Format :
- Opera seria (Dramma per musica) en 3 actes.
- Musique : Joachim Albertini.
- Livret : Probablement inspiré des drames antiques (comme ceux de Jouy ou Métastase).
- Langue : Italien.
Création :
1803, à Varsovie.
Dans sa maturité tardive, et malgré le démembrement politique de la Pologne, Albertini continue de fournir le théâtre de Varsovie en grandes fresques tragiques. La musique de cette œuvre s’imprègne de la gravité du néoclassicisme napoléonien, préfigurant l’emphase héroïque de Spontini avec de grandes scènes de rituels païens et des chœurs sombres.
Livret :
Le mythe de la vestale (la prêtresse romaine tenue à la chasteté absolue sous peine d’être enterrée vivante) est l’archétype du conflit entre le devoir religieux implacable et l’amour charnel transgressif.
Intrigue :
- Acte I : À Rome, une jeune Vierge Vestale est secrètement éprise d’un valeureux général romain. La nuit, pendant sa garde du feu sacré de Vesta, son amant s’introduit dans le temple. Distraite par la passion, elle laisse le feu s’éteindre, commettant un sacrilège absolu.
- Acte II : Le sacrilège est découvert par le Grand Pontife. Malgré les tentatives désespérées de l’amant pour la sauver, la Vestale est jugée et condamnée à être emmurée vivante. Les ensembles vocaux traduisent le triomphe de la loi aveugle sur la compassion.
- Acte III : La marche au supplice. La Vestale est descendue dans la crypte mortelle. In extremis, un éclair divin vient rallumer le feu sacré sur l’autel (ou le général force l’entrée avec ses troupes). Interprétant ce signe comme un pardon des dieux, le Pontife la libère de ses vœux, permettant le mariage.
Postérité :
Cette partition d’Albertini précède de quelques années le triomphe mondial de La Vestale de Spontini (1807) sur le même sujet. Elle témoigne de l’air du temps et de la qualité des productions lyriques à Varsovie au tout début du XIXe siècle, bien qu’elle ait été définitivement oblitérée par le chef-d’œuvre de Spontini.

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