Note personnelle : ,

David, Félicien — Lalla Roukh (1862)

Format :

  • Opéra-comique en deux actes.
  • Musique : Félicien David
  • Livret : Michel Carré et Hippolyte Lucas, d’après le poème narratif Lalla Rookh (1817) de Thomas Moore
  • Langue : français

Création :

12 mai 1862, à l’Opéra-Comique (salle Favart), Paris, sous la direction d’Édouard Deldevez, en lever de rideau avec Rose et Colas de Monsigny.
Porté par le succès considérable du Désert (1844) puis d’Herculanum (1859), Félicien David atteint avec Lalla Roukh le sommet de sa carrière : l’ouvrage est acclamé dès sa création, atteint une centaine de représentations à l’Opéra-Comique dans l’année qui suit sa création, puis se diffuse dans toute l’Europe où il est traduit en allemand, hongrois, polonais, suédois, italien et russe. Il totalise 376 représentations à Paris jusqu’en 1898, avant de tomber peu à peu dans l’oubli au XXe siècle.

Livret :

Le livret adapte librement le poème narratif Lalla Rookh (1817) de l’Irlandais Thomas Moore, un succès de librairie qui avait déjà inspiré à Robert Schumann l’oratorio Das Paradies und die Peri (1843). Carré et Lucas resserrent l’intrigue autour de la princesse et du ménestrel amoureux, rebaptisé Noureddin (Feramorz chez Moore), et l’inscrivent dans un cadre oriental de fantaisie plutôt qu’historique.

Intrigue :

  • Acte I : Promise en mariage au roi de Boukhara, la princesse Lalla Roukh voyage en caravane à travers le Cachemire, escortée par son chambellan Baskir et sa suivante Mirza. En chemin, elle est charmée par les chants d’un mystérieux ménestrel, Noureddin, qui la suit et lui déclare son amour ; malgré la surveillance de Baskir, la princesse se laisse peu à peu séduire.
  • Acte II : Arrivée au palais d’été du roi de Boukhara, Lalla Roukh, troublée par son amour pour le ménestrel, songe à rompre ses fiançailles. Baskir, qui a favorisé les rencontres secrètes et craint pour sa propre tête, fait arrêter Noureddin et menace de le faire exécuter si la princesse persiste à refuser le roi. Pour sauver le ménestrel, Lalla Roukh se résout à épouser le souverain : celui-ci fait alors son entrée en habits royaux et n’est autre que Noureddin lui-même, qui s’était déguisé en simple chanteur pour s’assurer d’être aimé pour lui-même.

Enregistrement(s) :

Ryan Brown — 2013

Format : 2 CD (1 h 47 min)
Label : Naxos (collection Opera Classics)
Référence : 8.660338-39
Année d’enregistrement : 27-29 janvier 2013, Dekelboum Concert Hall, Clarice Smith Performing Arts Center, University of Maryland, College Park (Maryland, États-Unis).
Distribution :

  • Lalla Roukh : Marianne Fiset, soprano
  • Noureddin : Emiliano Gonzalez Toro, ténor
  • Mirza : Nathalie Paulin, soprano
  • Baskir : Bernard Deletré, baryton-basse
  • Bakbara : David Newman, baryton
  • Kaboul : Andrew Adelsberger, baryton-basse

Direction : Ryan Brown
Orchestre : Opera Lafayette Orchestra et Opera Lafayette Chorus, sur instruments d’époque
Langue : français

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’œuvre complète. Il s’appuie sur une nouvelle édition de la partition, préparée à partir des parties d’orchestre du XIXe siècle conservées à la Bibliothèque de Genève, et fait suite à des représentations scéniques données par Opera Lafayette au Kennedy Center et au Lincoln Center, avec la troupe de danse indienne Kalanidhi Dance (chorégraphie d’Anuradha Nehru).

Postérité :

Triomphe immédiat, Lalla Roukh a été le catalyseur de la vogue de l’opéra « orientaliste » en France dans les décennies suivantes, ouvrant la voie à des œuvres comme Djamileh de Bizet (1872) ou Lakmé de Léo Delibes (1883) ; les musicologues ont également relevé des parentés d’écriture entre certains ensembles comiques de l’opéra et ceux de Carmen. L’air de bravoure de la princesse, « Charmant oiseau », est resté au répertoire de nombreuses sopranos colorature bien après la disparition de l’ouvrage de la scène, enregistré au cours du XXe siècle par des interprètes telles que Luisa Tetrazzini, Emma Calvé, Mado Robin ou Sumi Jo. Progressivement délaissé au XXe siècle, l’opéra n’a retrouvé les scènes et le disque qu’avec cette production d’Opera Lafayette en 2013.

 

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