Format :
- Dramma giocoso (commedia per musica) en deux actes.
- Musique : Domenico Cimarosa.
- Livret : Francesco Saverio Zini.
- Langue : italien
Création :
Printemps 1787, Teatro del Fondo, Naples.
Cimarosa est alors au sommet de sa réputation napolitaine, forgée depuis le triomphe romain de L’italiana in Londra (1779) et le succès européen de Giannina e Bernardone (1781), qui avait circulé jusqu’à Vienne, Madrid et Saint-Pétersbourg. Il fanatico burlato est en réalité son dernier opéra avant un long silence : la même année 1787, Catherine II de Russie l’invite à devenir maître de chapelle à sa cour, et Cimarosa quitte l’Italie pour Saint-Pétersbourg, où il restera près de quatre ans avant de rentrer en 1791.
Livret :
Le livret est dû à Francesco Saverio Zini. Comédie de mœurs sur la manie nobiliaire, l’ouvrage connaît une belle circulation européenne dans les années qui suivent sa création : donné à Paris sous le titre L’Entiché de noblesse dupé (1791), traduit en allemand et représenté à Mannheim sous le titre Der adelsüchtige Bürger (1791) ; certaines sources situent même l’œuvre au répertoire d’Eszterháza, sous la direction de Joseph Haydn.
Intrigue :
- Acte I : Don Fabrizio, bourgeois qui s’est proclamé « baron del Cocomero », veut marier sa fille Doristella à un noble. Le Conte Romolo arrive de Rome pour l’épouser, mais Doristella aime Lindoro, un amant sans fortune. Pour la conquérir malgré tout, Lindoro se fait passer pour le comte et se met à donner des leçons de belles manières « à la française » ; les deux amants finissent par s’enfuir dans une cabane de bergers, où ils sont surpris et démasqués par Fabrizio et le véritable Conte Romolo.
- Acte II : Touché par la sincérité de Lindoro, le généreux Romolo renonce à Doristella et s’associe à lui pour punir la vanité de Fabrizio. Lindoro se déguise alors en exotique « prince Scaratafax des îles Moluques », offrant d’épouser Doristella tout en promettant à Fabrizio le titre de « Gran Mammalucco ». Ébloui, Fabrizio accepte — jusqu’à ce que la supercherie s’effondre et qu’il soit publiquement berné (« burlato »), contraint d’accepter enfin l’amour véritable de sa fille.
Enregistrement(s) :
Carlo Felice Cilario — 1988
Format : CD.
Label : réédition numérique NAR Classical (édité auparavant chez Arkadia, 1993, puis Akademia/Agora).
Référence : non précisée sur cette édition.
Année d’enregistrement : enregistrement public du 20 novembre 1988, Teatro Chiabrera, Savone (Italie) — souvent présenté comme le premier enregistrement de l’œuvre.
Distribution :
- Don Fabrizio : Giancarlo Ceccarini, basse
- Doristella : Gabriella Morigi, soprano
- Lindoro : Antonio Marani, ténor
- Conte Romolo : Mario Bolognesi, ténor
- Giannina : Daniela Uccello, soprano
- Valerio : Enrico Cossutta, basse
Direction : Carlo Felice Cilario.
Orchestre : Orchestra Sinfonica di Sanremo.
Langue : italien
Particularité :
Capté en public à Savone quelques mois avant que Carlo Felice Cilario ne devienne l’un des chefs les plus demandés dans le grand répertoire italien, cet enregistrement a longtemps constitué la seule trace discographique disponible de cet opéra méconnu de Cimarosa, réédité au fil des décennies par plusieurs petits labels avant cette édition numérique NAR Classical. Il permet de faire entendre une partition que les commentateurs jugent particulièrement soignée sur le plan orchestral, avec une ouverture réputée l’une des plus brillantes du compositeur et des ensembles conçus comme de véritables moteurs dramatiques plutôt que de simples numéros solistes.
Postérité :
Après ses succès parisien et mannheimois du début des années 1790, Il fanatico burlato s’efface peu à peu du répertoire courant, éclipsé par les triomphes ultérieurs de Cimarosa, au premier rang desquels Il matrimonio segreto (1792). L’œuvre reste rare à la scène comme au disque : hormis une production donnée à Drottningholm en 1982 sous la direction du même Carlo Felice Cilario, l’enregistrement de Savone de 1988 demeure la principale référence disponible pour découvrir cette comédie sur la vanité nobiliaire.


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