Note personnelle : ,

Colin de Blamont, François — Le Retour des Dieux sur la Terre (1725)

Format :

  • Divertissement en un acte.
  • Musique : François Colin de Blamont
  • Livret : Alexandre Tanevot
  • Langue : Français

Création :

5 septembre 1725, château de Fontainebleau, à l’occasion du mariage du jeune roi Louis XV avec Marie Leszczyńska, fille du roi de Pologne déchu Stanislas Leszczyński. Si certaines sources laissent penser que l’ouvrage fut chanté devant les monarques le jour même de leur mariage, il est plus probable qu’il l’ait été le lendemain : le Mercure de France rapporte que « le 6 de ce mois […] vers les sept heures, au retour de la cavalcade et de la pêche, il y eut cercle chez la reine, où l’on entendit un magnifique concert de voix et d’instruments ». L’œuvre fut ensuite redonnée régulièrement dans le cadre des concerts d’appartement, en 1726, 1729, 1730, 1732, 1733, 1738 et jusqu’en 1748, ainsi qu’au Concert Spirituel à Paris entre 1727 et 1729.

Livret :

Le Retour des Dieux sur la Terre est le fruit de la collaboration entre deux amis, Alexandre Tanevot pour le livret et Colin de Blamont pour la musique. Poète et auteur dramatique né à Versailles en 1691, Tanevot fut Premier Commis des finances, Censeur royal et membre de l’Académie de Nancy. L’ouvrage adopte la forme caractéristique du divertissement de cour : un acte bref, découpé en quelques scènes, dont la teneur allégorique et politique est magnifiée par des airs brillants et des chœurs d’apparat célébrant les jeunes époux à travers les figures d’Astrée, de Minerve, d’Apollon et des Génies des arts.

Intrigue :

  • Acte unique : Une agréable symphonie, dont la douce harmonie enchante la Nymphe de la Seine, la persuade du retour tant attendu des dieux sur terre. Astrée confirme que le monde entier est en liesse et, avec la Nymphe et les peuples de bergers, rend hommage au roi par un divertissement champêtre : « qu’il est doux d’habiter cette riche contrée, qu’il est doux d’obéir aux ordres de Louis ! ». Minerve, descendue des cieux avec sa suite au son d’un prélude majestueux, chante alors les louanges du couple royal. Une ritournelle raffinée interrompt leurs chants et leurs danses : Apollon s’avance suivi par les Génies des arts. Ce dieu se réjouit de la renaissance des beaux-arts et fait place à la Musique et à la Poésie ; elles adressent chacune un compliment aux monarques et augurent de leur propre félicité sous le règne de princes si vertueux. Le divertissement s’achève par la descente de l’Amour, au son d’une fanfare, qui s’unit aux autres divinités. Les bergers reprennent leurs chants et leurs danses.

Enregistrement(s) :

Alexis Kossenko — 2024

Format : 2 CD (couplé avec Le Caprice d’Érato)
Label : Château de Versailles Spectacles (coll. Opéra français n°26)
Référence : CVS139
Année d’enregistrement : enregistré au Finlandia-talo (Helsinki) du 20 au 22 novembre 2021 ; paru le 6 septembre 2024.
Distribution :

  • La Nymphe de la Seine, L’Amour : Chantal Santon Jeffery, soprano
  • Astrée, La Musique : Hasnaa Bennani, soprano
  • Minerve : Marine Lafdal-Franc, mezzo-soprano
  • La Poésie, une Bergère : Jehanne Amzal, soprano
  • Un Habitant, un Berger : Clément Debieuvre, ténor (haute-contre)
  • Apollon : David Witczak, baryton

Direction : Alexis Kossenko
Orchestre : Helsinki Baroque Orchestra
Chœur : Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles
Langue : Français

Particularité :

Premier enregistrement mondial de l’ouvrage. La critique salue un Alexis Kossenko qui « semble décidément s’épanouir dans la musique de cour », restituant avec un plaisir sensible tout le faste cérémoniel et l’orchestration colorée de ce divertissement de circonstance, la flûte s’y épanouissant avec subtilité dans l’accompagnement des airs. Chantal Santon Jeffery déploie une belle souplesse vocale, Clément Debieuvre se distingue par la justesse de son timbre et la clarté de sa diction, tandis que l’Helsinki Baroque Orchestra restitue avec vigueur et clarté des pages « entraînantes, affairées et mondaines ».

Postérité :

La postérité du Retour des Dieux sur la Terre ne s’arrête pas au cadre des concerts d’appartement : Colin de Blamont en fait entendre une suite orchestrale pour la fête de la Saint-Louis en 1742 par les Vingt-quatre Violons durant le Souper du roi. Longtemps tombé dans l’oubli après la Révolution française, l’ouvrage a bénéficié d’une redécouverte notable avec ce premier enregistrement mondial par Alexis Kossenko et l’Helsinki Baroque Orchestra, en coproduction avec le Centre de musique baroque de Versailles.

 

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