Format :
- Opéra historique national (Drame populaire) en 4 actes.
- Musique : Nikolay Yakovlevich Afanas’yev.
- Livret : Basé sur l’histoire de la rébellion cosaque du XVIIe siècle.
- Langue : Russe.
Création :
Jamais créé (censuré).
Admirateur du drame populaire à la Boris Godounov, Afanas’yev dote son orchestre d’une puissance brute, faisant la part belle aux grands chœurs d’hommes (représentant les Cosaques et les paysans) et usant de chants russes archaïques pour peindre le climat violent et mystique de la Volga du XVIIe siècle.
Livret :
L’œuvre aborde la figure hautement incandescente de Stepan (Sten’ka) Razin, chef cosaque qui mena un soulèvement massif contre la noblesse tsariste en 1670. Le livret entremêle l’épopée révolutionnaire et l’épisode célèbre (et légendaire) de la princesse persane jetée dans les flots du fleuve.
Intrigue :
- Acte I : Sten’ka Razin rassemble les pauvres, les fuyards et les Cosaques sur les rives de la Volga. Des chœurs épiques appellent à la révolte contre l’oppression des boyards moscovites.
- Acte II : Après des victoires flamboyantes en Perse et sur la mer Caspienne, Razin est fêté par ses hommes. Il est accompagné d’une belle princesse persane captive, dont il s’est épris, ce qui suscite la méfiance de ses rudes lieutenants.
- Acte III : La rébellion menace de s’effondrer sous le poids de la jalousie et de la sédition. Pour prouver son dévouement exclusif à la cause et à « Mère Volga », Razin sacrifie son amour dans une scène terrible, jetant la princesse dans les eaux du fleuve, un moment de grande tension symphonique.
- Acte IV : Trahi par les siens (les Cosaques aisés) ou cerné par les armées du Tsar, Razin est capturé. L’opéra se clôt sur la défaite tragique du héros du peuple, marchant fièrement vers son exécution à Moscou.
Postérité :
Le sujet même de l’opéra (une révolte paysanne armée contre le Tsar) provoqua l’interdiction immédiate de l’œuvre par la censure impériale. Maltraité par le destin, Afanas’yev vit l’une de ses partitions les plus ambitieuses condamnée au silence absolu, privant la Russie d’une fresque pré-moussorgskienne majeure.

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