Format :
- Dramma per musica en deux actes.
- Musique : Gaetano Donizetti
- Livret : anonyme (signé des seules initiales « M. A. »)
- Langue : italien
Création :
7 janvier 1826, Teatro Carolino, Palerme.
Composé alors que Donizetti dirigeait la saison lyrique du Teatro Carolino, l’ouvrage rencontra un succès critique et public à sa création. La partition autographe fut cependant perdue par la suite ; une copie n’en fut retrouvée qu’au XXe siècle (Boston, puis Palerme), permettant la redécouverte moderne de l’œuvre. Donizetti réutilisa par ailleurs plusieurs pages de sa musique dans des opéras ultérieurs.
Livret :
Le livret, d’auteur resté incertain, s’inspire du roman Gonzalve de Cordoue, ou Grenade reconquise de Jean-Pierre Claris de Florian (1791), qui avait déjà nourri plusieurs livrets sur le thème de la Reconquista et des luttes entre les clans maures de Grenade, Zégris et Abencérages.
Intrigue :
- Acte I : De retour à Grenade, Alahor entend venger le meurtre de son père, jadis assassiné par Aly, aujourd’hui disparu. Il découvre que sa sœur Zobeida est promise à Muley-Hassem, le nouveau roi issu du clan rival des Zégris. Partagée entre le devoir filial et un amour naissant pour Hassem, Zobeida hésite d’abord à accepter cette union. Alahor, aveuglé par la haine, s’allie au vindicatif Alamar pour préparer l’assassinat du roi.
- Acte II : Averti du complot par Ismaele, Hassem confronte Alahor sous un déguisement. La magnanimité et la vertu du roi finissent par ébranler la détermination du conspirateur, qui renonce à son projet. Hassem pardonne à Alahor, réunit le frère et la sœur, et prend Zobeida pour épouse, tandis que la rébellion d’Alamar est matée et son instigateur emprisonné.
Enregistrement(s) :

Josep Pons — 1998
Format : enregistrement public, intégrale. Première mondiale au disque.
Label : Almaviva — Centro de Documentación Musical de Andalucía (collection « Documentos Sonoros del Patrimonio Musical de Andalucía »).
Référence : DS-0125.
Année d’enregistrement : 22 au 28 octobre 1998, Teatro de la Maestranza, Séville.
Distribution :
- Alahor : Simone Alaimo, baryton
- Zobeida : Patrizia Pace, soprano
- Muley-Hassem : Vivica Genaux, contralto (rôle travesti)
- Sulima : Soraya Chaves, mezzo-soprano
- Alamar : Juan Diego Flórez, ténor
- Ismaele : Rubén Amoretti, ténor
Direction : Josep Pons.
Orchestre : Orquesta Ciudad de Granada.
Chœur : Coro del Teatro de la Maestranza.
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de cet ouvrage, capté lors des représentations scéniques données au Teatro de la Maestranza en octobre 1998 — production qui marqua également la résurrection scénique moderne de l’opéra. Josep Pons y dirige avec engagement une distribution alors en plein essor : Simone Alaimo campe un Alahor autoritaire, Patrizia Pace prête à Zobeida un timbre clair et mobile, Vivica Genaux se distingue dans le rôle travesti de Muley-Hassem, et le jeune Juan Diego Flórez, encore au début de sa carrière, y impose déjà une vélocité et une aisance dans l’aigu qui annoncent sa future notoriété.
Postérité :
Éclipsé par les grands succès ultérieurs de Donizetti, Alahor in Granata disparut du répertoire après sa création et faillit être perdu : la partition autographe s’égara, et ce n’est qu’au XXe siècle qu’une copie en fut retrouvée, à Boston puis à Palerme, permettant d’en reconstituer le matériel d’exécution. Il fallut attendre 1998 et l’initiative du Centro de Documentación Musical de Andalucía pour que l’ouvrage retrouve la scène, à Séville, puis le disque, avec cette distribution qui allait révéler au grand public deux artistes majeurs du chant belcantiste, Vivica Genaux et Juan Diego Flórez.

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