Format :
- Dramma giocoso en deux actes.
- Musique : Domenico Cimarosa.
- Livret : Giovanni Bertati, d’après la pièce anglaise The Clandestine Marriage (1766) de George Colman l’Ancien et David Garrick.
- Langue : italien
Création :
7 février 1792, Burgtheater (Hofburgtheater), Vienne, en présence de l’empereur Léopold II.
Cimarosa vient de quitter la Russie en juin 1791, après quatre années au service de Catherine II, déçu par la rigueur des hivers et par la faveur croissante accordée à son rival Martín y Soler. Après une étape à Varsovie, il arrive à Vienne où Léopold II, séduit par sa musique, le nomme maître de chapelle de la cour impériale et lui commande un nouvel opéra : ce sera Il matrimonio segreto, généralement considéré comme son chef-d’œuvre. Le succès de la création est tel que l’empereur, enthousiasmé, fait servir un souper à toute la troupe puis rejouer l’opéra en entier dans ses appartements privés, sans orchestre, Cimarosa accompagnant au clavecin — épisode resté célèbre comme « le plus long bis de l’histoire de l’opéra ». Trois semaines à peine plus tard, Léopold II meurt subitement ; son successeur François II se montre bien moins mélomane, et Cimarosa quitte Vienne en 1793 pour rentrer à Naples.
Livret :
Giovanni Bertati adapte la comédie anglaise The Clandestine Marriage (1766) de George Colman l’Ancien et David Garrick, dont il resserre l’intrigue en un livret d’une efficacité dramatique rare, aux caractères nettement dessinés. Resté aujourd’hui le seul opéra de Cimarosa au répertoire courant, Il matrimonio segreto se répand très vite en Europe puis au-delà : Milan (Scala, 17 février 1793), Barcelone (23 mai 1793), Londres (11 janvier 1794), Lisbonne (6 août 1794), Paris (10 mai 1801), New York (8 janvier 1834), jusqu’au Metropolitan Opera (25 février 1937).
Intrigue :
- Acte I : À Bologne, chez le riche marchand Geronimo. Le jeune Paolino, secrétaire de la maison, a épousé en secret Carolina, l’une des deux filles de Geronimo, et cherche à faire d’abord marier sa sœur aînée Elisetta afin de faciliter l’aveu de sa propre union : il fait donc venir le Conte Robinson pour épouser Elisetta. Mais le comte, à peine arrivé, se découvre attiré par la cadette Carolina, au grand dam d’Elisetta qui se croit trahie et d’une Fidalma, la tante, elle-même pleine d’ambitions matrimoniales.
- Acte II : Paolino se confie à Fidalma, qui lui révèle son propre penchant pour lui, au grand désarroi de Carolina. Pour dénouer la situation, Geronimo se résout à envoyer Carolina au couvent. Dans un finale d’ensemble aussi brillant que trépidant, Paolino et Carolina avouent enfin leur mariage secret, contracté deux mois plus tôt ; Geronimo, d’abord furieux, finit par pardonner lorsque le Conte Robinson et Elisetta plaident la clémence et annoncent à leur tour leurs propres fiançailles.
Enregistrement(s) :

Daniel Barenboim — 1975
Format : 3 CD.
Label : Deutsche Grammophon.
Référence : 437 696-2 (édition originale LP, 1977 : 2740 175).
Année d’enregistrement : septembre 1975, George Watson’s College, Édimbourg, et Henry Wood Hall, Londres.
Distribution :
- Geronimo : Dietrich Fischer-Dieskau, baryton-basse
- Elisetta : Julia Varady, soprano
- Carolina : Arleen Augér, soprano
- Fidalma : Julia Hamari, mezzo-soprano
- Il Conte Robinson : Alberto Rinaldi, baryton
- Paolino : Ryland Davies, ténor
Direction : Daniel Barenboim.
Orchestre : English Chamber Orchestra (clavecin des récitatifs : Richard Amner).
Langue : italien
Particularité :
Réunissant une distribution de gala autour d’un Fischer-Dieskau au sommet de son art en Geronimo, cette gravure d’atelier dirigée par un jeune Barenboim demeure l’une des références discographiques de l’œuvre, régulièrement rééditée depuis sa parution chez Deutsche Grammophon en 1977.

Angelo Cavallaro — 1990
Format : 2 CD.
Label : Nuova Era.
Référence : NE 7014/15.
Année d’enregistrement : enregistrement public de 1990, coproduit avec le Teatro Comunale « G. B. Pergolesi » de Jesi ; publié en 1992.
Distribution :
- Geronimo : Enzo Dara, basse
- Elisetta : Valeria Baiano, soprano
- Carolina : Daniela Mazzuccato, soprano
- Fidalma : Adriana Cicogna, mezzo-soprano
- Il Conte Robinson : Bruno De Simone, basse
- Paolino : Max René Cosotti, ténor
Direction : Angelo Cavallaro.
Orchestre : Orchestra Filarmonica Marchigiana.
Langue : italien
Particularité :
Captation publique réunissant une distribution typiquement transalpine, emmenée par le vétéran de la basse bouffe Enzo Dara en Geronimo, dans une production coproduite par le Teatro Comunale « G. B. Pergolesi » de Jesi.

Gabriele Bellini — 1991
Format : 3 CD.
Label : Arts Music (initialement publié par Pilz).
Référence : 447117-2 (Pilz) / Arts 47117-2 ; EAN 600554711720.
Année d’enregistrement : 1991, en studio ; publié en 1994.
Distribution :
- Geronimo : Alfonso Antoniozzi, basse
- Elisetta : Janet Williams, soprano
- Carolina : Susan Patterson, soprano
- Fidalma : Gloria Banditelli, mezzo-soprano
- Il Conte Robinson : Petteri Salomaa, baryton-basse
- Paolino : William Matteuzzi, ténor
Direction : Gabriele Bellini.
Orchestre : Orchestra of Eastern Netherlands (pianoforte des récitatifs : Hans Ludwig Hirsch).
Langue : italien
Particularité :
Enregistrement de studio réunissant une distribution internationale emmenée par Alfonso Antoniozzi en Geronimo, avec un accompagnement des récitatifs au pianoforte d’époque plutôt qu’au clavecin.

Alessandro De Marchi — 2016
Format : 3 CD.
Label : CPO.
Référence : 555295-2.
Année d’enregistrement : enregistrement public du 12 août 2016, Tiroler Landestheater, Innsbruck (Innsbrucker Festwochen der Alten Musik) ; publié en 2021.
Distribution :
- Geronimo : Donato Di Stefano, basse
- Elisetta : Klara Ek, soprano
- Carolina : Giulia Semenzato, soprano
- Fidalma : Loriana Castellano, mezzo-soprano
- Il Conte Robinson : Renato Girolami, baryton-basse
- Paolino : Jesús Álvarez, ténor
Direction : Alessandro De Marchi.
Orchestre : Academia Montis Regalis, sur instruments d’époque (clavecin des récitatifs : Mariangiola Martello).
Langue : italien
Particularité :
Premier grand enregistrement de l’œuvre sur instruments d’époque, capté lors d’une production scénique remarquée des Innsbrucker Festwochen der Alten Musik, mise en scène par Renaud Doucet et André Barbe dans un décor de basse-cour. On y notera la distribution à contre-emploi de Renato Girolami, habituellement basse bouffe en Geronimo, ici dans le rôle du Conte Robinson.
Postérité :
Resté à ce jour le seul opéra de Cimarosa fermement ancré au répertoire international, Il matrimonio segreto n’a jamais quitté les scènes depuis sa création : de la Scala de Milan (1793) à Londres, Lisbonne, Paris puis New York et le Metropolitan Opera (1937), il a traversé deux siècles de tradition interprétative, de la grande distribution operatique des années 1970-1990 jusqu’aux relectures historiquement informées du XXIe siècle, comme en témoignent ces quatre enregistrements.

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