Note personnelle : ,

Donizetti, Gaetano — Belisario (1836)

Format :

  • Tragedia lirica en trois parties.
  • Musique : Gaetano Donizetti
  • Livret : Salvadore Cammarano
  • Langue : italien

Création :

4 février 1836, Teatro La Fenice, Venise.
La création réunissait Carolina Ungher (Antonina), Antonietta Vial (Irene), Celestino Salvatori (Belisario), Saverio Giorgi (Giustiniano) et Ignazio Pasini (Alamiro). L’ouvrage, premier grand livret de Salvadore Cammarano pour Donizetti, remporta un triomphe : le compositeur fut raccompagné chez lui en cortège par le public enthousiaste, et l’opéra connut dix-huit représentations dès sa première saison.

Livret :

Le livret de Salvadore Cammarano, à ses débuts de librettiste, s’inspire d’une tradition théâtrale remontant au roman de Jean-François Marmontel Bélisaire (1767), porté à la scène dramatique allemande par Eduard von Schenk (Munich, 1820) puis adapté pour les théâtres italiens par l’acteur Luigi Marchionni (Naples, 1826).

Intrigue :

  • Parte prima : Il Trionfo (Le Triomphe) : De retour victorieux de sa campagne contre les Goths, le général byzantin Belisario est haï en secret par son épouse Antonina, convaincue qu’il a fait tuer leur fils nouveau-né Alessio à la suite d’un songe prophétique — en réalité, l’esclave Proclo, chargé du crime, a épargné l’enfant et l’a abandonné. Parmi les prisonniers ramenés du combat se trouve le jeune Alamiro, que Belisario, ignorant tout de son origine, adopte comme un fils. Le ministre Eutropio accuse publiquement Belisario de conspiration contre l’empereur Giustiniano en produisant de faux documents ; appelée à témoigner, Antonina confirme l’accusation et pousse son époux à avouer, par nécessité prophétique selon elle, la mort de leur fils. Belisario est arrêté.
  • Parte seconda : L’esilio (L’Exil) : Convaincu de trahison, Belisario a été aveuglé et condamné à l’exil. Sa fille Irene, déguisée en jeune homme, choisit de l’accompagner et de le guider sur les routes de l’exil.
  • Parte terza : La morte (La Mort) : Dans les montagnes, Belisario et Irene croisent les troupes barbares conduites par Ottario, parmi lesquelles se trouve Alamiro. Belisario révèle son identité et organise malgré sa cécité la défense byzantine ; Irene reconnaît en Alamiro son frère Alessio, et Ottario le libère de son allégeance ennemie. Bien que mortellement blessé en repoussant les barbares, Belisario voit Antonina, rongée par le remords, confesser son faux témoignage à l’empereur avant qu’il ne meure.

Enregistrement(s) :

Riccardo Frizza — 2020

Format : enregistrement public, intégrale, coffret 2 CD. Sur l’édition critique d’Ottavio Sbragia (2020).
Label : Dynamic (en coproduction avec la Fondazione Teatro Donizetti).
Référence : CDS7907.02.
Année d’enregistrement : 21 novembre 2020, Teatro Donizetti, Bergame (Festival Donizetti Opera), donné sans public en raison de la pandémie de Covid-19.
Distribution :

  • Giustiniano : Simon Lim, basse
  • Belisario : Roberto Frontali, baryton
  • Antonina : Carmela Remigio, soprano
  • Irene : Annalisa Stroppa, mezzo-soprano
  • Alamiro : Celso Albelo, ténor
  • Eudora : Anaïs Mejias, mezzo-soprano
  • Eutropio : Klodjan Kacani, ténor
  • Eusebio : Stefano Gentili, basse
  • Ottario : Matteo Castrignano, basse
  • Un centurione : Piermarco Viñas Mazzoleni, ténor

Direction : Riccardo Frizza.
Orchestre et chœur : Orchestre et chœur du Festival Donizetti Opera (chef de chœur : Fabio Tartari).
Langue : italien

Particularité :

Captée à Bergame lors de l’édition 2020 du Festival Donizetti Opera, cette représentation fut donnée sans public en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, dans une nouvelle édition critique établie par Ottavio Sbragia. Roberto Frontali y campe un Belisario d’une grande stature dramatique face à la Antonina intense de Carmela Remigio, tandis que Celso Albelo prête à Alamiro l’aisance et l’éclat belcantiste requis par le rôle ; Riccardo Frizza dirige avec rigueur une partition qui compte parmi les réussites les plus abouties du Donizetti « sérieux » des années 1830.

Postérité :

Triomphe absolu à sa création — dix-huit représentations dès la première saison et un compositeur porté en triomphe par le public vénitien —, Belisario disparut néanmoins assez rapidement des scènes, son intrigue jugée par la suite trop touffue face à la construction plus resserrée de Lucia di Lammermoor, composée la même année. L’ouvrage connut une résurrection marquante à la Fenice en 1969 avec Leyla Gencer, avant d’être repris dans le cadre de l’entreprise systématique de redécouverte du catalogue donizettien menée par le Festival Donizetti Opera de Bergame, dont est issu cet enregistrement.

 

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