Format :
- Intermezzo comico (dramma giocoso) en deux actes.
- Musique : Domenico Cimarosa.
- Livret : Giuseppe Palomba.
- Langue : Italien.
Création :
8 février 1783, au Teatro Valle de Rome.
Cimarosa a alors trente-trois ans et connaît une production débordante pour les théâtres romains et napolitains. L’ouvrage rencontre un succès durable : il reste au répertoire européen pendant une trentaine d’années, avec de multiples remaniements, et connaît notamment une version augmentée montée au Teatro del Fondo de Naples au retour du compositeur de son séjour russe. Sa fortune la plus célèbre reste toutefois viennoise : lors d’une reprise donnée à Vienne en août 1789, Mozart lui-même compose un air d’insertion, « Alma grande e nobil core » (K. 578), destiné à l’un des chanteurs de la production — témoignage de l’estime que le jeune maître viennois portait à la verve comique de son aîné napolitain.
Livret :
Giuseppe Palomba (actif d’environ 1769 à 1825), l’un des librettistes bouffes les plus prolifiques de Naples, construit une mécanique de quiproquos autour des ambitions sociales de deux roturiers, Franchetto et sa sœur Sandra, qui rêvent de s’unir à la noblesse. Le procédé comique repose sur une profusion de travestissements — pas moins de huit déguisements successifs des deux prétendantes — destinés à abuser le vaniteux baron Totaro.
Intrigue :
- Acte I : Franchetto et sa sœur Sandra, tous deux d’origine modeste, rêvent de s’élever par le mariage : Sandra vise le riche et vaniteux baron Totaro, tandis que Franchetto s’éprend de Madama Laura, noble dame que le baron lui-même doit épouser sans encore l’avoir rencontrée. Profitant de cette méconnaissance, Sandra se fait passer pour Laura à l’aide d’un faux portrait et de déguisements successifs, brouillant les pistes et multipliant les scènes comiques de reconnaissance manquée.
- Acte II : Les substitutions et les travestissements se poursuivent, Sandra et la véritable Laura se succédant sous des identités changeantes pour tromper tour à tour le baron Totaro et son oncle, le riche Don Demofonte Cucuzzoni. Au terme de ces mésaventures, la vérité éclate : la véritable Madama Laura épouse le baron Totaro, tandis que Sandra doit se contenter d’épouser le riche Don Demofonte — Franchetto, lui, restant sans épouse au dénouement.
Enregistrement(s) :

Domenico Sanfilippo — 1989
Format : Enregistrement public, coffret 2 CD.
Label : Bongiovanni.
Référence : Bongiovanni GB 2083/84-2.
Année d’enregistrement : 20-21 juillet 1989.
Distribution :
- Franchetto : Ernesto Palacio, ténor
- Sandra : Valeria Baiano, soprano
- Baron Totaro : Bruno Praticò, basse
- Madama Laura : Martina Musacchio, soprano
- Don Demofonte Cucuzzoni : Domenico Trimarchi, basse
Direction : Domenico Sanfilippo.
Orchestre : Orchestra da camera dell’Opera di Praga.
Langue : Italien.
Particularité :
Cet enregistrement public réunit une distribution de spécialistes du répertoire bouffe italien : Bruno Praticò et Domenico Trimarchi, deux des bassi buffi les plus renommés de leur génération, incarnent avec faconde le baron berné et son oncle avare, tandis qu’Ernesto Palacio, ténor rossinien accompli, prête à Franchetto une aisance stylistique remarquable. Le chef Domenico Sanfilippo dirige avec vivacité l’Orchestre de chambre de l’Opéra de Prague, formation habituée à ce répertoire italien du second XVIIIe siècle. Document précieux pour une partition trop rarement redonnée, cet enregistrement demeure l’une des seules traces phonographiques de l’ouvrage qui inspira à Mozart lui-même un air d’insertion.
Postérité :
Œuvre parmi les plus jouées de Cimarosa de son vivant — elle resta au répertoire européen près de trente ans, de Rome à Vienne en passant par Naples —, I due baroni di Rocca Azzurra doit une part de sa notoriété posthume au geste de Mozart, qui lui consacra en 1789 l’un de ses airs d’insertion les plus célèbres, « Alma grande e nobil core » K. 578. Tombée depuis dans une relative confidentialité au concert comme au disque, l’œuvre continue pourtant de témoigner, par la verve de ses quiproquos et travestissements, de la maîtrise consommée que Cimarosa possédait de la mécanique comique napolitaine.

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