Format :
- Scherzo pastorale (serenata) en deux parties.
- Musique : Francisco António de Almeida
- Livret : poète resté anonyme
- Langue : italien
Création :
27 décembre 1729, au palais de Ribeira, à Lisbonne, pour célébrer la fête du saint patron du roi Jean V de Portugal.
Envoyé étudier à Rome comme boursier royal de 1722 à 1726, Francisco António de Almeida y assimile le style italien avant de revenir à Lisbonne, où il devient organiste de la Chapelle royale et patriarcale. Il compose alors pour la cour, très italianisante sous le règne de Jean V, une série d’opéras et de serenatas, spectacles privés de cour à mi-chemin entre la cantate et l’opéra. Il Trionfo d’Amore est écrit peu après son retour de Rome, dans la même veine que son Trionfo della Virtù de l’année précédente (1728).
Livret :
Le texte, dû à un poète de cour resté anonyme, développe une intrigue pastorale et mythologique à l’action volontairement simple, typique du genre de la serenata : plutôt qu’un drame complexe, il s’agit d’une suite d’épisodes lyriques (récitatifs, airs, duos et chœurs, encadrés par une introduction instrumentale) célébrant le triomphe de l’amour sincère sur les desseins divins et le pouvoir terrestre.
Intrigue :
- Partie I : Éperdument amoureux de la bergère Nerina, le berger Arsindo se travestit en femme pour pénétrer dans le temple, bravant la loi sacrée qui en interdit l’accès aux hommes. Son sacrilège découvert, il est condamné à mort par le grand prêtre Mirenio. Nerina, bouleversée, s’offre en sacrifice pour le sauver, sous le regard impuissant de Giano, père de Nerina, et de la prêtresse Termosia, elle-même éprise du noble Adraste.
- Partie II : Au moment de l’exécution d’Arsindo, une révélation divine dévoile qu’il porte une marque céleste faisant de lui l’élu de la déesse Calypso. Gracié, il peut enfin épouser Nerina, tandis que Termosia trouve à son tour le bonheur auprès d’Adraste : l’œuvre s’achève sur cette double union et un chœur de triomphe.
Enregistrement(s) :

Marcos Magalhães — 2013
Format : 2 CD (1 h 50 min)
Label : Naxos
Référence : 8.573380-81
Année d’enregistrement : 2013.
Distribution :
- Nerina : Ana Quintans, soprano
- Arsindo : Carlos Mena, contre-ténor (rôle initialement écrit pour soprano castrat)
- Termosia : Joana Seara, soprano
- Giano : Cátia Moreso, mezzo-soprano
- Adraste : Fernando Guimarães, ténor
- Mirenio : João Fernandes, basse
Direction : Marcos Magalhães
Orchestre : Os Músicos do Tejo, avec le chœur Voces Caelestes, sur instruments d’époque
Langue : italien
Particularité :
Premier enregistrement mondial de l’œuvre. Il s’inscrit dans l’entreprise menée par Os Músicos do Tejo et Marcos Magalhães pour faire connaître le répertoire de Francisco António de Almeida, aux côtés d’autres redécouvertes comme l’oratorio La Giuditta (1726, retrouvé en 1990) ou l’opéra La pazienza di Socrate (1733), considéré comme le premier opéra en langue italienne créé au Portugal. Parmi les pages les plus remarquées de la partition figure l’air « In queste lacrime ».
Postérité :
Considéré comme l’un des plus grands compositeurs portugais de son temps, Almeida meurt en 1754, un an avant le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 qui détruira une grande partie des archives musicales de la cour. Une large part de son œuvre est ainsi restée longtemps inconnue ou incertaine, et ce n’est qu’à partir de la fin du XXe siècle, avec la redécouverte progressive de ses opéras et serenatas, qu’Almeida a retrouvé la place de tout premier plan qu’il occupait dans la vie musicale de la cour de Jean V. Cet enregistrement d’Il Trionfo d’Amore par Os Músicos do Tejo s’inscrit dans ce mouvement de redécouverte du baroque portugais.

Laisser un commentaire