même période.

Intrigue :

  • Acte I : Le veuf Don Tritemio veut marier sa fille Eugenia au riche fermier Nardo, surnommé « le philosophe » pour sa sagesse simple et son bon sens paysan. Mais Eugenia aime en secret le jeune noble Rinaldo. Pour retarder l’échéance et protéger les amours de sa maîtresse, la servante Lesbina se fait passer pour Eugenia lorsque Nardo se présente. Le stratagème se retourne contre elle : Nardo, charmé par la fausse « Eugenia », tombe amoureux de Lesbina sans le savoir, tandis que Rinaldo continue de courtiser la vraie Eugenia à l’insu de tous. L’acte s’achève sur la joie de Nardo, désormais épris d’une femme qu’il croit être la fille de Tritemio, et sur l’inquiétude grandissante de Rinaldo et Eugenia.
  • Acte II : Le quiproquo s’envenime : Tritemio, pressé de conclure une union avantageuse, commence à se méfier des atermoiements de sa « fille », tandis que Rinaldo, désespéré de voir Eugenia promise à un autre, la presse de résister à son père. Lena, la nièce de Nardo, s’installe dans la maison de Tritemio et lorgne déjà, non sans calcul, le veuf lui-même. Nardo, de son côté, s’attache chaque jour davantage à Lesbina et affronte la colère de Tritemio, qui exige des explications sur ce mariage qui tarde à se conclure. Un notaire, Capocchio, est appelé pour dresser un contrat qui doit sceller l’union de Nardo avec la « fille de la maison ».
  • Acte III : La vérité éclate : Nardo apprend que celle qu’il aime n’est pas Eugenia mais la servante Lesbina. Fidèle à sa philosophie qui place le mérite du cœur au-dessus du rang, il décide de l’épouser telle qu’elle est. Le contrat rédigé par Capocchio, habilement détourné, scelle finalement deux mariages à la fois : celui de Nardo avec Lesbina, et celui de Rinaldo avec Eugenia. Tritemio, d’abord furieux d’avoir été berné, se laisse consoler par les attentions de Lena et accepte de l’épouser à son tour. L’opéra s’achève sur les réjouissances d’un triple mariage.

Enregistrement(s) :

Franco Piva — 2001

Format : 3 CD
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2256/57/58
Année d’enregistrement : 2001.
Distribution :

  • Eugenia : Paola Antonucci, soprano
  • Rinaldo : Patrizio Saudelli, ténor
  • Nardo : Alessandro Calamai, basse
  • Lesbina : Patrizia Cigna, soprano
  • Don Tritemio : Giorgio Gatti, basse
  • Lena : Sonia Prina, contralto
  • Capocchio : Cristiano Olivieri, ténor

Direction : Franco Piva
Orchestre : Intermusica Ensemble
Langue : italien

Particularité :

Cette gravure Bongiovanni figure parmi les rares intégrales disponibles de ce classique de l’opera buffa vénitien, que le critique Barry Brenesal qualifiait de « délicieux ouvrage d’un compositeur qui mériterait bien davantage qu’une résurrection en studio ». La prise de son, au bel équilibre entre voix et orchestre, met en valeur des interprètes inégaux mais souvent savoureux : Giorgio Gatti campe un Tritemio « minutieusement caractérisé », et Alessandro Calamai révèle un « vrai don pour la caractérisation » dans le rôle-titre du paysan philosophe.

Postérité :

Triomphe dès sa création, Il Filosofo di Campagna devient l’un des plus grands succès européens de Galuppi et de Goldoni, repris de Londres à Saint-Pétersbourg dans les décennies suivant sa création. Il demeure aujourd’hui, avec Il mondo della luna, l’un des rares titres du compositeur à avoir occasionnellement franchi le seuil de l’oubli qui a englouti la quasi-totalité de son immense production lyrique, grâce à quelques enregistrements espacés dans le temps, dont celui-ci et une gravure plus ancienne dirigée par Renato Fasano.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *