Note personnelle : ,

Faccio, Franco — Amleto (1865)

Format :

  • Genre tragedia lirica en quatre actes.
  • Musique : Franco Faccio
  • Livret : Arrigo Boito, d’après Hamlet de William Shakespeare
  • Langue : italien

Création :

30 mai 1865, Teatro Carlo Felice, Gênes, sous la direction d’Angelo Mariani, avec le ténor Mario Tiberini dans le rôle-titre.
Faccio et son librettiste Arrigo Boito, tous deux issus du mouvement de la Scapigliatura milanaise, voulaient réinventer l’opéra italien en resserrant les liens entre texte et musique — ce « nuovo melodramma » qu’ils avaient déjà expérimenté dans I profughi fiamminghi (1863) de Faccio. Amleto fut bien accueilli à sa création, mais une reprise révisée le 12 février 1871 au Teatro alla Scala de Milan, dirigée cette fois par Faccio lui-même, tourna au désastre : Tiberini, de nouveau à l’affiche, se retrouva complètement sans voix ce soir-là. Faccio retira l’œuvre pour de bon et la partition orchestrale fut ensuite considérée comme perdue pendant plus d’un siècle.

Livret :

Arrigo Boito acheva le livret le 2 juillet 1862, alors qu’il séjournait en Pologne. Fervent admirateur de Shakespeare, il chercha à transposer Hamlet sur la scène lyrique sans céder aux simplifications alors habituelles chez les adaptateurs italiens du dramaturge anglais, notamment en conservant l’ambiguïté philosophique du personnage et en composant lui-même le fameux monologue « Essere o non essere ! ».

Intrigue :

  • Acte I : À Elseneur, Claudio célèbre son couronnement comme nouveau roi du Danemark ; le prince Amleto, dégoûté par ces réjouissances, est encore en deuil de son père et désapprouve le remariage précipité de sa mère avec son oncle. Le conseiller Polonio fait l’éloge du nouveau roi tandis qu’Ofelia, sa fille, promise à Amleto, confie ses doutes à son frère Laerte. La nuit venue, le spectre du roi défunt apparaît à Amleto, Orazio et Marcello, et révèle au prince qu’il a été assassiné par Claudio, lui faisant jurer de le venger.
  • Acte II : Polonio conseille au roi et à la reine d’épier Amleto. Ofelia doit lui rendre ses bijoux ; Amleto, feignant la folie, la repousse durement et lui conseille d’entrer au couvent. Pour démasquer Claudio, Amleto fait jouer par une troupe de comédiens une pièce, Le Meurtre de Gonzague, qui met en scène un régicide semblable à celui de son père. Devant toute la cour, Claudio, bouleversé, interrompt le spectacle dans la confusion.
  • Acte III : Rongé par le remords, le roi prie ; Amleto l’observe mais renonce à le tuer, ne voulant pas l’envoyer directement au ciel. Caché derrière une tenture pour écouter la conversation d’Amleto avec sa mère, Polonio est tué par le prince qui le prend pour le roi. Des révoltés réclament que justice soit faite ; Laerte jure de venger son père. Ofelia, devenue folle de chagrin, se donne la mort.
  • Acte IV : Au cimetière, un fossoyeur exhume des crânes tout en travaillant ; Amleto retrouve celui du bouffon Yorick. Le cortège funèbre d’Ofelia approche ; Laerte, furieux, maudit Amleto au-dessus de la tombe de sa sœur avant que les deux hommes ne se réconcilient. Sur suggestion du roi, Laerte et Amleto s’affrontent en duel : le fleuret de Laerte est empoisonné et la coupe destinée à Amleto l’est également. La reine boit par erreur dans cette coupe et meurt ; les fleurets sont échangés, Laerte est touché à son tour et révèle avant de mourir la traîtrise du roi. Amleto tue Claudio et meurt à son tour.

Enregistrement :

Paolo Carignani — 2019

Format : 2 CD
Label : Naxos
Référence : 8.660454-55
Année d’enregistrement : 18, 20, 25 et 28 juin 2016, Festspielhaus, Bregenz (Autriche).
Distribution :

  • Amleto : Pavel Černoch, ténor
  • Claudio : Claudio Sgura, baryton
  • Polonio : Eduard Tsanga, basse
  • Orazio : Sébastien Soulès, basse
  • Marcello : Bartosz Urbanowicz, baryton
  • Laerte : Paul Schweinester, ténor
  • Ofelia : Iulia Maria Dan, soprano
  • Gertrude : Dshamilja Kaiser, mezzo-soprano
  • Lo spettro / Un sacerdote : Gianluca Buratto, basse
  • Un araldo / Il re Gonzaga : Jonathan Winell, ténor
  • La regina Giovanna : Sabine Winter, soprano
  • Luciano / Primo becchino : Yasushi Hirano, basse

Direction : Paolo Carignani
Orchestre : Wiener Symphoniker, avec le Prague Philharmonic Choir
Langue : italien

Particularité :

Cet enregistrement documente la résurrection scénique et musicale d’Amleto, dont la partition orchestrale complète avait longtemps été considérée comme perdue après le retrait de l’œuvre par Faccio en 1871. Il s’agit de la captation d’une production donnée au Festival de Bregenz en juillet 2016, dans une édition critique établie par le musicologue américain Anthony Barrese et publiée par Casa Ricordi. Premier enregistrement complet moderne de l’opéra, il a été salué par la critique comme la redécouverte d’un jalon manquant entre le premier romantisme italien et le vérisme naissant, porté notamment par le retour attendu de Pavel Černoch dans le rôle-titre et par la direction de Paolo Carignani à la tête du Wiener Symphoniker.

Postérité :

Après l’échec de sa reprise à la Scala en 1871, Amleto disparut presque entièrement du répertoire, sa partition orchestrale étant longtemps tenue pour perdue ; seule la version pour orchestre à vent de la marche funèbre d’Ofelia continua d’être jouée chaque samedi saint sur l’île grecque de Corfou. L’œuvre ne resurgit qu’au XXe puis au XXIe siècle grâce à des reconstitutions et éditions critiques successives, dont celle d’Anthony Barrese publiée en 2007, qui permirent sa création américaine à Albuquerque en 2014 par Opera Southwest, sa création scénique moderne en Europe au Festival de Bregenz en 2016 dans une mise en scène d’Olivier Tambosi, puis cet enregistrement Naxos qui en assura la première diffusion discographique complète.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *