Format :
- Grand opéra en quatre actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Alphonse Royer et Gustave Vaëz, d’après la pièce Le Comte de Comminges de François-Thomas-Marie de Baculard d’Arnaud, avec la collaboration d’Eugène Scribe pour la figure historique de Léonor de Guzman
- Langue : français (version originale) ; l’œuvre circule aussi dans une traduction italienne abrégée (La Favorita), due à Calisto Bassi
Création :
2 décembre 1840, Académie royale de musique (salle Le Peletier), Paris, sous la direction de François Habeneck.
Donizetti avait d’abord composé Le Duc d’Albe pour l’Opéra de Paris, mais le directeur Léon Pillet exigea un rôle de premier plan pour sa maîtresse, la mezzo-soprano Rosine Stoltz. Donizetti abandonna cette partition et réutilisa une grande partie de la musique d’un projet inachevé de 1839, L’Ange de Nisida, pour composer La Favorite en un temps record, le quatrième acte ayant été écrit en quelques heures seulement. La création réunit Rosine Stoltz (Léonor) et Gilbert Duprez (Fernand).
Livret :
Royer et Vaëz s’inspirent de la pièce Le Comte de Comminges de Baculard d’Arnaud, avec le concours d’Eugène Scribe, qui donne à l’héroïne le nom historique de Léonor de Guzman, favorite du roi de Castille Alphonse XI au XIVe siècle.
Intrigue :
- Acte I : Au monastère de Saint-Jacques-de-Compostelle, le novice Fernand, sur le point de prononcer ses vœux, avoue au père supérieur Balthazar que sa foi vacille depuis qu’il a vu prier auprès de lui une femme inconnue ; il quitte le monastère malgré les mises en garde de Balthazar. Sur l’île de Léon, Fernand, les yeux bandés, retrouve celle qu’il aime sans connaître ni son nom ni son rang : Léonor, favorite du roi, refuse de l’épouser mais lui remet un document assurant son avenir avant l’arrivée annoncée du roi Alphonse XI. Fernand découvre qu’il vient d’être nommé capitaine et espère mériter la main de sa bien-aimée en revenant vainqueur de la guerre.
- Acte II : Au palais de l’Alcazar à Séville, Alphonse évoque avec son officier Don Gaspar la victoire de Fernand sur les Maures. Léonor se plaint au roi de vivre dans la honte ; Alphonse promet de régulariser bientôt leur union. Une lettre interceptée révèle à la cour que Léonor a un amant secret ; Balthazar, messager du pape, brandit la bulle menaçant le roi d’excommunication s’il ne répudie pas la reine pour sa favorite, et exige le bannissement immédiat de Léonor.
- Acte III : De retour au palais, Alphonse récompense Fernand pour sa bravoure et, apprenant qu’il aime une noble dame, découvre avec stupeur qu’il s’agit de Léonor. Par calcul politique autant que par dépit, il consent à leur mariage et fait de Fernand un marquis. Désespérée à l’idée que Fernand ignore son passé, Léonor charge Inès de tout lui révéler, mais celle-ci est arrêtée avant d’avoir pu parler. Le mariage est célébré sous les railleries des courtisans ; Balthazar survient et apprend la vérité à Fernand, qui, furieux d’avoir été trompé, rejette ses titres, brise son épée et quitte la cour avec son père.
- Acte IV : Au monastère de Saint-Jacques, Fernand, revenu chercher la paix, s’apprête de nouveau à prononcer ses vœux. Léonor, déguisée en novice, vient implorer son pardon avant de mourir, expliquant qu’elle n’a jamais voulu le tromper. Fernand, submergé par l’amour retrouvé, lui pardonne et voudrait fuir avec elle, mais Léonor, à bout de forces, meurt dans ses bras.
Enregistrement(s) :

Nino Verchi — 1974
Format : enregistrement public (captation d’une représentation)
Label : Opera d’Oro
Référence : OPD-1196
Année d’enregistrement : 28 janvier 1974, Teatro alla Scala, Milan (représentation publique).
Distribution :
- Fernando : Luciano Pavarotti, ténor
- Leonora : Fiorenza Cossotto, mezzo-soprano
- Don Alfonso : Piero Cappuccilli, baryton
- Baldassarre : Ivo Vinco, basse
- Ines : Luisa Macchinizzi, soprano
- Don Gasparo : Renzo Romani, ténor
Direction : Nino Verchi
Orchestre : Orchestre et chœur du Teatro alla Scala de Milan
Langue : italien (version italienne, La Favorita)
Particularité :
Captation publique scaligère offrant un Pavarotti au sommet de ses moyens face à la Leonora de Fiorenza Cossotto, quelques mois avant leur version studio chez Decca, dans la traduction italienne courante.

Richard Bonynge — 1974
Format : enregistrement studio
Label : Decca
Référence : 430 038-2
Année d’enregistrement : août 1974, Teatro Comunale, Bologne.
Distribution :
- Alfonso XI : Gabriel Bacquier, baryton
- Leonora di Gusman : Fiorenza Cossotto, mezzo-soprano
- Fernando : Luciano Pavarotti, ténor
- Baldassarre : Nicolai Ghiaurov, basse
- Don Gasparo : Piero de Palma, ténor
- Ines : Ileana Cotrubas, soprano
- Un cortigiano : Bruno de Franceschi, ténor
Direction : Richard Bonynge
Orchestre : Orchestre et chœur du Teatro Comunale de Bologne
Langue : italien (traduction de Calisto Bassi)
Particularité :
Distribution de rêve réunie par Decca autour de Pavarotti et Cossotto, dans des conditions de studio soignées ; référence discographique classique de la version italienne de l’ouvrage.

Fabio Luisi — 1989
Format : enregistrement public
Label : Nuova Era
Référence : 6823/24
Année d’enregistrement : 1989 (sortie du disque en 1999).
Distribution :
- Alfonso : Paolo Coni, baryton
- Leonora : Adelisa Tabiadon, mezzo-soprano
- Fernando : Giuseppe Morino, ténor
- Ines : Alessandra Ruffini, soprano
- Don Gasparo : Michele Farruggia, ténor
- Baldassarre : Alessandro Verducci, basse
Direction : Fabio Luisi
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia, Coro Filarmonico di Bratislava
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement plus confidentiel qui documente les débuts de Fabio Luisi dans le grand répertoire donizettien, avec une distribution entièrement italienne.

Marcello Viotti — 2000
Format : enregistrement public (captation de concert)
Label : RCA Victor Red Seal / BMG Classics
Référence : 74321 66629-2
Année d’enregistrement : 11 avril 1999, Philharmonie am Gasteig, Munich (sortie du disque en 2000).
Distribution :
- Léonor de Guzman : Vesselina Kasarova, mezzo-soprano
- Fernand : Ramón Vargas, ténor
- Alphonse XI : Anthony Michaels-Moore, baryton
- Inès : Abbie Furmansky, soprano
- Don Gaspar : Francesco Piccoli, ténor
- Balthazar : Carlo Colombara, basse
Direction : Marcello Viotti
Orchestre : Münchner Rundfunkorchester, Chor des Bayerischen Rundfunks
Langue : français (version originale)
Particularité :
L’un des rares enregistrements modernes à restituer la version française originale de l’ouvrage, porté par la Léonor de la mezzo-soprano bulgare Vesselina Kasarova face au Fernand de Ramón Vargas.

Riccardo Frizza — 2024
Format : enregistrement public (captation de concert)
Label : Naxos, coproduction de la Fondazione Teatro Donizetti avec l’Opéra national de Bordeaux
Référence : 8.660549-51
Année d’enregistrement : 15 et 18 novembre 2022, Teatro Donizetti, Bergame, lors du Festival Donizetti Opera (sortie du disque en 2024).
Distribution :
- Léonor de Guzman : Annalisa Stroppa, mezzo-soprano
- Fernand : Javier Camarena, ténor
- Alphonse XI : Florian Sempey, baryton
- Balthazar : Evgeny Stavinsky, basse
- Don Gaspar : Edoardo Milletti, ténor
- Inès : Caterina Di Tonno, soprano
- Un seigneur : Alessandro Barbaglia, ténor
Direction : Riccardo Frizza
Orchestre : Orchestra Donizetti Opera, Coro Donizetti Opera, Coro dell’Accademia del Teatro alla Scala
Langue : français (édition critique de Rebecca Harris-Warrick)
Particularité :
Nouvelle production du Festival Donizetti Opera de Bergame restituant intégralement la version française de 1840 dans l’édition critique de Rebecca Harris-Warrick, y compris la cabalette du duo Léonor-Alphonse coupée dès les premières représentations parisiennes et l’intégralité des divertissements dansés.
Postérité :
La Favorite connaît un immense succès dès sa création et reste au répertoire de l’Opéra de Paris jusqu’en 1918. Traduite en italien dès 1842 (Padoue), puis donnée à la Scala de Milan en 1843 et en anglais à Drury Lane la même année, l’œuvre se répand rapidement dans toute l’Europe. C’est cependant la version italienne abrégée de Calisto Bassi, sous le titre La Favorita, qui domine le répertoire international pendant plus d’un siècle, éclipsant la partition française originale — le Metropolitan Opera la monte ainsi en italien dès 1895, puis la reprend en 1978 avec Luciano Pavarotti. Il faut attendre les dernières décennies, portées par l’établissement d’une édition critique par Rebecca Harris-Warrick, pour que la version française d’origine retrouve la scène et le disque, restituant le grand opéra voulu par Donizetti pour l’Académie royale de musique, cabalette et ballets compris.

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