Note personnelle : ,

Agnesi, Maria Teresa — Il re pastore (vers 1756)

Format :

  • Dramma per musica en 3 actes.
  • Musique : Maria Teresa Agnesi.
  • Livret : Pietro Metastasio (Métastase).
  • Langue : Italien.

Création :

Vers 1756 (probablement à Milan ou Vienne).
Forte de ses succès précédents, Agnesi s’attaque au livret le plus prisé de l’Europe des Lumières, démontrant son assurance stylistique. Sa musique se caractérise par des lignes vocales gracieuses, évitant l’ornementation excessive au profit de l’expression naturelle des sentiments, un trait cher à la cour viennoise à laquelle l’œuvre était souvent destinée ou dédiée.

Livret :

Le célèbre texte de Métastase (qui inspirera également Mozart vingt ans plus tard) exalte la philosophie du « bon sauvage » et le mythe de l’Arcadie. Il oppose la pureté de la vie champêtre à la lourdeur des responsabilités politiques, à travers la figure d’Alexandre le Grand et d’un héritier légitime élevé dans l’ignorance de son rang.

Intrigue :

  • Acte I : À Sidon, Alexandre le Grand découvre qu’Aminta, un simple et vertueux berger amoureux de la nymphe Elisa, est en réalité l’héritier légitime du trône qu’il vient de conquérir. Alexandre décide de lui rendre sa couronne.
  • Acte II : Aminta est confronté à un dilemme cruel. Pour légitimer politiquement son accession au trône, Alexandre exige qu’il abandonne Elisa pour épouser la princesse royale Tamiri. Les tourments d’Aminta et le désespoir d’Elisa offrent des pages d’une intense poésie vocale.
  • Acte III : Répugnant à trahir son amour, Aminta se présente devant Alexandre dans ses anciens habits de berger, refusant le royaume s’il doit y perdre Elisa. Subjugué par une telle noblesse d’âme, Alexandre s’incline, autorise les mariages d’amour et rend la couronne à un roi véritablement digne de ce nom.

Postérité :

La mise en musique d’Il re pastore par Agnesi témoigne de sa parfaite assimilation de l’esthétique métastasienne. Bien qu’elle ait été éclipsée par les innombrables autres versions du siècle (dont celles de Gluck, Piccinni et Mozart), la partition de la Milanaise révèle une grande finesse psychologique dans le traitement des personnages féminins.

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