Note personnelle : ,

Ferrandini, Giovanni Battista — Catone in Utica (1753)

Format :

  • Genre opera seria (dramma per musica) en trois actes.
  • Musique : Giovanni Battista Ferrandini
  • Livret : Pietro Metastasio
  • Langue : italien

Création :

12 octobre 1753, Cuvilliés-Theater (Residenztheater) de la Résidence de Munich.
L’œuvre inaugure la nouvelle salle rococo construite par François de Cuvilliés pour l’électeur de Bavière. Ferrandini, virtuose du hautbois entré dès l’âge de douze ans au service de la cour de Munich, comptait alors parmi les compositeurs de chambre les plus en vue de la ville ; il choisit pour cette occasion prestigieuse le livret de Metastasio consacré à Caton d’Utique, l’un des textes les plus mis en musique du XVIIIe siècle — déjà repris une trentaine de fois, notamment par Vinci (1728, version originale), Leo (1729, version révisée), Hasse (1732), Vivaldi (1737) et Graun (1743). La représentation de 1753 resta longtemps la seule attestée : l’œuvre ne fut redonnée qu’en octobre 2003, exactement deux cent cinquante ans plus tard et dans la même salle, à l’occasion des célébrations du 350e anniversaire de l’opéra à Munich, en coproduction entre l’administration des châteaux bavarois (Bayerische Schlösserverwaltung) et le Staatstheater am Gärtnerplatz, dans une mise en scène de Peer Boysen.

Livret :

Pietro Metastasio s’inspire du destin de Caton d’Utique, dernier défenseur intransigeant de la République romaine face à Jules César, d’après Plutarque, Appien d’Alexandrie et Dion Cassius. Il modifie certains noms historiques pour des raisons musicales : Cornelia Metella devient Emilia, et Juba II devient Arbace, prince de Numidie. Le livret, créé en 1728 pour Leonardo Vinci, connut deux versions : dans la première, la mort de Caton était montrée en scène, ce que le public jugea trop macabre ; Metastasio la révisa alors pour n’en faire plus qu’un récit rapporté. C’est cette seconde version, devenue la norme dès le milieu du siècle, que suivent la plupart des mises en musique ultérieures, dont celle de Ferrandini.

Intrigue :

  • Acte I : La ville d’Utique est assiégée par les troupes de César. Caton s’oppose à lui avec l’appui du prince numide Arbace, qui espère épouser sa fille Marzia — laquelle entretient en secret une liaison avec César lui-même. Emilia, veuve de Pompée, ne songe qu’à se venger de César ; Fulvio, émissaire du sénat romain, tombe amoureux d’elle mais refuse de l’aider dans sa vengeance.
  • Acte II : Caton accepte de négocier avec César mais reste inflexible : il exige qu’il renonce à toute ambition tyrannique. César propose la paix en échange de la main de Marzia ; Caton refuse catégoriquement. Marzia finit par avouer son amour pour César, et son père la renie. Caton ordonne aux femmes de fuir la ville par des souterrains.
  • Acte III : Caton, refusant tout compromis déshonorant, affronte César les armes à la main ; mais l’arrivée des troupes de Fulvio scelle la défaite des Romains. Plutôt que de survivre à la perte de la liberté romaine, Caton se donne la mort. César, vainqueur, pleure son adversaire.

Enregistrement(s) :

Christoph Hammer — 2004

Format : 3 CD
Label : Oehms Classics
Référence : OC 901
Année d’enregistrement : enregistrement public réalisé en octobre 2003 au Cuvilliés-Theater de Munich ; parution en janvier 2004.
Distribution :

  • Catone : Kobie van Rensburg, ténor
  • Marzia : Simone Schneider, soprano
  • Arbace : Johnny Maldonado, alto
  • Cesare : Robert Crowe, soprano
  • Fulvio : Florian Simson, ténor
  • Emilia : Sandra Moon, soprano

Direction : Christoph Hammer
Orchestre : Neue Hofkapelle München, avec l’Ensemble des Staatstheaters am Gärtnerplatz
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’œuvre, réalisé en public exactement deux cent cinquante ans après sa création, dans la même salle du Cuvilliés-Theater qu’elle avait inaugurée en 1753.

Postérité :

Restée sans autre représentation attestée pendant deux siècles et demi, Catone in Utica de Ferrandini n’a retrouvé la scène qu’à l’occasion de ce 350e anniversaire de l’opéra munichois en 2003. Le livret de Metastasio, lui, n’a cessé d’inspirer les compositeurs et continue d’être redécouvert au concert et au disque à travers ses nombreuses autres mises en musique, notamment celles de Vivaldi et de Vinci.

 

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