Note personnelle : ,

Boughton, Rutland — The Queen of Cornwall (1924)

Format :

  • Drame musical (music-drama) en deux actes.
  • Musique : Rutland Boughton.
  • Livret : Rutland Boughton, d’après la pièce The Famous Tragedy of the Queen of Cornwall de Thomas Hardy (1923), coupée, remaniée et complétée de six poèmes antérieurs de Hardy.
  • Langue : Anglais.

Création :

Août 1924, au Festival de Glastonbury (Somerset, Angleterre).
Boughton, âgé de quarante-six ans, est alors le chef de file d’un mouvement artistique et folklorique centré sur le Festival de Glastonbury, qu’il a fondé avec le poète Reginald Buckley en 1914 et où The Immortal Hour a connu son premier succès. Compositeur épris de mythe et de mysticisme, engagé à gauche, soutenu par Bernard Shaw, il rêve d’un wagnérisme anglais, nourri de chant populaire, et trouve dans le drame de Hardy un livret idéal.

Livret :

Hardy avait écrit sa tragédie en août 1923 ; publiée en novembre, elle fut créée par les Hardy Players à Dorchester, puis révisée en 1924. Boughton, qui la jugeait idéale, la resserre en deux actes, en conserve les vers parfois heurtés et l’enrichit de six poèmes de Hardy, qui offrent un répit lyrique dans un drame sombre. À la différence de Wagner, l’œuvre suit la légende celtique : Tristram, ne pouvant épouser Iseult, mariée à son suzerain le roi Marc, a épousé Iseult de Bretagne aux Blanches Mains.

Intrigue :

  • Acte I : Au château de Tintagel, la reine Iseult, partie à la recherche de Tristram blessé, revient sans l’avoir retrouvé ; le roi Marc, jaloux et soupçonneux, croit à la mort de Tristram sur la foi du récit d’Iseult, confirmé par l’autre Iseult, l’épouse de Tristram. La reine pleure dans son désespoir, jusqu’à ce que, sous sa fenêtre, retentisse la chanson d’un harpiste : c’est Tristram, déguisé.
  • Acte II : Iseult de Bretagne, qui l’a suivi, le supplie de rentrer avec elle ; Marc, que son serviteur Andret a mis sur la piste, surprend Tristram et le tue. Iseult saisit alors le poignard, frappe Marc et se jette du haut du château dans la mer. Iseult de Bretagne pleure les morts tandis qu’un chœur lointain célèbre l’éternité de l’amour des deux amants.

Enregistrement(s) :

Ronald Corp — 2010

Format : CD (2 disques, environ 1 h 53)
Label : Dutton Epoch (collection Dutton Vocalion)
Référence : 2CDLX 7256
Année d’enregistrement : du 8 au 10 juillet 2010, église St Jude-on-the-Hill, Hampstead Garden Suburb, Londres (parution le 1er novembre 2010).
Distribution :

  • Queen Iseult (la reine de Cornouailles) : Heather Shipp
  • Iseult de Bretagne, aux Blanches Mains : Joan Rodgers
  • Sir Tristram : Jacques Imbrailo
  • Brangwain : Patricia Orr
  • King Mark : Neal Davies
  • Sir Andret : Peter Wilman
  • Damsel : Elizabeth Weisberg

Direction : Ronald Corp
Orchestre : New London Orchestra et Members of the London Chorus
Langue : Anglais

Particularité :

Premier enregistrement mondial, réalisé à l’occasion du cinquantenaire de la mort de Boughton. Ronald Corp dirige le New London Orchestra et des membres du London Chorus dans un drame dont le chœur participe à l’action plutôt que de se borner à commenter. La critique salue une partition « forte et inventive », plus sombre, plus rapide et plus tragique que The Immortal Hour, avec des transitions plus fluides entre arioso, dialogue et atmosphère ; Heather Shipp (la reine), Joan Rodgers, Jacques Imbrailo (Tristram) et Neal Davies (Marc) sont particulièrement remarqués. Le livret de 32 pages donne le texte complet, un essai de Paul Adrian Rooke et des photographies de la création de 1924, issues des archives de la famille Boughton.

Postérité :

Souvent citée parmi les plus grandes œuvres de Boughton, The Queen of Cornwall fut donnée en concert à la BBC en 1935 et en 1950, puis à Liverpool et à Londres en 1963. Longtemps négligée, la partition, d’un romantisme tardif passionné et d’une orchestration éclatante, a été redécouverte par cet enregistrement, couronné « Editor’s Choice » de Gramophone en septembre 2011 et qui, aux yeux de la critique, rend enfin justice à un compositeur trop longtemps méconnu.

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