Note personnelle : ,

Donizetti, Gaetano — Marino Faliero (1835)

Format :

  • Tragedia lirica en trois actes.
  • Musique : Gaetano Donizetti
  • Livret : Giovanni Emanuele Bidera, révisé par Agostino Ruffini, d’après la tragédie de Casimir Delavigne (1829), elle-même inspirée du drame Marino Faliero de Lord Byron (1820)
  • Langue : Italien

Création :

12 mars 1835, Théâtre-Italien, Paris.
Donizetti entreprend la composition de Marino Faliero à Naples durant l’été 1834, en même temps que Maria Stuarda. Il quitte Gênes le 31 décembre 1834, après la création milanaise de Gemma di Vergy, pour se rendre à Paris, où Rossini, alors directeur musical du Théâtre-Italien, l’a invité aux côtés de Bellini à écrire pour la scène parisienne. L’opéra est créé six semaines à peine après I puritani de Bellini, triomphe créé au même théâtre par les quatre mêmes chanteurs : Luigi Lablache (Faliero), Giulia Grisi (Elena), Giovanni Battista Rubini (Fernando) et Antonio Tamburini (Israele Bertucci). Si l’accueil parisien reste plus modeste que celui réservé à Bellini, la critique salue l’ouvrage : la Revue des Deux Mondes distingue particulièrement le deuxième acte et l’air final de Grisi, « douloureux et plaintif ». Londres réserve en 1835 un accueil plus froid à l’œuvre, mais Florence lui fait triompher en 1836, assurant sa popularité en Italie tout au long du XIXe siècle.

Livret :

Bidera adapte la tragédie de Casimir Delavigne (1829), elle-même nourrie du drame de Lord Byron (1820), consacrés tous deux à la figure historique du doge de Venise Marino Faliero (v.1285-1355), exécuté pour avoir conspiré contre l’aristocratie vénitienne six mois seulement après son élection à quatre-vingts ans. Le livret rompt avec la convention du grand air final de la prima donna : Elena n’a droit à aucune scène de bravoure conclusive, l’opéra s’achevant sur la mort du Doge.

Intrigue :

  • Acte I : Malgré des inscriptions outrageantes visant le doge Marino Faliero et son épouse Elena placardées dans Venise, les ouvriers de l’Arsenal restent fidèles au Doge. Le jeune patricien Steno, repoussé par Elena, l’accuse publiquement d’adultère ; bien que l’accusation contienne une part de vérité — Elena aime en secret Fernando, neveu du Doge —, le Conseil des Quarante ne condamne Steno qu’à une peine dérisoire. Cette clémence pousse Faliero à se rapprocher d’Israele Bertucci, chef des arsenalotti, lui aussi insulté par Steno. Lors d’un bal masqué, Fernando défend l’honneur d’Elena et provoque Steno en duel.
  • Acte II : De nuit, sur la place San Giovanni e Paolo, des conjurés se rassemblent en gondole autour du Doge, qui rejoint secrètement la conjuration menée par Bertucci contre la noblesse tyrannique de Venise. Steno, masqué, importune de nouveau Elena. Au moment même où les conjurés prêtent serment dans le fracas d’un orage, on découvre Fernando mortellement blessé : il a tué Steno en duel avant de succomber à ses propres blessures. Faliero jure de le venger.
  • Acte III : Dans le palais ducal, Elena pleure Fernando. La conjuration est trahie et découverte ; traduit devant le Conseil des Dix, Faliero est condamné à mort. Elena avoue au Doge sa faiblesse envers Steno. Après un dernier duo, elle assiste de sa fenêtre à l’exécution de son époux et s’effondre.

Enregistrement(s) :

Elio Boncompagni — 1976

Format : Diffusion radiophonique (RAI)
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2408/9 (2 CD)
Année d’enregistrement : 1976.
Distribution :

  • Marino Faliero : Cesare Siepi, basse
  • Elena : Marisa Galvany, soprano
  • Fernando : Giuliano Ciannella, ténor
  • Israele Bertucci : Licinio Montefusco, baryton
  • Steno : Eftimios Michalopoulos, basse
  • Irene : Silvana Ferraro, soprano
  • Leoni : Lodovico Malvisi, ténor

Direction : Elio Boncompagni
Orchestre : Orchestra e Coro di Milano della RAI
Langue : Italien

Particularité :

Ce document radiophonique italien réunit dans le rôle-titre Cesare Siepi, l’une des plus grandes basses du XXe siècle, aux côtés de la soprano américaine Marisa Galvany et du ténor Giuliano Ciannella. Publié tardivement sur le label Bongiovanni, cet enregistrement demeure l’un des rares témoignages de l’ouvrage à avoir circulé avant sa redécouverte scénique du XXIe siècle.

Tamás Pál — 1999

Format : Enregistrement de studio
Label : NAR Classical
Année d’enregistrement : 1999, Szeged (Hongrie).
Distribution :

  • Marino Faliero : Tamás Altorjay, basse
  • Elena : Mária Farkasréti, soprano
  • Fernando : Tamás Albert, ténor
  • Israele Bertucci : Attila Réti, baryton
  • Steno : Zoltán Kelemen, basse

Direction : Tamás Pál
Orchestre : Orchestra Salieri del Teatro Nazionale di Szeged, Coro del Teatro Nazionale di Szeged
Langue : Italien

Particularité :

Réalisé par les forces du Théâtre national de Szeged, en Hongrie, cet enregistrement témoigne de l’intérêt porté à l’ouvrage en dehors des scènes italiennes et françaises habituelles. Il offre une lecture intégrale et soignée de la partition par une distribution hongroise homogène, sous la direction de Tamás Pál, chef durablement associé à cette maison.

Bruno Cinquegrani — 2011

Format : Captation scénique (DVD), en direct — version de 1835
Label : Naxos
Référence : 2.110616-17 (2 DVD)
Année d’enregistrement : Enregistré en public au Teatro Donizetti de Bergame les 31 octobre et 2 novembre 2008, publié en 2011.
Distribution :

  • Marino Faliero : Giorgio Surian, basse
  • Elena : Rachele Stanisci, soprano
  • Fernando : Ivan Magrì, ténor
  • Israele Bertucci : Luca Grassi, baryton
  • Steno : Luca Dall’Amico, basse
  • Leoni : Leonardo Gramegna, ténor

Direction : Bruno Cinquegrani
Orchestre : Orchestre et Chœur du Bergamo Musica Festival Gaetano Donizetti
Mise en scène : Marco Spada
Langue : Italien

Particularité :

Issue de la résurrection scénique de l’ouvrage lors du Bergamo Musica Festival Gaetano Donizetti, ville natale du compositeur, cette captation restitue l’édition originale de 1835 et constitue l’une des rares productions modernes de l’opéra. Elle s’appuie sur une distribution jeune emmenée par Giorgio Surian et Rachele Stanisci, aux côtés d’un Ivan Magrì alors en plein essor dans le rôle de Fernando.

Postérité :

Marino Faliero connut un succès honorable à sa création parisienne, malgré l’ombre portée par le triomphe simultané des Puritains de Bellini, créés deux mois plus tôt au même théâtre par les quatre mêmes chanteurs. Accueilli fraîchement à Londres en 1835, l’ouvrage triompha en revanche à Florence en 1836, assurant sa popularité en Italie tout au long du XIXe siècle. Tombé progressivement dans l’oubli au XXe siècle, il ne retrouva les scènes qu’à la faveur de la redécouverte moderne du répertoire donizettien, notamment grâce à la résurrection bergamasque de 2008 dont est issu l’enregistrement de Cinquegrani, aux côtés de témoignages plus confidentiels comme ceux de Boncompagni et de Pál.

 

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