Format :
- Genre : tragedia lirica (melodramma) en deux actes.
- Musique : Carlo Coccia.
- Livret : Felice Romani, d’après « Henri III et sa cour » d’Alexandre Dumas (1829).
- Langue : italien.
Création :
14 février 1833, Teatro alla Scala, Milan.
Composé alors que Coccia se trouvait en concurrence directe avec Bellini et Donizetti pour l’attention du public milanais, « Caterina di Guisa » remporte un succès triomphal dès sa création, salué par la critique pour « la clarté et la vigueur de son instrumentation » et une musique « qui parle à la pensée, qui émeut l’âme ». Le compositeur y gagne un prestige entièrement personnel, obtenu sans le concours de chanteurs vedettes. L’œuvre appartient à une famille de sujets — une épouse prise au piège de l’infidélité, un mari contraint de haïr son meilleur ami — qui annonce des opéras ultérieurs comme le « Roberto Devereux » et la « Maria di Rohan » de Donizetti. Coccia la retravaille en profondeur pour une reprise au Teatro Carignano de Turin le 15 juin 1836, réorchestrant certaines pages et adaptant les tessitures à la nouvelle distribution — notamment le rôle d’Enrico, initialement écrit pour ténor, abaissé pour une voix de basse, et celui d’Arturo, initialement contralto, remonté pour mezzo-soprano.
Livret :
Felice Romani tire son livret de la pièce « Henri III et sa cour » d’Alexandre Dumas (1829), grand succès du théâtre romantique français tout juste porté à la scène. Il en resserre l’action autour de quatre personnages seulement, sans le moindre rôle secondaire, concentrant le drame sur une passion « irrationnelle, aveugle et égocentrique » qui culmine dans la violence et la mort — une économie dramatique remarquable pour l’opéra italien de cette période.
Intrigue :
À Paris, sous le règne d’Henri III (1578). Caterina, duchesse de Guise, épouse du duc Enrico, attire malgré elle l’amour de San Megrino, favori du roi et rival du duc. Enrico, ayant découvert des indices de cette attirance, tend un piège mortel : il contraint sa femme à attirer San Megrino dans ses appartements. Lorsque celui-ci s’y rend, Caterina, déchirée, le met en garde contre le danger qui le guette. Arturo, cousin dévoué de la duchesse, tente de faire évader San Megrino par une fenêtre, mais les deux hommes sont surpris et tués par les soldats du duc. L’opéra s’achève sur la malédiction que Caterina lance contre son époux.
Enregistrement(s) :

Massimo De Bernart — 1990
Format : enregistrement public (live), captation de la reprise scénique moderne.
Label : Bongiovanni, collection « Novità del Passato ».
Référence : GB 21172-2 (2 CD).
Année d’enregistrement : octobre/novembre 1990, Teatro Gabriello Chiabrera, Savona ; publié en 1992.
Distribution :
- Caterina di Clèves : Carmela Apollonio, soprano
- Enrico, duca di Guisa : Stefano Antonucci, baryton
- Il conte di San Megrino : Mario Leonardi, ténor
- Arturo di Clèves : Nicoletta Ciliento, mezzo-soprano
Direction : Massimo De Bernart.
Orchestre : Orchestra Filarmonica Italiana.
Chœur : Coro Francesco Cilea di Reggio Calabria.
Langue : italien.
Particularité :
Captation de la résurrection moderne de l’œuvre, donnée au Teatro Chiabrera de Savone en 1990 — première reprise scénique connue depuis le XIXe siècle — dans le cadre du même cycle de redécouvertes du répertoire italien oublié qui produisit à la même époque l’enregistrement du « Fanatico Burlato » de Cimarosa. La distribution de la tessiture d’Enrico en voix grave suggère que cette production s’appuie sur la version révisée par Coccia pour Turin en 1836 plutôt que sur la mouture originale de 1833, où le rôle était écrit pour ténor. Seul témoignage discographique connu à ce jour de cette « tragedia lirica » saluée en son temps comme l’un des sommets de la carrière de Coccia, aux côtés de sa Rosa bianca e la rosa rossa et de sa Beatrice di Tenda concurrente.
Postérité :
Triomphe milanais de 1833, « Caterina di Guisa » fut reprise à plusieurs occasions jusqu’en 1842 dans une version substantiellement remaniée par le compositeur lui-même pour Turin en 1836. Elle illustre la veine du mélodrame passionnel et vengeur — l’épouse innocente prise au piège, le mari dévoré par la jalousie — qui allait irriguer une partie du répertoire romantique italien des décennies suivantes, de Donizetti à Verdi. Longtemps négligée après avoir quitté le répertoire courant au cours du XIXe siècle, l’œuvre n’a connu de résurrection moderne qu’en 1990, au Teatro Chiabrera de Savone, dont cet enregistrement demeure l’unique témoignage discographique.

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