Format :
- Melodramma eroico en deux actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Domenico Gilardoni, d’après Il proscritto romano de Luigi Marchionni, lui-même inspiré d’Androclès ou Le Lion reconnaissant de Louis-Charles Caigniez et Debotière
- Langue : italien
Création :
1er janvier 1828, Teatro San Carlo, Naples.
Donizetti compose cet ouvrage dans le cadre de son contrat avec l’impresario Domenico Barbaja, qui dirige alors le San Carlo. La création est un triomphe, porté par une distribution prestigieuse emmenée par le baryton-basse Luigi Lablache (Murena), la soprano Adelaide Tosi (Argelia) et le ténor Berardo Winter (Settimio). L’ouvrage se répand rapidement dans les grands théâtres italiens : La Scala de Milan dès juillet 1828, puis de nouveau Naples à l’hiver 1828.
Livret :
Domenico Gilardoni tire son livret d’Il proscritto romano, pièce de l’acteur et auteur Luigi Marchionni, elle-même adaptée du mélodrame français Androclès ou Le Lion reconnaissant de Louis-Charles Caigniez et Debotière. L’action est transposée à Rome sous le règne de Tibère : le retour clandestin d’un tribun exilé pour retrouver la femme qu’il aime devient le ressort d’un drame de la clémence impériale, un thème récurrent dans l’opéra italien de cette époque.
Intrigue :
- Acte I : À Rome, sous Tibère, le jeune tribun Settimio revient secrètement d’exil pour retrouver Argelia, fille du sénateur Murena. Argelia partage ses sentiments, mais les soldats de Lucio arrêtent Settimio, dont le sort devient incertain. Le général Publio propose noblement son aide, mais Murena, intraitable, condamne Settimio à mort. L’acte se conclut, fait rare pour l’époque, par un grand trio plutôt que par l’air d’usage — un choix dramaturgique qui influencera Bellini puis Verdi.
- Acte II : Rongé par sa décision, Murena sombre dans la folie. Settimio attend son exécution en prison tandis qu’Argelia cherche désespérément à obtenir de son père les documents qui pourraient le sauver. Finalement, un pardon impérial est accordé à Settimio comme à Murena, et l’opéra se conclut dans la joie.
Enregistrement(s) :

Massimo De Bernart — 1986
Format : enregistrement public (captation de la production scénique)
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2045/6-2
Année d’enregistrement : octobre 1986, Teatro Chiabrera, Savone (captation de la production scénique).
Distribution :
- Murena : Simone Alaimo, baryton-basse
- Argelia : Cecilia Gasdia, soprano
- Settimio : Ernesto Palacio, ténor
- Publio : Armando Ariostini, baryton
- Leontina : Adriana Molina, mezzo-soprano
- Lucio : Maurizio Di Benedetto, basse
Direction : Massimo De Bernart
Orchestre : Orchestra Sinfonica di Piacenza, Coro dell’Opera Giocosa
Langue : italien
Particularité :
Ce disque documente la première résurrection scénique moderne de l’ouvrage, donnée à Savone en 1986 après un quart de siècle de silence quasi total (seule une exécution de concert avait eu lieu à Londres en 1982). Distribution typiquement italienne, dominée par les baryton-basses Alaimo et Ariostini dans les rôles de Murena et Publio.

Carlo Rizzi — 2024
Format : enregistrement studio
Label : Opera Rara
Référence : ORC64
Année d’enregistrement : mai 2023, Fairfield Halls, Croydon (sortie du disque en 2024).
Distribution :
- Murena : Nicola Alaimo, baryton-basse
- Argelia : Albina Shagimuratova, soprano
- Settimio : Sergey Romanovsky, ténor
- Publio : Lluís Calvet i Pey, baryton
- Leontina : Kezia Bienek, mezzo-soprano
- Lucio et Fulvio : André Henriques, baryton
Direction : Carlo Rizzi
Orchestre : Britten Sinfonia, Opera Rara Chorus
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement studio complet de l’ouvrage, réalisé dans le cadre du programme de redécouverte du bel canto mené par Opera Rara. La distribution réunit un second Alaimo (Nicola, sans lien de parenté connu avec Simone Alaimo de l’enregistrement de 1986) dans le rôle de Murena, aux côtés d’Albina Shagimuratova en Argelia.
Postérité :
L’esule di Roma connaît un succès immédiat et durable à sa création : repris à La Scala de Milan dès juillet 1828, puis de nouveau à Naples à l’hiver de la même année, l’ouvrage reste au répertoire italien et international jusqu’en 1869. Bergame lui rend hommage en 1840 par une reprise réunissant une distribution de premier plan. Après un long oubli, l’œuvre connaît une résurrection au XXe siècle : exécution de concert à Londres en 1982, puis production scénique à Savone en 1986, immortalisée par l’enregistrement Bongiovanni. L’enregistrement studio intégral réalisé par Opera Rara en 2023-2024 marque l’aboutissement de cette redécouverte moderne.

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