Format :
- Genre opérette en trois actes.
- Musique : Leo Fall
- Livret : Julius Brammer et Alfred Grünwald
- Langue : allemand (version originale) — cet enregistrement utilise une nouvelle traduction anglaise de Hersh Glagov et Gerald Frantzen, révisée par Bill Walters
Création :
2 décembre 1916, Theater an der Wien, Vienne.
L’œuvre voit le jour au troisième hiver de la Première Guerre mondiale, alors que l’Autriche-Hongrie traverse une grave crise militaire et que le rationnement du pain touche Vienne depuis le printemps 1916 — son titre de travail, jugé trop frivole dans ce contexte de disette, fut abandonné au profit de « Die Rose von Stambul ». L’Empire ottoman étant alors l’allié de l’Autriche-Hongrie, le sujet turc trouvait un écho particulier auprès du public viennois. L’impresario Wilhelm Karczag réunit une distribution prestigieuse, avec Betty Fischer et Hubert Marischka dans les rôles principaux, et l’œuvre devient l’un des plus grands succès d’opérette du siècle, jouée plus de 480 fois au Theater an der Wien. Elle suscita pourtant une controverse diplomatique : la Turquie, alliée, protesta contre une intrigue jugée irrévérencieuse envers la foi islamique, et l’œuvre fut interdite à Constantinople. La création berlinoise, en septembre 1917, réunit Fritzi Massary dans le rôle-titre.
Livret :
Julius Brammer et Alfred Grünwald situent leur intrigue dans un Orient de fantaisie, dans la tradition des œuvres lyriques européennes fascinées par l’Empire ottoman, de L’Enlèvement au sérail de Mozart à L’Italienne à Alger de Rossini. Comédie de quiproquos et de double identité, elle mêle exotisme de convention et satire mondaine des mœurs européennes.
Intrigue :
- Acte I : À Constantinople, Kondja Gül, fille du ministre Kemal Pasha, s’apprête à épouser Achmed Bey selon un mariage arrangé, alors qu’elle correspond en secret avec André Léry, un romancier français dont elle ignore la véritable identité — Achmed Bey lui-même, qui publie sous ce pseudonyme les idées réformatrices qu’il ne peut afficher ouvertement. Kondja n’accepte l’union qu’à la condition qu’Achmed la courtise après la cérémonie, jusqu’à ce qu’elle cède librement à lui.
- Acte II : Achmed entreprend de séduire sa propre épouse sans lui révéler qu’il est André Léry, tandis que leur intimité grandit lors d’une réception privée. En parallèle, le couple comique se noue : Midili Hanum, amie de Kondja, se laisse courtiser par Fridolin Müller, riche négociant de Hambourg venu à Constantinople avec son père, l’irascible Mr. Müller Sr.
- Acte III : L’action se transporte en Suisse, dans un hôtel de villégiature où les deux couples se retrouvent au milieu d’un enchevêtrement de quiproquos et d’identités confondues. La mascarade se dénoue enfin : Kondja découvre qu’Achmed et André Léry ne font qu’un, et les deux couples trouvent le bonheur.
Enregistrement(s) :

John Frantzen — 2011
Format : 2 CD
Label : Naxos
Référence : 8.660326-27
Année d’enregistrement : enregistrement public réalisé le 8 août 2011 au Percy Julian Auditorium, Oak Park, Illinois (États-Unis) ; parution en 2013.
Distribution :
- Kondja Gül : Kimberly McCord, soprano
- Midili Hanum : Alison Kelly, soprano
- Fridolin Müller : Erich Buchholz, ténor
- Achmed Bey : Gerald Frantzen, ténor
- Mr. Müller Sr. : Robert Morrissey, basse
- Bül-bül / Durlane : Sarah Bockel, mezzo-soprano
- Fatme : Malia Ropp, soprano
- Emine : Julia Tarlo, soprano
- Djamileh : Nicole Hill, soprano
- Güzela : Khaki Pixely, mezzo-soprano
- Desirée : Michelle Buck, soprano
- Kemal Pasha : Chris Guerra, baryton
- Bell Hop : Eric Casady, baryton
- Hotel Director : Aaron Benham, ténor
- Band Leader : Josh Prisching, baryton
Direction : John Frantzen
Orchestre : Chicago Folks Operetta
Langue : anglais (traduction de Hersh Glagov et Gerald Frantzen, révisée par Bill Walters)
Particularité :
Cette production donne la création américaine de la version originale et intégrale de l’œuvre, restée inconnue aux États-Unis depuis la version « broadwayisée » présentée par les frères Shubert en 1922 — laquelle avait remanié l’intrigue, transposé le rôle masculin principal pour baryton et intercalé des chansons de Sigmund Romberg. Ici au contraire, pas une note de la partition de Fall n’a été modifiée. L’enregistrement, réalisé en public, est publié par Naxos dans sa collection Operetta Classics.
Postérité :
Triomphe immédiat à Vienne malgré la controverse diplomatique qu’elle suscita, Die Rose von Stambul s’imposa durablement au répertoire de l’opérette viennoise et connut de nombreuses reprises en Europe. Elle inspira deux adaptations cinématographiques allemandes, l’une muette en 1919, l’autre sonore en 1953. Chicago Folks Operetta, compagnie fondée en 2006 et spécialisée dans la redécouverte d’opérettes viennoises et américaines rares en traduction anglaise nouvelle, en a donné la création américaine de la version originale en 2011, dont cet enregistrement conserve la trace.

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