Format :
- Intermezzo en musique en deux parties.
- Musique : Domenico Cimarosa.
- Livret : Giuseppe Petrosellini.
- Langue : italien
Création :
30 janvier 1777, Teatro Valle, Rome (saison de Carnaval 1777).
Cimarosa a alors vingt-sept ans. Sorti du Conservatorio di Santa Maria di Loreto en 1771, il commence tout juste à recevoir des commandes des théâtres napolitains et romains ; I tre amanti compte parmi ces tout premiers intermezzi avec lesquels il se fait un nom à Rome, dans le sillage de maîtres alors dominants comme Piccinni, aux côtés d’un autre jeune rival, Paisiello. Ce n’est que deux ans plus tard, avec L’italiana in Londra (1779), qu’il connaîtra son premier grand triomphe romain.
Livret :
Le texte est dû à Giuseppe Petrosellini (1727-1797), librettiste romain très actif dans les théâtres de la ville durant les années 1770 et 1780, qui donnera plus tard à Paisiello le livret de son fameux Barbiere di Siviglia (1782). Spécialiste de l’intermezzo et du dramma giocoso comiques destinés aux scènes romaines, Petrosellini fournit ici un livret typique du genre, avec ses quiproquos amoureux et son petit monde de bourgeois et d’aventuriers. L’œuvre sera reprise en 1783 au Teatro Maccarani de Nice sous le titre Le gare degl’amanti, remaniée en dramma giocoso.
Intrigue :
- Partie I : L’action se noue autour d’une auberge au bord de la mer (« Bella cosa è alla marina »). Brunetta, jeune aubergiste aussi spirituelle que courtisée (« Son locandiera, ma spiritosa »), se trouve au centre des attentions de plusieurs prétendants, tandis que Violante, qui se sent délaissée et humiliée, alimente la confusion sentimentale. Don Arsenio Scarnicchia multiplie les déclarations et les manœuvres, entre promesses galantes et petites impostures, jusqu’à un premier finale d’ensemble qui laisse la situation des « trois amants » dans l’impasse.
- Partie II : Les rivalités s’exacerbent : Violante se déclare « méprisée de tous », le Barone della Nebbia se vante en une tirade bouffe de ses exploits imaginaires (« Io pirata di mare »), avant qu’un coup de théâtre comique — l’arrestation soudaine de Don Arsenio — ne précipite le dénouement. Explications, duo de réconciliation et scène finale réunissent enfin les couples et referment l’intrigue sur un ensemble général.
Enregistrement(s) :

Edwin Loehrer — 1968
Format : 2 CD.
Label : Nuova Era (collection « Arte Vocale Italiana — Edwin Loehrer Edition »).
Référence : CD NE 1052.
Année d’enregistrement : 22 mars et 28 avril 1968, Studio Auditorio RSI, Lugano (Suisse).
Distribution :
- Violante : Basia Retchitzka, soprano
- Don Arsenio Scarnicchia : Carlo Gaifa, ténor
- Don Riccardo : Rodolfo Malacarne, ténor
- Il Barone della Nebbia : Laerte Malaguti, baryton
- Brunetta : Maria Grazia Ferracini, soprano
Direction : Edwin Loehrer.
Orchestre : Orchestra della Radiotelevisione della Svizzera Italiana.
Langue : italien
Particularité :
Cet enregistrement studio de 1968 s’inscrit dans le vaste travail de redécouverte des œuvres de Cimarosa mené par Edwin Loehrer avec la Radio Svizzera Italiana durant les années 1960-1970, ensuite réédité en CD par Nuova Era dans son « Edwin Loehrer Edition ». Il s’agit vraisemblablement de l’un des tout premiers enregistrements modernes de cet intermezzo de jeunesse, resté dans l’ombre des grands succès bouffes ultérieurs du compositeur.
Postérité :
Après sa création romaine, I tre amanti circule assez largement en Italie dans les décennies suivantes : reprises signalées à Florence dès 1777, puis à Crema en 1796, Turin en 1797 et Padoue en 1801, avant de tomber dans un oubli comparable à celui de la plupart des premiers ouvrages de Cimarosa, éclipsés par ses triomphes ultérieurs comme Il matrimonio segreto (1792). L’œuvre ne redevient accessible qu’avec l’entreprise discographique d’Edwin Loehrer, puis, plus tard, avec un enregistrement Bongiovanni dirigé par Domenico Sanfilippo.

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