Note personnelle : ,

Børresen, Hakon — Den kongelige Gæst (1919)

Format :

  • Comédie en musique (opéra) en un acte.
  • Musique : Hakon Børresen.
  • Livret : Svend Leopold, d’après un récit de Henrik Pontoppidan.
  • Langue : Danois.

Création :

15 novembre 1919, au Théâtre Royal (Det Kongelige Teater), Copenhague.
Børresen, né à Copenhague en 1876 et élève de Johan Svendsen, a quarante-trois ans. Compositeur pétri de la tradition romantique danoise et nordique (Gade, Lange-Müller, Hartmann), et orchestrateur brillant, il connaît avec cet ouvrage son plus grand succès scénique ; la création est dirigée par Georg Høeberg, avec Albert Høeberg dans le rôle de l’Hôte, Poul Wiedemann dans celui du docteur Høyer et Tenna Kraft dans celui d’Emmy.

Livret :

Svend Leopold tire sa « comédie en musique », sous-titrée « Hymne à Éros », d’un récit de Henrik Pontoppidan, dont il conserve la prose rythmée et la veine lyrique ; Børresen y compose une musique d’un romantisme tardif, élégante et mélodique, qui s’accorde au sujet : un huis clos conjugal qu’un mystérieux visiteur vient dérégler. L’invité, qui se fait appeler prince Carnaval, est un avatar de Pan et d’Éros, venu rendre le feu à un couple endormi dans la routine.

Intrigue :

  • Acte unique : Vers 1900, dans une maison du Jutland, le docteur Arnold Høyer et sa femme Emmy attendent des invités pour un bal costumé de Mardi gras. Au dernier moment, tous les convives se décommandent : Høyer est irrité, tout en se sentant un peu soulagé. C’est alors que surgit un inconnu, qui demande à être l’hôte du docteur ; sous le pseudonyme de « prince Carnaval », il s’installe, joue du piano, courtise Emmy, improvise une fête de Carnaval et interroge le couple sur sa vie conjugale. Il fait renaître un souffle d’érotisme et de poésie dans la maison, mais l’insolence de son flirt attise la jalousie de Høyer, qui le chasse. Resté seul avec Emmy après son départ, Høyer comprend, en la regardant, la leçon de vie que leur a donnée le visiteur, et les époux se réconcilient.

Enregistrement(s) :

Johan Hye-Knudsen — 1949

Format : CD (1 disque, 63’25)
Label : Naxos Historical (« Fra Det Kongelige Teaters operarepertoire. Hegermann-Lindencrones Båndarkiv »)
Référence : 8.112004
Année d’enregistrement : 27 avril 1949, en direct à la Gamle Scene du Théâtre Royal de Copenhague, pour le soixante-dixième anniversaire d’Albert Høeberg (enregistrement de Knud Hegermann-Lindencrone ; réédition par Naxos Historical).
Distribution :

  • Arnold Høyer, médecin : Poul Wiedemann, baryton-ténor
  • Emmy, sa femme : Dorothy Larsen, soprano
  • L’Hôte (prince Carnaval) : Albert Høeberg, baryton
  • Ane, servante des Høyer : Ellen Nielsen
  • La petite fille : Monna Schoubye

Direction : Johan Hye-Knudsen
Orchestre : Det Kongelige Kapel (Orchestre de la Chapelle Royale)
Langue : Danois

Particularité :

Captation historique de la Gamle Scene, réalisée sur bandes par Knud Hegermann-Lindencrone et incomplète : il manque environ trois minutes au début de l’œuvre, avant le prélude, ainsi que la troisième scène, à cause d’un changement de bande. Le prélude est tiré d’un enregistrement de 1950 de l’Orchestre royal sous Hye-Knudsen (Polyphon). Ce soir-là, Albert Høeberg, qui fêtait ses soixante-dix ans, fut longuement applaudi sur scène et couronné de lauriers, et le roi Frédéric lui remit la médaille Ingenio et Arti. Poul Wiedemann et Dorothy Larsen, qui avaient chanté ensemble le couple Høyer pendant trente ans, sont des interprètes de référence ; Wiedemann a chanté son rôle plus de cent trente fois. Le livret du disque comprend le texte danois, une présentation de l’œuvre et des chanteurs, ainsi que des souvenirs de Børresen sur la genèse de l’ouvrage.

Postérité :

Plus grand succès scénique de Børresen, Den kongelige Gæst fut repris à plusieurs reprises au Théâtre Royal jusqu’au jubilé de cinquante ans du Théâtre en 1964 et fit l’objet de plusieurs diffusions et concerts à la radio danoise ; une adaptation télévisée fut réalisée en 1964. Il demeure l’un des opéras danois les plus populaires et connaît depuis une seconde discographie moderne, celle de Tamás Vetö et de l’Odense Symphony Orchestra (Dacapo).

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