Note personnelle : ,

Donizetti, Gaetano — La Zingara (1822)

Format :

  • Opera semiseria en deux actes.
  • Musique : Gaetano Donizetti
  • Livret : Andrea Leone Tottola, d’après La petite bohémienne, mélodrame de Louis-Charles Caigniez (Paris, 1816), lui-même tiré d’August von Kotzebue
  • Langue : italien

Création :

12 mai 1822, Teatro Nuovo, Naples.
La Zingara est le premier ouvrage que Donizetti écrit pour Naples, ville et théâtre auxquels il restera lié jusqu’en 1838. Fort du succès obtenu à Rome quelques mois plus tôt avec Zoraide di Granata (janvier 1822), le jeune compositeur bergamasque (vingt-quatre ans) se voit confier l’écriture d’un opéra destiné au Teatro Nuovo, scène populaire vouée au répertoire bouffe et au dialecte napolitain. L’ouvrage rencontre un succès qui installe durablement Donizetti dans le paysage lyrique napolitain.

Livret :

Andrea Leone Tottola adapte pour la scène napolitaine La petite bohémienne, mélodrame en trois actes de Louis-Charles Caigniez d’après un sujet d’August von Kotzebue, créé à Paris en 1816. Le librettiste conforme son travail aux règles de la comédie napolitaine : les personnages populaires — le geôlier Papaccione en tête, rôle bouffe hérité de la tradition de la famille Casaccia — s’expriment en dialecte, tandis que les figures aristocratiques parlent un italien plus soutenu, créant un contraste linguistique et stylistique constant entre les scènes sérieuses et les scènes bouffes propre à l’opera semiseria.

Intrigue :

  • Acte I : Dans son château d’Espagne, Don Ranuccio Zappador prépare la visite du Vice-roi, le duc d’Alziras. Il annonce à sa fille Ines qu’elle doit épouser Antonio Alvarez ; mais la jeune fille aime en secret Fernando, rencontré lors d’un séjour à la montagne, et sa cousine Amelia redoute la colère de son père. Survient une troupe de bohémiens menée par la belle et rusée Argilla, accueillie par le naïf geôlier Papaccione. Argilla découvre, griffonné sur le mur du cachot, l’appel à l’aide d’un prisonnier misérable qui promet un trésor caché ; en se faisant passer pour diseuse de bonne aventure, elle obtient de Papaccione l’accès au prisonnier et apprend qu’il s’agit de Don Sebastiano Alvarez, l’oncle d’Antonio. Fernando arrive à son tour avec son valet Sguiglio et retrouve Ines ; Argilla, témoin de leurs soupirs, favorise leur rapprochement. Pendant ce temps, Don Ranuccio dévoile à Antonio son plan machiavélique : faire périr son oncle Sebastiano pour s’emparer de sa fortune par le mariage d’Antonio et Ines, et assassiner le duc d’Alziras afin d’être élu à sa place comme Vice-roi. Argilla, cachée, surprend le complot. L’acte s’achève sur l’arrivée du duc d’Alziras.
  • Acte II : Fernando sollicite à nouveau l’aide d’Argilla pour pénétrer dans le château et revoir Ines, qui doute encore de sa sincérité sans connaître sa véritable identité. Argilla révèle à Fernando les noirs desseins de Ranuccio ; le jeune homme s’engage à déjouer l’attentat contre le duc. Par ruse — en promettant à Papaccione un trésor gardé par Pluton, qui n’accepte que des clés de bois — Argilla se procure la clé du cachot, se laisse descendre dans une citerne où se cachent Sguiglio et d’autres bohémiens armés de bâtons, et délivre Don Sebastiano. Envoyé par Ranuccio pour prêter main-forte au complot, Antonio avertit au contraire Fernando ; tous deux s’enfuient, poursuivis par Ranuccio et le duc. Confondu par le retour de Don Sebastiano libéré et reconnu par le duc d’Alziras, Ranuccio voit son double complot exposé au grand jour. Sebastiano, révélé être le propre frère du duc, obtient leur pardon mutuel. Restait un dernier mystère : Argilla se découvre elle-même d’origine noble, enlevée enfant aux siens ; un pendentif conservé depuis son rapt permet à Don Sebastiano de reconnaître en elle sa fille perdue. Les deux couples de jeunes amoureux, Ines-Fernando et la famille reconstituée, célèbrent ensemble ce dénouement heureux.

Enregistrement(s) :

Arnold Bosman — 2001

Format : 2 CD
Label : Dynamic
Référence : CDS 396/1-2
Année d’enregistrement : captation live, juillet 2001, Palazzo Ducale, Martina Franca (Festival della Valle d’Itria) ; publié en 2001-2002.
Distribution :

  • Argilla, la bohémienne : Manuela Custer, mezzo-soprano
  • Papaccione, geôlier : Domenico Colaianni, baryton
  • Ines, fille de Don Ranuccio : Rosita Ramini, soprano
  • Fernando : Massimiliano Barbolini, ténor
  • Don Sebastiano Alvarez : Pietro Terranova, baryton
  • Duca d’Alziras : Cataldo Gallone, ténor
  • Amelia : Sara Allegretta, soprano
  • Ghita : Roberta Zaccaria, soprano
  • Manuelitta : Giulia Petruzzi, soprano
  • Antonio Alvarez : Giacomo Rocchetti, baryton
  • Sguiglio : Massimiliano Chiarolla, baryton
  • Don Ranuccio Zappador : Filippo Morace, baryton

Direction : Arnold Bosman
Orchestre : Orchestra Internazionale d’Italia, Bratislava Chamber Choir (chef de chœur : Pavol Procházka)
Langue : italien

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’ouvrage, capté sur le vif lors des représentations du Festival della Valle d’Itria de Martina Franca en juillet 2001, dans le cadre de la redécouverte par ce festival des œuvres de jeunesse de Donizetti (après Il Fortunato Inganno en 1998). La mise en scène est signée Marco Gandini, assistant privilégié de Franco Zeffirelli, avec une distribution de jeunes chanteurs. Restituant la vitalité débordante d’une exécution publique, la captation conserve quelques incertitudes de plateau propres à une prise de rôle par des interprètes qui, pour certains, n’avaient jamais vécu une expérience scénique comparable.

Postérité :

Malgré le succès obtenu dès sa création — Bellini lui-même admirait le septuor du second acte, salué pour son mélange original de bouffe et de sérieux — La Zingara disparaît rapidement du répertoire, victime de l’exigeante distribution vocale qu’elle requiert (un mezzo, quatre sopranos, deux ténors et six barytons) et de l’évolution ultérieure du goût napolitain, qui poussera bientôt Donizetti vers des emplois vocaux plus resserrés, comme dans L’Elisir d’amore ou La Fille du régiment. L’ouvrage reste ainsi l’un des jalons méconnus des débuts napolitains du compositeur, et il faut attendre la redécouverte entreprise par le Festival della Valle d’Itria, en juillet 2001, pour qu’il retrouve la scène et connaisse son tout premier enregistrement.

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