Note personnelle : ,

Boieldieu, François-Adrien — La Dame blanche (1825)

Format

  • Genre : opéra-comique en 3 actes
  • Musique : François-Adrien Boieldieu
  • Livret : Eugène Scribe
  • Langue : français
  • Durée : environ 2 heures
  • Création : 10 décembre 1825
  • Lieu : Théâtre de l’Opéra-Comique, salle Feydeau, Paris.

La Dame blanche est l’un des ouvrages majeurs de l’opéra-comique français et l’un des plus grands succès de Boieldieu.

Création

L’œuvre est créée le 10 décembre 1825 à l’Opéra-Comique de Paris.

La distribution originale comprend notamment :

  • Georges Brown : Jean-Blaise Martin
  • Anna : Mme Lemonnier
  • Gaveston : Henri
  • Dikson : Pradher.

Le succès est immédiat et considérable. L’œuvre devient rapidement l’un des piliers du répertoire de l’Opéra-Comique.

Livret

Le livret est d’Eugène Scribe, avec une intrigue construite à partir de plusieurs éléments empruntés aux romans de Walter Scott, notamment Guy Mannering et The Monastery.

Scribe mélange :

  • héritage mystérieux,
  • château écossais,
  • fantôme protecteur,
  • amour contrarié,
  • reconnaissance,
  • superstition populaire.

Cette combinaison donne à Boieldieu un cadre idéal pour développer une musique à la fois lyrique, comique et spectaculaire.

Intrigue

Acte I

En Écosse, George Brown, jeune officier anglais, arrive dans une auberge après avoir été recueilli et élevé par un mystérieux protecteur.

Il rencontre Anna, jeune orpheline liée à la famille Avenel.

La région est dominée par la légende de la Dame blanche, apparition surnaturelle censée protéger les anciens seigneurs du château.

Gaveston, intendant des Avenel, cherche à s’emparer du domaine et à épouser Anna. Il exploite la superstition locale afin de maintenir son pouvoir.

George se rapproche d’Anna sans savoir que leur passé est étroitement lié.

Acte II

George et Anna se retrouvent au château des Avenel.

Gaveston tente de contrôler la situation et de découvrir l’identité véritable de George.

La légende de la Dame blanche intervient directement dans l’action : Anna se présente sous cette apparence afin de protéger George et de faire échouer les projets de Gaveston.

Les différents indices conduisent progressivement à la découverte de la véritable identité de George.

Acte III

Les secrets de la famille Avenel sont finalement révélés.

George est en réalité le fils disparu du dernier seigneur d’Avenel et donc l’héritier légitime du château.

La mystérieuse Dame blanche n’est pas un véritable fantôme : la légende a été utilisée par Anna pour protéger les intérêts de la famille.

Gaveston est démasqué.

George retrouve son héritage et peut épouser Anna.

L’opéra se termine par la restauration de l’ordre et la célébration du couple.


Enregistrement(s)

Marc Minkowski — 1996

  • Format : CD — 2 CD
  • Label : EMI / Erato
  • Référence : 5 56355 2
  • Année d’enregistrement : 1996
  • Distribution :

    • Georges Brown : Rockwell Blake
    • Georges Brown — dialogues : Jacques Verzier
    • Anna : Annick Massis
    • Gaveston : Laurent Naouri
    • Dickinson : Jean-Paul Fouchécourt
    • Mac-Irton : Bernard Deletré
    • Jenny : Mireille Delunsch
    • Marguerite : Sylvie Brunet
    • Un paysan : Bernard Dehont
    • Gabriel — rôle parlé : Gilles Vajou
  • Direction : Marc Minkowski
  • Orchestre : Ensemble Orchestral de Paris
  • Chœurs : Chœur de Radio France.

La version est particulièrement intéressante parce que Minkowski restitue l’œuvre avec une approche historiquement informée, tout en conservant la dimension théâtrale et brillante de l’opéra-comique.

 


Postérité

La Dame blanche est l’un des opéras-comiques français les plus importants du XIXe siècle.

Son succès est exceptionnel : l’œuvre reste au répertoire de l’Opéra-Comique pendant près d’un siècle et connaît plus de 1 000 représentations au XIXe siècle.

Elle contribue également à populariser le fantastique écossais sur les scènes françaises.

L’influence de Boieldieu se fait sentir dans l’évolution ultérieure de l’opéra-comique français, notamment chez Auber, Hérold et plus tard Gounod.

L’ouverture et plusieurs airs ont longtemps été joués indépendamment de l’opéra.

L’œuvre est aujourd’hui moins présente sur les grandes scènes, mais elle reste considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de l’opéra-comique français.

La résurgence des interprétations sur instruments anciens a également permis de renouveler son écoute, notamment avec Marc Minkowski.

 

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