Format :
- Genre Tragedia lirica en deux actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Giovanni Emanuele Bidera, d’après la tragédie Charles VII chez ses grands vassaux d’Alexandre Dumas père (1831)
- Langue : Italien
Création :
26 décembre 1834, Teatro alla Scala, Milan.
Le sujet n’avait été arrêté que trois mois avant la première, Donizetti composant l’ouvrage dans l’urgence tout en travaillant à sa Maria Stuarda. Écrit pour Giuseppina Ronzi de Begnis, dont il exploite la puissance dramatique et l’endurance vocale, l’opéra remporta un succès immédiat et retentissant : vingt-six représentations consécutives à la Scala dès sa création, un chiffre considérable pour l’époque. L’œuvre se répandit rapidement dans toute l’Europe et jusqu’à New York, restant très populaire jusque dans les années 1860, avant de disparaître à peu près complètement du répertoire autour de 1900.
Livret :
Giovanni Emanuele Bidera tire son livret de la tragédie française Charles VII chez ses grands vassaux d’Alexandre Dumas père (1831), resserrant l’intrigue sur la figure de Gemma, exemple achevé de l’héroïne donizettienne à la fois victime et implacable dans sa vengeance. Le rôle-titre, d’une difficulté extrême et d’une intensité dramatique continue, fut plus tard comparé par Montserrat Caballé, qui contribua à sa redécouverte au vingtième siècle, à l’équivalent vocal de trois Norma réunies.
Intrigue :
- Acte I : En 1428, au château de Vergy, en Berry. Rolando annonce que le pape a prononcé l’annulation du mariage du Comte de Vergy et de Gemma, restée sans enfant : le Comte s’apprête à épouser Ida di Greville. Gemma, en proie aux plus sombres pressentiments, voit dans le jeune esclave Tamas, secrètement épris d’elle, son seul soutien. Par vengeance personnelle (son père ayant été victime de Rolando), Tamas tue ce dernier. Traduit devant le Comte, il avoue vouloir également tuer son maître ; Gemma intercède en vain pour sa grâce. D’abord condamné à mort, Tamas est finalement banni. Le Comte confirme alors publiquement son intention de se remarier, déchaînant la fureur de Gemma.
- Acte II : Le remariage du Comte avec Ida approche. Déguisée en servante et vêtue de noir, Gemma tente de poignarder sa rivale mais Tamas, revenu en secret, la désarme. Seule dans une salle du château, résolue à finir ses jours au couvent, Gemma reçoit l’aveu d’amour de Tamas, qui la presse de fuir avec lui ; elle refuse. Pendant la cérémonie nuptiale, Tamas assassine le Comte. Guido vient annoncer le meurtre à Gemma : maudit par elle, Tamas se donne la mort, tandis que Gemma, dans une ultime scène de folie et de prière (récitatif, larghetto puis cabalette), s’apprête à entrer au couvent pour y attendre la mort.
Enregistrement :

Eve Queler — 1976
Format : 2 CD (Sony Classical, remasterisé — initialement paru en 1977 sur 3 disques Columbia/CBS)
Label : Sony Classical
Année d’enregistrement : enregistré en public au Carnegie Hall, New York, le 14 mars 1976.
Distribution :
- Gemma : Montserrat Caballé, soprano
- Comte de Vergy : Louis Quilico, baryton
- Ida di Greville : Natalya Chudy, mezzo-soprano
- Tamas : Luis Lima, ténor
- Guido : Paul Plishka, basse
Direction : Eve Queler
Orchestre : Opera Orchestra of New York
Chœur : Schola Cantorum (chef de chœur : Hugh Ross)
Langue : Italien
Particularité :
Présentée à sa sortie comme le premier enregistrement mondial de l’œuvre, cette captation publique du Carnegie Hall documente l’un des grands concerts new-yorkais organisés par Eve Queler et son Opera Orchestra of New York pour ressusciter le répertoire donizettien oublié. Montserrat Caballé y déploie un legato somptueux et une autorité dramatique qui contribuèrent, avec la reprise napolitaine de 1975, à relancer l’intérêt pour cette partition disparue du répertoire depuis près d’un siècle ; elle est entourée d’une distribution solide emmenée par Luis Lima en Tamas fiévreux, Louis Quilico en Comte impitoyable et la basse Paul Plishka en Guido.

Armando Gatto — 1976
Format : 2 CD
Label : Rodolphe Productions / INA (Institut National de l’Audiovisuel)
Référence : RPC 32499/500
Année d’enregistrement : enregistré en public à la Salle Pleyel, Paris, le 20 avril 1976 (captation de l’Institut National de l’Audiovisuel, éditée sur disque par Rodolphe Productions en 1987).
Distribution :
- Gemma : Montserrat Caballé, soprano
- Comte de Vergy : Vicente Sardinero, baryton
- Ida di Greville : Anna Ringart, mezzo-soprano
- Tamas : Luis Lima, ténor
- Guido : Juan Pons, baryton-basse
- Rolando : François Loup, basse
Direction : Armando Gatto
Orchestre : Nouvel Orchestre Philharmonique
Chœur : Chœurs de Radio France (chef de chœur : Jean-Paul Kreder)
Langue : Italien
Particularité :
Issu des archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, ce document capte, un mois à peine après le concert de Carnegie Hall, une nouvelle incarnation parisienne de Gemma par Montserrat Caballé, alors au cœur de la redécouverte de l’ouvrage qu’elle avait elle-même contribué à remettre à l’honneur dès 1975 à Naples. La distribution réunit une pléiade de chanteurs actifs sur la scène française et internationale des années 1970, avec un jeune Juan Pons et un Luis Lima déjà rodé au rôle de Tamas quelques semaines après son passage new-yorkais.
Postérité :
Très admirée de son vivant au point de connaître une diffusion européenne et transatlantique rapide, Gemma di Vergy sombra pourtant dans un oubli quasi total au tournant du vingtième siècle, victime comme tant d’ouvrages du bel canto sérieux du désintérêt pour le répertoire romantique italien antérieur à Verdi. C’est Montserrat Caballé qui, en la faisant reprendre à Naples en 1975 puis en la chantant à Carnegie Hall et à Paris l’année suivante, lui rendit une existence discographique et concertante qui ne s’est plus démentie depuis, bien que le rôle-titre, d’une exigence vocale extrême, continue de n’être abordé que par une poignée de sopranos dramatiques.

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