Format :
- Tragédie lyrique en 5 actes et un prologue.
- Musique : François Rebel et François Francoeur.
- Livret : Jean-Louis-Ignace de La Serre, sieur de L’Anglade, d’après les Métamorphoses d’Ovide.
- Langue : Français.
Création :
17 octobre 1726, Académie royale de musique, Paris.
Rebel et Francoeur, amis d’enfance et associés pour la vie, n’ont alors respectivement que 28 et 25 ans lorsqu’ils font représenter ensemble ce premier ouvrage lyrique commun. Tous deux issus de familles de musiciens de la cour, ils avaient été formés au violon et à la composition dans l’entourage de l’Opéra ; « Pirame et Thisbé » marque leurs débuts remarqués à l’Académie royale de musique, où ils poursuivront une collaboration jusqu’à leur nomination conjointe, des décennies plus tard, à la tête de l’institution.
Livret :
Jean-Louis-Ignace de La Serre tire son livret de l’épisode de Pyrame et Thisbé conté par Ovide au livre IV des Métamorphoses. Il conserve le nom des amants et le dénouement tragique du récit antique — les amants séparés par la volonté d’un tiers, le malentendu fatal autour d’un tissu ensanglanté, le double suicide — mais l’amplifie considérablement pour les besoins de la tragédie lyrique : il ajoute un cadre de cour orientale (le royaume de Ninus), un rival royal jaloux, une seconde intrigue amoureuse (Zoraïde), ainsi qu’un père magicien, Zoroastre, dont les interventions surnaturelles (monstre vengeur, prison détruite par les esprits) sont totalement étrangères à Ovide.
Intrigue :
- Prologue : Dans le Temple de la Gloire, Vénus et la Gloire s’opposent d’abord avant de s’unir pour rendre heureux les mortels.
- Acte I : Au palais du roi Ninus, le souverain, de retour victorieux de la guerre, s’éprend de la princesse Thisbé — pourtant promise à Pirame — au détriment de Zoraïde. Il confie sa nouvelle passion à Pirame, qui s’en effraie, craignant la colère du magicien Zoroastre, père de Zoraïde.
- Acte II : Dans les jardins du palais, Pirame et Thisbé s’avouent leur amour, mais Ninus survient et déclare sa flamme à la princesse. Thisbé le repousse, invoquant son engagement envers Zoraïde ; Ninus, découvrant en Pirame un rival, devient vindicatif.
- Acte III : Dans un temple champêtre dédié à Cérès, Zoraïde et Thisbé nourrissent chacune des craintes sur leur sort amoureux. Pirame fait ses adieux à Thisbé avant d’affronter la fureur de Ninus. Zoroastre paraît, furieux contre le roi ; Zoraïde plaide la clémence, mais son père n’accorde qu’une vengeance limitée, sous la forme d’un monstre destructeur.
- Acte IV : Zoraïde tente en vain de fléchir Ninus. Le magicien Zoroastre invoque les esprits des airs et de la terre pour détruire la prison de Pirame ; le prince captif est libéré. Zoraïde réclame à son père une vengeance contre Ninus.
- Acte V : Dans une forêt sombre où se dressent des tombeaux royaux, Thisbé attend Pirame. Après avoir terrassé un monstre qui l’attaque, Pirame découvre le voile ensanglanté de Thisbé et, la croyant morte, se donne la mort par désespoir. Thisbé, trouvant Pirame mourant, dénonce Ninus avant de se poignarder à son tour. Zoroastre apparaît, laissant le roi accablé de remords.
Enregistrement :

Daniel Cuiller — 2008
Format : 2 CD.
Label : Mirare (distribution Harmonia Mundi).
Référence : MIR058.
Année d’enregistrement : mai 2007, en public, Théâtre Graslin, Nantes (paru le 24 avril 2008).
Distribution :
- Pirame : Thomas Dolié, baryton
- Thisbé : Judith van Wanroij, soprano
- Ninus : Jeffrey Thompson, ténor
- Zoraïde : Katia Velletaz, soprano
- Zoroastre : Jean Teitgen, basse
- La Gloire : Léonor Leprêtre, soprano
- Vénus : Adèle Carlier, soprano
Direction : Daniel Cuiller.
Orchestre : Ensemble Stradivaria, avec le Chœur de l’Académie Baroque (direction Philippe Le Corf).
Langue : Français.
Particularité :
Premier enregistrement discographique de l’ouvrage, capté en public au Théâtre Graslin de Nantes et marquant les débuts de Daniel Cuiller à la tête d’un opéra. La critique a salué la redécouverte d’une partition rococo à l’orchestration brillante et au livret efficace, ainsi que la prestation de Katia Velletaz, jugée la plus convaincante de la distribution ; elle a en revanche relevé les limites inhérentes à une captation live (quelques imprécisions d’orchestre, un chœur encore jeune et inégal) et un Jeffrey Thompson diversement apprécié, son chant jugé parfois maniéré et vocalement instable.
Postérité :
Longtemps négligée après sa création malgré un accueil favorable en 1726, la partition de Rebel et Francoeur n’a connu sa véritable redécouverte moderne qu’au tournant des années 2000, avec une production scénique donnée à l’Opéra Angers-Nantes en 2007 puis, dans son sillage, cet enregistrement discographique de 2008 qui reste à ce jour la seule gravure de référence de l’ouvrage.

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