Format :
- Genre Melodramma giocoso en un acte.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Domenico Gilardoni, d’après le livret français de Jean-Nicolas Bouilly et Emmanuel Mercier-Dupaty pour l’opéra-comique Françoise de Foix d’Henri Montan Berton (1809)
- Langue : Italien
Création :
30 mai 1831, Teatro San Carlo, Naples.
Composé pour le jour du nom du jeune roi Ferdinando II, cet opéra de circonstance fut créé dans le plus grand théâtre royal de Naples, un cadre disproportionné pour une pièce aussi légère et intimiste : la critique du Giornale del Regno delle Due Sicilie jugea l’ouvrage « trop petit pour le Teatro San Carlo ». Après deux représentations, il fut transféré au Fondo, salle plus intime où il fut mieux accueilli, avant d’y être néanmoins abandonné après un total de sept représentations seulement. Le climat moral rigoriste instauré à la cour par la future reine Maria Cristina de Savoie, dont le mariage avec Ferdinando II était prévu l’année suivante, n’était sans doute pas non plus favorable à ce sujet grivois mettant en scène un mari jaloux et une ruse de cour.
Livret :
Domenico Gilardoni, l’un des librettistes les plus expérimentateurs de Donizetti, tire son sujet d’un opéra-comique français en trois actes, Françoise de Foix, sur une musique d’Henri Montan Berton et un livret de Bouilly et Dupaty (1809), lui-même inspiré de la vie de Françoise de Foix, favorite de François Ier. Donizetti qualifie lui-même sa partition, sur la page de titre de son autographe, de « melodramma giocoso », soit un « mélodrame comique » : le sujet, une leçon adressée aux maris jaloux qui, à force de vouloir soustraire leur épouse aux regards, s’exposent au ridicule, tranche par son ironie mordante et sa légèreté avec les grands opere serie que Donizetti commence alors à composer (Anna Bolena avait triomphé cinq mois plus tôt). Le roi François Ier, loin d’être un tyran, y est dépeint avec une bienveillance et un libertinage débonnaire assez inattendus.
Intrigue :
- Acte unique : Près du palais du Louvre, le Duc et le page Edmondo attendent l’arrivée de Francesca, comtesse de Foix et cousine d’Edmondo, que son mari le Comte, dévoré de jalousie, tient recluse loin du monde en la faisant passer pour laide et difforme. Le Roi, complice du stratagème, a fait dérober l’anneau du Comte pendant son sommeil pour faire mander la comtesse à la cour sous couvert d’un ordre de son époux. Francesca, ravie de sa liberté nouvelle mais piquée d’apprendre les propos peu flatteurs tenus sur elle par son mari, se prête au jeu : présentée au Comte sous un voile, comme une inconnue, la « baronne de Linsberg », elle échappe à ses soupçons. À la cour, le Roi s’amuse à la présenter au Comte, qui se tord d’angoisse sans oser la reconnaître pour sienne. Un tournoi est organisé, dont Francesca doit remettre l’épée au vainqueur : c’est le Roi lui-même qui triomphe, et qui feint de vouloir l’unir au Duc pour pousser le Comte à bout. Ce dernier, ne pouvant plus se contenir, est contraint d’avouer publiquement que la dame n’est autre que sa propre épouse. Le Page révèle enfin le mystère de l’anneau dupliqué, et l’opéra s’achève sur l’espoir que le Comte, guéri de sa jalousie, apprenne désormais à mieux respecter et honorer les femmes.
Enregistrement :

Antonello Allemandi — 2004
Format : 1 CD
Label : Opera Rara
Référence : ORC28
Année d’enregistrement : mars 2004, Henry Wood Hall, Londres.
Distribution :
- Il Re : Pietro Spagnoli, baryton
- Il Conte : Alfonso Antoniozzi, baryton-basse
- La Contessa (Francesca di Foix) : Annick Massis, soprano
- Il Duca : Bruce Ford, ténor
- Il Paggio (Edmondo) : Jennifer Larmore, mezzo-soprano
Direction : Antonello Allemandi
Orchestre : London Philharmonic Orchestra
Chœur : Geoffrey Mitchell Choir
Langue : Italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de cette rareté donizettienne, réalisé par Opera Rara avec le soutien de la Peter Moores Foundation, à partir d’une édition établie par Patric Schmid et Robert Roberts d’après le manuscrit autographe de Donizetti conservé au Conservatoire San Pietro a Majella de Naples. Annick Massis y déploie une coloratura brillante et agile qui a été saluée comme l’une des grandes réussites du disque, tandis que Bruce Ford campe un Duca d’une élégance racée et que Jennifer Larmore confirme sa maîtrise du style belcantiste dans le rôle travesti du Page. Antonello Allemandi tire du London Philharmonic Orchestra une lecture vive et pétillante, fidèle à l’esprit de comédie légère voulu par Donizetti.
Postérité :
Francesca di Foix ne connut qu’un accueil confidentiel et un total de sept représentations lors de sa création, avant de disparaître rapidement de l’affiche et de rester l’une des pages les plus méconnues du catalogue de Donizetti. Le compositeur devait néanmoins continuer à en apprécier la matière musicale : il puisa abondamment dans sa partition pour nourrir plusieurs de ses opéras suivants, notamment Ugo, conte di Parigi, L’elisir d’amore et Gabriella di Vergy, un recyclage qui atteste, plus qu’il ne dément, la valeur qu’il accordait à cette musique. Il fallut attendre les recherches musicologiques de Jeremy Commons et l’intégrale discographique gravée par Opera Rara en 2004 pour que l’œuvre retrouve une existence sonore pérenne et puisse enfin être appréciée pour son esprit et sa verve satirique.

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