Note personnelle : ,

Colin de Blamont, François — Les Fêtes grecques et romaines (1723)

Format :

  • Ballet héroïque en un prologue et trois entrées.
  • Musique : François Colin de Blamont
  • Livret : Louis Fuzelier
  • Langue : Français

Création :

13 juillet 1723, Académie royale de musique, Paris.
L’ouvrage marque une étape importante dans l’histoire de l’Académie royale de musique : c’est le premier opéra qui y soit représenté à emprunter ses sujets à l’histoire plutôt qu’à la mythologie. L’« Avertissement » de l’édition originale souligne que les opéras français antérieurs puisaient dans les « chroniques d’Amadis, l’Arioste, les Métamorphoses d’Ovide, le Tasse », tandis que ce ballet ouvre « une carrière digne d’engager les poètes du théâtre lyrique » à traiter des sujets historiques. L’œuvre, conçue à l’origine pour le théâtre des Tuileries, remporta un grand succès dès sa création.

Livret :

Louis Fuzelier construit son livret comme une succession de tableaux indépendants réunis par un prologue-cadre : dans le Temple de la Mémoire, Clio, muse de l’Histoire, invite ses élèves à traiter des sujets historiques qu’elle leur propose, plutôt que les fables mythologiques habituelles. Chaque entrée illustre ainsi un épisode de l’Antiquité grecque ou romaine, mêlant intrigue amoureuse et reconstitution de fêtes et cérémonies antiques (jeux, bacchanales, saturnales).

Intrigue :

  • Prologue : Dans le Temple de la Mémoire, Clio, muse de l’Histoire, invite ses élèves à s’inspirer des sujets historiques qu’elle leur propose, inaugurant la démarche novatrice de l’ouvrage.
  • Première entrée – Les Jeux Olympiques : Célébration des Jeux Olympiques. Alcibiade, vainqueur de la course de chars et amant d’Aspasie, en est le héros ; Timée, aimée du roi de Sparte Agis, s’éprend d’Alcibiade, créant un entrelacs amoureux.
  • Deuxième entrée – Les Bacchanales : La rencontre de Marc Antoine et de Cléopâtre, sur fond de réjouissances égyptiennes et de divertissements bachiques.
  • Troisième entrée – Les Saturnales : La fête des Saturnales sert de cadre aux amours de Tibulle et de Délie, nièce de Mécène.

Enregistrement(s) :

Valentin Tournet — 2024

Format : 2 CD
Label : Château de Versailles Spectacles (coll. Opéra français n°25)
Référence : CVS141
Année d’enregistrement : enregistré du 29 novembre au 2 décembre 2023 au Château de Versailles ; paru le 24 mai 2024.
Distribution :

  • Clio, Timée : Hélène Carpentier, soprano
  • Erato, Cléopâtre : Marie-Claude Chappuis, mezzo-soprano
  • Aspasie, Délie : Gwendoline Blondeel, soprano
  • Zélide, Plautine, une Égyptienne, une bergère : Cécile Achille, soprano
  • Apollon, Alcibiade, Marc Antoine : David Witczak, baryton
  • Amintas, un Grec, Éros, Tibulle, un Suivant d’Apollon : Cyrille Dubois, ténor (haute-contre)

Direction : Valentin Tournet
Orchestre et chœur : La Chapelle Harmonique
Langue : Français

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’ouvrage, couronné d’un Diapason d’or. La critique salue la clarté de la diction et l’engagement vocal de l’ensemble de la distribution, en particulier le ténor Cyrille Dubois et le baryton David Witczak, ainsi que la direction équilibrée et sans afféterie de Valentin Tournet, qui met en valeur la clarté de l’ensemble instrumental et choral de La Chapelle Harmonique. Si l’absence de dimension visuelle atténue nécessairement l’impact de certaines scènes de spectacle (combats, danses), les commentateurs relèvent la solidité de la construction dramatique de Fuzelier, la vigueur des marches et la mobilité des chœurs.

Postérité :

Les Fêtes grecques et romaines connurent une carrière exceptionnellement longue à l’Académie royale de musique, avec des reprises en 1733 (chorégraphie de Michel Blondy, débuts de la Camargo et de Dupré), en 1734 (ajout d’une quatrième entrée, La Fête de Diane, et débuts de Pierre Jélyotte), en 1741, en 1753 (Mlle Puvignée en Terpsichore), en 1762 (débuts de Mlle Guimard, Hébert et Durancy dans le rôle de Cléopâtre) et en 1770, dans une révision de Dauvergne et Berton. Deux parodies furent également créées, l’une en 1723 au Théâtre-Italien, l’autre en 1753, reprise ensuite sous le titre La Mascarade. Longtemps éclipsée par des contemporains plus célèbres, l’œuvre a bénéficié d’une redécouverte notable à l’occasion du tricentenaire de sa création, avec ce premier enregistrement mondial par Valentin Tournet.

 

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