Format :
- Genre Farsa comica en un acte.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Domenico Gilardoni
- Langue : Italien
Création :
6 février 1830, Teatro di San Carlo, Naples.
Écrite en quelques semaines pour compléter une soirée napolitaine, cette farce en un acte réunit à sa création une distribution prestigieuse, dominée par la basse Luigi Lablache, mais se heurte à une salle clairsemée, le public de la capitale étant retenu ce soir-là par d’autres mondanités. L’ouvrage tient néanmoins l’affiche par intermittence à Naples puis à Palerme jusqu’en 1845, avant de disparaître complètement du répertoire.
Livret :
Domenico Gilardoni, librettiste attitré de Donizetti à Naples dans ces années (on lui doit aussi Gianni di Calais ou Il paria), imagine un livret original situé dans une maison de santé parisienne, sur le thème très rossinien de la folie feinte et des quiproquos amoureux. La partition, écrite dans l’urgence, emprunte largement au style de l’opera buffa rossinien alors dominant — l’air de Norina cite même ouvertement Semiramide, tandis qu’un autre numéro lorgne du côté du Barbiere di Siviglia — et se distingue par un nombre inhabituel de rôles graves (pas moins de cinq voix de basse ou baryton-basse), ce qui contribue à son caractère bouffe très prononcé.
Intrigue :
- Acte unique : Dans une maison de santé parisienne dirigée par Darlemont, sa nièce Norina retrouve son mari, le colonel Blinval, dont elle était séparée par la guerre. Pour éprouver la fidélité et les sentiments de l’autre, chacun des deux époux feint la folie, provoquant un premier niveau de quiproquo. S’y ajoute Cristina, ancien amour de Blinval, que son tuteur Venanzio a fait interner afin de s’emparer plus aisément de sa dot en la faisant passer pour folle. Eustachio, trompette déserteur de son régiment, se fait passer pour médecin de l’établissement et sème une confusion supplémentaire, à laquelle se mêle encore le valet Frank. Au terme d’un assemblage de méprises et de faux-semblants, la vérité éclate : les couples légitimes se reforment et l’ordre moral est rétabli.
Enregistrement :

Bruno Rigacci — 1988
Format : 2 CD
Label : Bongiovanni
Référence : GB 2070/71
Année d’enregistrement : 1988, Teatro Rossini, Lugo — captation en public.
Distribution :
- Norina : Susanna Rigacci, soprano
- Blinval : Graziano Polidori, baryton-basse
- Cristina : Adriana Cicogna, mezzo-soprano
- Darlemont : Leonardo Monreale, basse
- Venanzio : Vito Maria Brunetti, basse
- Eustachio : Enrico Fissore, basse
- Frank : Gastone Sarti, basse
Direction : Bruno Rigacci
Orchestre : Orchestra Sinfonica dell’Emilia Romagna « Arturo Toscanini »
Langue : Italien
Particularité :
Ce document Bongiovanni, tiré d’une captation publique au Teatro Rossini de Lugo, compte parmi les tout premiers enregistrements de cette rareté donizettienne. La distribution, entièrement italienne, met en valeur le format très particulier de l’ouvrage avec pas moins de quatre voix graves masculines aux côtés de la soprano Susanna Rigacci et de la mezzo Adriana Cicogna, le vétéran Enrico Fissore apportant toute son expérience du répertoire bouffe au rôle du faux médecin Eustachio.

Fabrizio Maria Carminati — 2000
Format : 1 CD
Label : Concerto (réédition Concerto Classics, 2004)
Référence : CNT 2022
Année d’enregistrement : 22 août 2000, Piazza della Cittadella, Bergame — captation en public dans le cadre du festival lyrique bergamasque consacré à Donizetti.
Distribution :
- Norina : Cinzia Rizzone, soprano
- Blinval : Alessandro Battiato, baryton
- Cristina : Anna Rita Gemmabella, mezzo-soprano
- Darlemont : Andrea Porta, basse
- Venanzio : Giovanni Guerini, basse
- Eustachio : Enzo Dara, basse
- Frank : Enzo Di Matteo, basse
Direction : Fabrizio Maria Carminati
Orchestre : Orchestra del Teatro Donizetti di Bergamo
Langue : Italien
Particularité :
Capté en plein air sur la Piazza della Cittadella de Bergame, ce second enregistrement doit beaucoup à la présence d’Enzo Dara, l’un des plus célèbres bouffes rossiniens et donizettiens de sa génération, ici dans le rôle du faux médecin Eustachio. Une distribution jeune et typiquement italienne l’entoure, portée par l’Orchestre du Teatro Donizetti dans son fief bergamasque, ville natale du compositeur.
Postérité :
Après sa création en demi-teinte et sa disparition de la scène au milieu du XIXe siècle, I pazzi per progetto reste totalement oublié pendant plus d’un siècle, la partition autographe étant conservée au Conservatorio San Pietro a Majella de Naples. Sa redécouverte moderne date de 1977, année de sa résurrection scénique au festival Opera Barga sous la direction d’Amy Kaiser, qui rencontre un succès inattendu auprès du public comme de la critique. Cette résurrection ouvre la voie aux captations discographiques ultérieures — celle de Bruno Rigacci à Lugo en 1988 puis celle de Fabrizio Maria Carminati à Bergame en 2000 — qui ont permis de faire mieux connaître cette farce mineure mais savoureuse, aujourd’hui considérée comme un jalon significatif dans l’évolution de Donizetti vers l’opera buffa de sa pleine maturité.

Laisser un commentaire