Format :
- Genre comedia armónica (zarzuela mythologique) en une loa et deux jornadas.
- Musique : Giacomo Facco
- Livret : José de Cañizares, d’après le mythe d’Amphitryon tel que transmis par Plaute
- Langue : espagnol
Création :
1721, Coliseo del Buen Retiro, Madrid.
L’œuvre fut commandée à Giacomo Facco et à José de Cañizares pour célébrer le mariage du prince des Asturies, le futur Louis Ier d’Espagne, avec Louise-Élisabeth d’Orléans, dans le cadre du double échange de princesses qui unit alors les cours de Madrid et de Paris. Facco, violoniste et compositeur vénitien entré en 1720 au service du prince des Asturies comme maître de clavecin, y signe l’une de ses rares partitions scéniques conservées ; l’ouvrage est parfois cité comme l’une des toutes premières tentatives d’opéra de facture italienne sur un livret en langue espagnole.
Livret :
José de Cañizares, l’un des dramaturges les plus féconds de l’Espagne du début du XVIIIe siècle, affectionnait les sujets mythologiques tirés d’Ovide et des poètes antiques pour ses comedias à machines destinées à la cour. Dans Amor es todo invención, il reprend la fable d’Amphitryon telle que la tradition la tenait de Plaute : les amours de Jupiter déguisé en époux d’Alcmène, la naissance d’Hercule qui doit s’ensuivre, et la jalousie de Junon, offrant au librettiste l’occasion de multiples quiproquos entre le dieu, son messager et les véritables époux.
Intrigue :
- Loa : un prologue allégorique met en scène des figures telles que la Grâce, l’Aurore, l’Érudition, la Fantaisie, la Tromperie, la Nuit, le Silence, Vénus et l’Amour, qui rendent hommage à l’occasion célébrée avant d’introduire la fable mythologique.
- Jornada I : Jupiter, épris d’Alcmène, prend les traits de son époux Anfitrión, alors parti guerroyer, pour s’introduire auprès d’elle ; son messager se fait passer pour le serviteur du général, provoquant une série de méprises comiques.
- Jornada II : le retour du véritable Anfitrión précipite la confusion des deux doubles, la fureur jalouse de Junon et le trouble d’Alcmène, avant que l’intrigue ne se dénoue et que l’amour des dieux ne soit révélé, conformément au titre qui fait de l’amour la source de toute « invention ».
Enregistrement :

Anibal E. Cetrangolo — 1999
Format : 3 CD
Label : Pavane Records
Référence : ADW 7446/8
Année d’enregistrement : août 1999, Duomo Vecchio di Santa Giustina, Monselice (Italie).
Distribution :
- Alcmena : Adriana Fernández, soprano
- Júpiter / Anfitrión : Luca Dordolo, ténor
- Juno : Bianca Simone, contralto
- Erfile : Patrizia Vaccari, soprano
- Sereni : Gian Paolo Fagotto, ténor
- Thelebo : Vincenzo Di Donato, ténor
Direction : Anibal E. Cetrangolo
Orchestre : Ensemble Albalonga
Langue : espagnol
Particularité :
Présentée comme un premier enregistrement mondial, cette version fut captée dans l’acoustique d’une église romane de Monselice, en Vénétie, non loin de Marsango où Facco était né — un retour symbolique de sa musique vers sa terre d’origine près de trois siècles après sa composition pour la cour de Madrid. Le coffret de 3 disques restitue l’intégralité de la loa et des deux jornadas, accompagné d’un livret de 84 pages en italien et en anglais.
Postérité :
Après une carrière madrilène ternie par les intrigues de cour et sa mise à l’écart progressive au profit de musiciens rivaux, Giacomo Facco s’éteignit dans une relative pauvreté en 1753 et tomba dans un oubli quasi total. Ce n’est qu’à partir de 1962, grâce aux recherches du musicologue italien Uberto Zanolli qui redécouvrit notamment son cycle de concertos pour violon Pensieri Adriarmonici, que son œuvre commença à ressortir de l’ombre. Ses partitions scéniques pour la cour d’Espagne, dont Amor es todo invención et Las amazonas de España, restèrent plus longtemps méconnues, et ce n’est que la musicologie et la discographie des dernières décennies, dont cet enregistrement Pavane compte parmi les jalons, qui ont permis de faire de Facco une figure reconnue du passage entre baroque italien et baroque espagnol à la cour des premiers Bourbons.

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