Note personnelle : ,

Conradi, Johann Georg — Ariadne (1691)

Format :

  • Opéra (Singspiel) en trois actes.
  • Musique : Johann Georg Conradi
  • Livret : Christian Heinrich Postel
  • Langue : Allemand

Création :

1691, Theater am Gänsemarkt, Hambourg (Die schöne und getreue Ariadne). Conradi composa neuf opéras durant ses années hambourgeoises (1690-1694), aux côtés de contemporains tels que Johann Theile, Nicolaus Adam Strungk, Johann Philipp Förtsch et Johann Wolfgang Franck ; seule la partition d’Ariadne nous est parvenue, ce qui en fait la plus ancienne partition d’opéra conservée du célèbre théâtre du Gänsemarkt. Tombée dans l’oubli après sa disparition du répertoire dans les années 1740, la partition fut redécouverte à la Library of Congress par le musicologue américain George Buelow en 1972, après près de 280 ans d’oubli.

Livret :

Christian Heinrich Postel, poète et librettiste majeur de l’opéra hambourgeois, tisse autour du mythe d’Ariane un livret aux multiples intrigues parallèles, mêlant les amours de Phèdre pour Thésée, la honte de Pasiphaé pour le Minotaure qu’elle a enfanté, et la passion du prince Évanthe — en réalité le dieu Bacchus déguisé — pour Ariane. George Buelow décrivait la musique de Conradi comme « un mélange hautement expressif et cosmopolite de styles vénitien, allemand et français », les ouvertures, danses et intermèdes témoignant de l’influence française tandis que airs et récitatifs empruntent à l’esthétique italienne.

Intrigue :

  • Acte I : En Crète, le roi Minos et la reine Pasiphaé projettent de marier leur fille Ariane au prince Évanthe, qui n’est autre que le dieu Bacchus sous un déguisement mortel. Mais Ariane n’a d’yeux que pour le prince athénien Thésée, venu affronter le Minotaure enfermé dans le labyrinthe, accompagné de ses compagnons Pirithoüs et Pamphilius. Éprise, Ariane décide de l’aider dans son entreprise.
  • Acte II : Ariane remet à Thésée le fil qui lui permettra de retrouver son chemin dans le labyrinthe. Thésée triomphe du Minotaure et, grâce au fil d’Ariane, s’échappe du dédale avec ses compagnons. Mais pour lui, Ariane n’aura été qu’un moyen parvenir à ses fins : sa sœur Phèdre, également éprise de Thésée, capte peu à peu l’attention du héros.
  • Acte III : Thésée abandonne Ariane pour lui préférer Phèdre. Livrée au désespoir, Ariane voit alors le prince Évanthe révéler sa véritable identité divine de Bacchus. Touchée par cette révélation, elle découvre son amour pour le dieu et trouve dans cette union la consolation de ses malheurs. Vénus paraît et bénit le couple, scellant le dénouement heureux de l’ouvrage.

Enregistrement(s) :

Paul O’Dette & Stephen Stubbs — 2004

Format : 3 CD (175’44)
Label : cpo (distribution Naxos)
Référence : cpo 777 073-2
Année d’enregistrement : enregistré au Sendesaal de Radio Bremen du 4 au 8 juillet 2004 ; coproduction Boston Early Music Festival / Westdeutscher Rundfunk Köln / Radio Bremen / cpo ; paru en 2005.
Distribution :

  • Ariane : Karina Gauvin, soprano
  • Phèdre : Barbara Borden, soprano
  • Minos : Marek Rzepka, basse
  • Évanthe & Bacchus : Matthew White, contre-ténor
  • Pasiphaé & Vénus : Ellen Hargis, soprano
  • Thésée : James Taylor, ténor
  • Pirithoüs : Julian Podger, ténor
  • Pamphilius : Jan Kobow, ténor

Direction : Paul O’Dette & Stephen Stubbs
Orchestre et chœur : Boston Early Music Festival Orchestra & Chorus
Langue : Allemand

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’ouvrage, réalisé à la suite de sa recréation scénique par le Boston Early Music Festival en 2003 — première exécution en plus de 250 ans. L’enregistrement fut sélectionné parmi les nommés aux Grammy Awards 2007 dans la catégorie Meilleur enregistrement d’opéra. La critique salue une interprétation « constamment gratifiante » : Karina Gauvin apporte à Ariane « une sonorité vibrante et une grande verve rhétorique », Barbara Borden se distingue par un timbre souple et une diction précise, tandis qu’Ellen Hargis fait valoir « élégance et puissance ». Le BBC Music Magazine (4/5 étoiles) loue la musique « plaisante » de Conradi, le portrait touchant de Thésée par James Taylor et la prestation « splendide » de Marek Rzepka en Minos, saluant une direction stylée de la part d’O’Dette et Stubbs.

Postérité :

Considérée comme perdue pendant près de trois siècles, Ariadne n’a retrouvé le chemin de la scène qu’à partir de sa redécouverte par George Buelow en 1972, puis de sa recréation intégrale par le Boston Early Music Festival en 2003, dont est issu cet enregistrement. L’ouvrage a depuis connu plusieurs nouvelles productions scéniques en Allemagne, notamment à Landshut, Passau et au Hessisches Staatstheater de Wiesbaden en 2023, confirmant l’intérêt renouvelé pour ce témoin unique des débuts de l’opéra hambourgeois.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *