Format :
- Genre opéra tragique en trois actes.
- Musique : Zdeněk Fibich
- Livret : Otakar Hostinský, d’après la tragédie Die Braut von Messina de Friedrich Schiller
- Langue : tchèque
Création :
28 mars 1884, Théâtre national de Prague, sous la direction d’Adolf Čech.
Composé entre 1882 et 1883, l’ouvrage remporte le premier prix du concours d’opéra organisé par le Théâtre national de Prague avant même sa création. Le librettiste Otakar Hostinský, esthéticien et critique musical proche de Fibich et fervent propagateur des idées wagnériennes en Bohême, adapte la tragédie « à chœurs » de Schiller en resserrant l’action autour de ses figures psychologiquement développées. L’œuvre, considérée comme l’opéra le plus wagnérien de Fibich, est saluée dès sa création mais n’est jamais devenue populaire, freinée par son sujet sombre, son orchestration mélancolique et son style austère ; elle demeure pourtant pour beaucoup le chef-d’œuvre lyrique du compositeur.
Livret :
Otakar Hostinský transpose en tchèque la tragédie de Schiller Die Braut von Messina (1803), elle-même construite comme une tragédie antique à chœurs, sur le modèle du destin implacable pesant sur une famille princière.
Intrigue :
- Acte I : Dans le palais de Messine, les deux fils de la princesse Isabella, Don Manuel et Don César, sont depuis longtemps à couteaux tirés. Leur mère parvient à les réconcilier en apparence.
- Acte II : Les deux frères s’apprêtent à présenter chacun leur fiancée à leur mère. Isabella révèle alors un secret : elle a eu une fille, Beatrice, tenue cachée au couvent depuis sa naissance à la suite d’une prophétie funeste. Diego, envoyé pour la ramener, revient annoncer qu’elle a été enlevée.
- Acte III : On découvre que le ravisseur de Beatrice n’est autre que Don Manuel, qui l’aime sans savoir qu’elle est sa sœur. Don César, amoureux d’elle lui aussi, tue son frère dans un accès de jalousie ; apprenant ensuite la vérité sur les liens du sang qui unissaient les trois enfants d’Isabella, il se donne la mort à son tour, accomplissant la prophétie qui pesait sur la famille.
Enregistrement(s) :

František Jílek — 1975
Format : 2 CD
Label : Supraphon
Référence : 11 1492-2 612
Année d’enregistrement : enregistré du 3 au 22 novembre 1975 au studio de la Radio de Prague.
Distribution :
- Donna Isabella : Libuše Márová, contralto
- Don Manuel : Václav Zítek, baryton
- Don César : Ivo Žídek, ténor
- Beatrice : Gabriela Beňačková, soprano
- autres rôles (Diego, Cayetan, Bohemund, la Page) : Karel Hanuš, Jaroslav Horáček, Miroslav Švejda, Naďa Šormová
Direction : František Jílek
Orchestre : Orchestre et Chœur du Théâtre national de Prague, avec des membres du Chœur de la Radio de Prague (chef de chœur Milan Malý)
Langue : tchèque
Particularité :
Premier enregistrement discographique de l’œuvre, réalisé par Supraphon avec les forces du Théâtre national de Prague, il réunit une distribution emblématique de l’école vocale tchèque des années 1970, dont la jeune Gabriela Beňačková, alors au début de sa carrière, dans le rôle de Beatrice.

Kimbo Ishii — 2015
Format : 2 CD
Label : cpo
Référence : 777981-2
Année d’enregistrement : enregistrement public réalisé en mars 2015 au Theater Magdeburg, à l’occasion de la création allemande de l’œuvre, en coproduction avec Deutschlandradio Kultur ; parution en 2016.
Distribution :
- Donna Isabella : Lucia Cervoni, mezzo-soprano
- Don Manuel : Thomas Florio, baryton
- Don César : Richard Samek, ténor
- Beatrice : Noa Danon, soprano
- autres rôles (Diego, Kajetán, Bohemund, la Page) : Johannes Stermann, Martin-Jan Nijhof, Manfred Wulfert, Hale Soner
Direction : Kimbo Ishii
Orchestre : Magdeburgische Philharmonie, avec l’Opernchor des Theaters Magdeburg
Langue : tchèque
Particularité :
Cet enregistrement capte la création allemande de l’œuvre, donnée plus de cent trente ans après sa création pragoise, à l’occasion d’une nouvelle production scénique au Theater Magdeburg mise en scène par Cornelia Crombholz.
Postérité :
Considérée par beaucoup comme le sommet de la production lyrique de Fibich, Nevěsta messinská n’a cependant jamais conquis durablement les scènes en dehors du monde tchèque, en raison de son sujet tragique et de son écriture exigeante, proche de l’esthétique wagnérienne. L’œuvre est portée au disque une première fois en 1975 par Supraphon, sous la direction de František Jílek, avec une distribution tchèque prestigieuse réunie autour de la jeune Gabriela Beňačková ; il faut attendre 2015 et la création allemande de l’ouvrage au Theater Magdeburg pour qu’un second enregistrement, capté sur le vif, vienne enrichir la discographie de l’œuvre.

Laisser un commentaire