Format :
- Zarzuela en deux « jornadas » (actes).
- Musique : José de Nebra
- Livret : Antonio de Zamora
- Langue : espagnol
Création :
28 novembre 1743, au Teatro de la Cruz de Madrid.
Le texte d’Antonio de Zamora (v. 1665-1728) avait vraisemblablement été écrit plusieurs décennies plus tôt, au tout début du XVIIIe siècle ; la partition de Nebra qui nous est parvenue correspond à cette production madrilène de 1743. L’œuvre connut une reprise en 1752, pour laquelle plusieurs airs furent remplacés par des compositions nouvelles du musicien italien Antonio Corvi Moroti, alors professeur de chant à la chapelle royale de Madrid.
Livret :
Antonio de Zamora, l’un des dramaturges madrilènes les plus actifs de la génération suivant immédiatement celle de Calderón de la Barca, dont son théâtre garde plusieurs échos, imagine un cadre mythologique champêtre : dans une Arcadie hors saison, trois travailleuses ouvrent le spectacle en racontant une légende amoureuse qui va ensuite se dérouler sous les yeux du spectateur. Autour de l’intrigue principale, mettant aux prises le dieu du vent Céfiro et la nymphe Liríope, se greffent une intrigue secondaire sentimentale et le traditionnel contrepoint comique confié aux serviteurs de la pièce.
Intrigue :
- Acte I : Dans une Arcadie désertée hors saison, trois travailleuses relatent en préambule la légende qui va suivre. Céfiro, dieu du vent, consumé de fureur amoureuse, incendie le temple d’Amour et se met à la poursuite de la nymphe Liríope, vouée au culte de ce dieu, qui refuse obstinément ses avances. Amour, outragé par la profanation de son temple et par l’insolence de Céfiro, jure de se venger de l’un et de l’autre.
- Acte II : Amour s’apprête à châtier sévèrement les deux amants lorsqu’un oracle lui révèle qu’à l’union de Céfiro et Liríope naîtra un fils, Narciso, dont le destin tragique — tomber amoureux de son propre reflet — suffira à venger toute offense reçue. Amour, apaisé par cette prophétie, consent finalement à leur union. En parallèle se noue une intrigue secondaire, où le comte étranger Antenor aime en vain la nymphe Fedra, elle-même éprise de Céfiro sans retour ; les serviteurs Marsias et Delfa vivent de leur côté leurs propres amours burlesques, offrant le contrepoint comique traditionnel du genre.
Enregistrement(s) :

Christophe Coin — 1996
Format : 2 CD
Label : Auvidis Valois
Référence : Auvidis Valois V4752
Année d’enregistrement : enregistré à Ségovie en 1995 ; publié en 1996, avec le soutien de la Fundación Caja de Madrid, dans la collection « Zarzuela barroca ».
Distribution :
- Amor : Raquel Pierotti, mezzo-soprano
- Liríope : Marta Almajano, soprano
- Céfiro : Maite Arruabarrena, soprano
- Marsias : María del Mar Doval, soprano
- Delfa : Pilar Jurado, soprano
Direction : Christophe Coin
Orchestre et chœur : Ensemble Baroque de Limoges, Coro Capilla Peñaflorida
Langue : espagnol
Particularité :
Cet enregistrement, l’un des tout premiers consacrés au théâtre lyrique de Nebra à l’ère du disque, se concentre sur l’intrigue mythologique principale et son contrepoint comique (Céfiro, Liríope, Amor, Marsias et Delfa), laissant de côté l’intrigue secondaire de Fedra et Antenor présente dans le livret complet de Zamora. Il s’inscrit dans la collection « Zarzuela barroca » soutenue par la Fundación Caja de Madrid, dont l’ambition était de faire connaître au disque les grandes zarzuelas espagnoles du XVIIIe siècle restées dans l’ombre du répertoire lyrique international.
Postérité :
Viento es la dicha de amor compte, avec Vendado es Amor, no es ciego et Donde hay violencia, no hay culpa, parmi les zarzuelas mythologiques les mieux conservées de la maturité de Nebra, illustrant la synthèse propre au compositeur entre veine sérieuse et intermèdes comiques, tradition espagnole héritée de Calderón et goût italien montant à la cour madrilène du milieu du XVIIIe siècle. Sa reprise avec substitution d’airs en 1752 témoigne de la popularité durable de l’ouvrage sur les scènes madrilènes. Sa résurrection discographique par Christophe Coin et l’Ensemble Baroque de Limoges en 1996 compte parmi les jalons précoces du mouvement de redécouverte du répertoire scénique espagnol du Siècle des lumières, qui allait se poursuivre dans les décennies suivantes avec les travaux d’ensembles tels que Los Elementos.

Laisser un commentaire