Note personnelle : ,

Donizetti, Gaetano — L’Assedio di Calais (1836)

Format :

  • Melodramma lirico en trois actes.
  • Musique : Gaetano Donizetti
  • Livret : Salvatore Cammarano, d’après la pièce L’assedio di Calais (aussi connue sous le titre Edoardo III) de Luigi Marchionni et le ballet homonyme de Luigi Henry (1828), eux-mêmes issus du théâtre français de Hubert (1822) et, en dernier ressort, du Siège de Calais de Pierre-Laurent Buirette de Belloy (1765)
  • Langue : italien

Création :

19 novembre 1836, Teatro San Carlo, Naples, dédié à la reine mère Marie-Isabelle d’Espagne.
Quarante-neuvième opéra de Donizetti, L’assedio di Calais naît de son désir de conquérir l’Opéra de Paris : il y intègre des passages de ballet et privilégie l’écriture d’ensemble sur la traditionnelle domination de la prima donna, dans un esprit proche du grand opéra français. L’ouvrage bénéficie d’une préparation exceptionnellement longue de cinq mois. La création connaît un succès honorable (seize représentations) et vaut à Donizetti les compliments du roi pour son dénouement clément envers la noblesse anglaise, mais les représentations suivantes souffrent d’une épidémie de choléra à Naples. Donizetti lui-même se montre insatisfait du troisième acte, qu’il juge le moins réussi, regrettant que les danses y ralentissent l’action.

Livret :

Cammarano s’appuie sur la pièce de Luigi Marchionni et sur le ballet de Luigi Henry consacrés au même sujet, eux-mêmes descendants d’une tradition théâtrale française remontant à la pièce de Hubert (1822) et, en amont, au Siège de Calais de Pierre-Laurent Buirette de Belloy (1765). Le sujet s’ancre dans l’épisode historique du siège de Calais par Édouard III en 1346, pendant la guerre de Cent Ans, et l’épisode fameux des six bourgeois offerts en otages pour sauver la ville.

Intrigue :

  • Acte I : Calais, affamée par le siège anglais. Aurelio risque sa vie en sortant des remparts pour voler du pain et échappe de peu à la capture. Au palais municipal, son père Eustachio, maire de la ville, et son épouse Eleonora tremblent pour lui ; l’annonce de son retour sain et sauf soulève leur joie. Un espion anglais pousse cependant la population, affamée et désespérée, à la révolte : Eustachio affronte la foule avec courage et parvient à rallier les citoyens à la défense de leur cité.
  • Acte II : Édouard III exige six notables en otage en échange de la vie de la ville. Eustachio se propose le premier, suivi par son fils Aurelio et d’autres bourgeois. Les hommes condamnés font leurs adieux à leurs familles dans un grand finale d’ensemble.
  • Acte III : Dans le camp anglais, la reine Isabella célèbre la victoire au milieu de réjouissances et de danses. Les six otages attendent l’exécution dans la tente du roi. Alors qu’Aurelio fait ses adieux déchirants à son jeune fils et à Eleonora, la reine intercède en leur faveur : Édouard III se laisse fléchir et gracie les otages. L’opéra se conclut dans la liesse, sur la clémence du roi.

Enregistrement(s) :

David Parry — 1989

Format : enregistrement studio
Label : Opera Rara
Référence : OR 9 (coffret original de 3 microsillons) ; réédition CD ORC9
Année d’enregistrement : du 24 juin au 1er juillet 1988, All Saints Church, Tooting, Londres (sortie du disque en 1989).
Distribution :

  • Eustachio de Saint-Pierre : Christian du Plessis, baryton
  • Eleonora : Nuccia Focile, soprano
  • Aurelio : Della Jones, mezzo-soprano (rôle travesti)
  • Edoardo III : Russell Smythe, baryton
  • Isabella : Eiddwen Harrhy, soprano
  • Giacomo de Wisants : Paul Nilon, ténor
  • Giovanni d’Aire : Rico Serbo, ténor
  • Pietro de Wisants : Ian Platt, basse
  • Armando : Mark Glanville, basse-baryton
  • Edmondo : John Treleaven, ténor
  • Un Incognito : Norman Bailey, basse

Direction : David Parry
Orchestre : Philharmonia Orchestra, Geoffrey Mitchell Choir
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement intégral de cette œuvre disparue des scènes depuis 1840, ce disque d’Opera Rara restitue la version en trois actes voulue par Donizetti, danses de ballet comprises. Il révèle le rôle travesti d’Aurelio, confié à la mezzo-soprano Della Jones, et marque le point de départ de la redécouverte moderne de l’ouvrage.

Postérité :

L’assedio di Calais connaît un succès honorable à sa création, salué jusque par le roi pour son dénouement magnanime envers la noblesse anglaise, mais son élan est brisé par une épidémie de choléra qui vide les théâtres napolitains. Donizetti lui-même juge son troisième acte manqué, alourdi par des ballets. L’œuvre disparaît des scènes après 1840 et devient l’une des rares œuvres de la maturité de Donizetti à n’avoir jamais été reprise après sa création initiale. Sa redécouverte moderne commence avec l’enregistrement intégral d’Opera Rara en 1988, suivi par la première reprise scénique moderne au Festival Donizetti de Bergame en 1990, puis par le Wexford Festival Opera en 1991, la première londonienne à la Guildhall School of Music and Drama en 1992, une première écossaise à Glasgow en 1998, une version révisée en deux actes par l’English Touring Opera en 2013, et enfin les premières américaines au Glimmerglass Festival et à l’Odyssey Opera de Boston en 2017.

 

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