Format :
- Opera seria (melodramma serio) en trois actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : Felice Romani
- Langue : italien
Création :
Composée en 1838 pour le Teatro San Carlo de Naples, l’œuvre fut interdite par la censure napolitaine avant toute répétition et ne fut jamais représentée du vivant de Donizetti, qui quitta peu après l’Italie pour Paris. La partition, dispersée entre plusieurs fonds d’archives, demeura ensuite inconnue pendant environ cent quatre-vingt-cinq ans. Première mondiale (posthume), en version de concert semi-scénique : 14 mai 2023, Konzerthaus, Berlin, par le Chor und Orchester der Berliner Operngruppe sous la direction de Felix Krieger, dans l’édition critique établie par la musicologue Eleonora Di Cintio (Casa Ricordi), avec Lidia Fridman (Dalinda) et Luciano Ganci (Ildemaro). La première représentation scénique intégrale suivit en septembre 2024 au Baxter Theatre du Cap (Afrique du Sud), par l’Opera UCT sous la direction de Jeremy Silver.
Livret :
Felice Romani remanie son propre livret de Lucrezia Borgia (1833, d’après le drame de Victor Hugo), en transposant l’action de la Ferrare renaissante à une forteresse ismaélienne de Perse à l’époque des croisades, afin de contourner la censure napolitaine qui avait déjà valu de vives difficultés à Lucrezia Borgia elle-même. Le censeur napolitain Francesco Ruffa jugea ce nouvel argument, fondé lui aussi sur un empoisonnement collectif, tout aussi contraire aux bonnes mœurs, et en interdit la représentation.
Intrigue :
- Antécédents : Dalinda, fille du chef d’une secte ismaélienne établie dans la forteresse d’Alamut, a eu dans sa jeunesse, d’une liaison avec un chevalier chrétien, un fils, Ildemaro, élevé loin d’elle sans connaître l’identité de sa mère. Devenue l’épouse du prince persan Acmet, elle dissimule ce passé.
- Acte I : Pendant une trêve des croisades, une ambassade de jeunes chevaliers francs se rend à Alamut : parmi eux se trouve Ildemaro, entouré de ses compagnons Ugo d’Asti, Ridolfo, Ubaldo, Guglielmo et Garniero. Dalinda reconnaît en secret son fils ; les jeunes chevaliers, ignorant tout de son identité, tiennent sur elle des propos outrageants qu’elle surprend. Acmet, déjà rongé de jalousie en la voyant témoigner un trouble intérêt au jeune étranger, jure de se venger de l’affront.
- Acte II : Pour venger l’insulte faite à Dalinda, les chevaliers responsables sont conviés à un banquet où on leur fait boire un vin empoisonné. Dalinda apprend alors que son propre fils se trouve parmi les convives condamnés et tente désespérément d’obtenir sa grâce.
- Acte III : Dalinda ne peut sauver Ildemaro qu’au prix de la révélation publique de son identité de mère et de son passé ; le jeune homme meurt néanmoins du poison sous ses yeux, et Dalinda, déshonorée aux yeux de tous, est conduite au supplice de la lapidation.
Enregistrement(s) :

Felix Krieger — 2023
Format : enregistrement public de la représentation de la première mondiale, version de concert semi-scénique, intégrale, coffret 2 CD. Enregistrement du premier mondial (« World Premiere Recording »).
Label : OehmsClassics.
Référence : OC 989.
Année d’enregistrement : 14 mai 2023, en public, Konzerthaus, Berlin. Édition discographique parue en 2024.
Distribution :
- Dalinda : Lidia Fridman, soprano
- Ildemaro : Luciano Ganci, ténor
- Acmet : Paolo Bordogna, baryton-basse
- Ugo d’Asti : Yajie Zhang, mezzo-soprano (rôle travesti)
- Corboga : David Oštrek, baryton-basse
- Elmelik : Andrés Moreno García, ténor
- Garniero : Kangyoon Shine Lee
- Ridolfo : Egor Sergeev, baryton
- Ubaldo : Kento Uchiyama, baryton-basse
- Guglielmo : Fermin Basterra
Direction : Felix Krieger.
Orchestre et chœur : Chor und Orchester der Berliner Operngruppe.
Langue : italien
Particularité :
Ce coffret constitue l’enregistrement mondial d’une œuvre restée totalement silencieuse pendant cent quatre-vingt-cinq ans, capté en public lors du concert même de sa résurrection à Berlin, dans l’édition critique reconstituée par la musicologue Eleonora Di Cintio à partir de matériel d’exécution dispersé entre les fonds de Bergame, Naples et Paris. Loin d’être une simple curiosité d’archives, la partition retravaille avec une belle continuité dramatique les situations les plus fortes de Lucrezia Borgia, déplacées de la Ferrare des Borgia à un Orient de croisade peuplé de chevaliers francs et de seigneurs ismaéliens.
Postérité :
Restée inconnue de son vivant et pendant près de deux siècles après sa mort, Dalinda n’a commencé son existence publique qu’avec cette résurrection discographique berlinoise de 2023, suivie l’année suivante par sa première représentation scénique intégrale au Cap, en Afrique du Sud (Baxter Theatre, septembre 2024, Opera UCT, direction Jeremy Silver). L’ouvrage entame ainsi tout juste, près de deux cents ans après sa composition, un parcours discographique et scénique qui reste à écrire.

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