Format :
- Dramma armónica (fiesta teatral) en un acte, précédé à l’origine d’une loa (prologue allégorique) aujourd’hui perdue ; seul le premier acte, dû à Nebra, a survécu d’une œuvre à l’origine plus vaste.
- Musique : José de Nebra (les parties composées à l’origine par Giacomo Facco et Felipe Falconi sont perdues)
- Livret : José de Cañizares
- Langue : espagnol
Création :
18 janvier 1728, au palais des comtes de Redondo, résidence de l’ambassadeur d’Espagne à Lisbonne, à l’occasion des fiançailles du prince des Asturies (futur Ferdinand VI d’Espagne) avec l’infante Marie-Barbara de Bragance — union scellée l’année suivante par le double mariage hispano-portugais de 1729, qui unit également le futur roi Joseph Ier de Portugal à l’infante Marie-Anne-Victoire d’Espagne.
Il s’agit de la plus ancienne œuvre scénique conservée, même partiellement, sous le nom de José de Nebra, alors tout juste âgé de vingt-six ans. Trois compositeurs se partagèrent à l’origine l’écriture de l’ouvrage : l’Italien Giacomo Facco, le Portugais (ou Italien) Felipe Falconi, et Nebra lui-même, dont seule la contribution a traversé les siècles.
Livret :
José de Cañizares reprend l’épisode légendaire raconté par Tite-Live (Ab urbe condita, Livre II) de la défense héroïque de Rome par Horace Coclès face au siège du roi étrusque Porsenna, et de l’évasion à la nage à travers le Tibre de la jeune otage Clélie. Ce sujet antique, traditionnellement lu comme un exemple de vertu et de courage patriotiques, sert ici de miroir allégorique aux qualités de courage et de fidélité conjugale prêtées au jeune prince Ferdinand à l’adresse de sa future épouse portugaise. La loa liminaire, aujourd’hui perdue, célébrait quant à elle plus directement la future princesse à travers des figures allégoriques telles que l’Ibérie, la Lusitanie ou la Fortune.
Intrigue :
- Acte unique : Rome est assiégée par le roi étrusque Porsena, venu rétablir sur le trône le dernier roi de Rome chassé par la jeune République. Le général romain Horacio défend seul l’accès au pont sur le Tibre, permettant aux siens de le détruire derrière lui et d’empêcher l’ennemi de pénétrer dans la ville. Parmi les otages livrés à Porsena se trouve la jeune Clelia, qui parvient à s’échapper du camp étrusque en traversant le fleuve à la nage. Frappé par tant de courage et de vertu du côté romain, Porsena finit par renoncer au siège et conclut la paix avec Rome. Autour de ces figures historiques se nouent les amours contrariées puis résolues des personnages de Livio, Porcia et Calfurnia, tandis que le personnage de Mimo apporte les intermèdes comiques traditionnels de ce type de spectacle de cour.
Enregistrement(s) :

Luis Antonio González — 2009
Format : 1 CD (79 min 31 s)
Label : Alpha
Référence : Alpha 171
Année d’enregistrement : 2009 (copyright phonographique 2009 Alpha/Sesquialtera S.L. ; © 2010 Alpha).
Distribution :
- Horacio : Olalla Alemán
- Clelia : María Eugenia Boix
- Porsena : Marta Infante
- Livio : Agnieszka Grzywacz
- Porcia : Soledad Cardoso
- Calfurnia : Ana María Otxoa
- Mimo : José Pizarro
Direction : Luis Antonio González
Orchestre : Los Músicos de Su Alteza, sur instruments d’époque
Langue : espagnol
Particularité :
Premier enregistrement mondial de cette œuvre, la plus ancienne partition scénique conservée sous le nom de Nebra, à partir d’une nouvelle édition critique établie en 2011. Le projet, soutenu notamment par la Fundación Orange, l’Université Laval et le Gouvernement d’Aragon, a été salué pour son rigueur musicologique et sa fidélité aux sources d’origine plutôt qu’à une reconstruction éditoriale hypothétique.
Postérité :
Longtemps restée dans l’ombre des grandes zarzuelas plus tardives de Nebra, Amor aumenta el valor occupe une place particulière dans son catalogue : composée à seulement vingt-six ans pour une occasion politique de premier plan, elle marque l’entrée du jeune compositeur dans la sphère de la musique de cour aux côtés de musiciens italiens réputés, à un moment où le goût de la cour des Bourbons d’Espagne se tournait de plus en plus vers l’opéra italien au détriment de la tradition de la zarzuela espagnole. Sa redécouverte s’inscrit dans le mouvement plus large de revalorisation de l’œuvre scénique de Nebra et du répertoire lyrique de la cour ibérique du XVIIIe siècle.

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