Note personnelle : ,

Afanas’yev, Nikolay Yakovlevich — Ammalet-bek (1870)

Format :

  • Opéra russe (Drame romantique) en 4 actes.
  • Musique : Nikolay Yakovlevich Afanas’yev.
  • Livret : Basé sur la célèbre nouvelle éponyme (1832) d’Alexandre Bestoujev-Marlinsky.
  • Langue : Russe.

Création :

Jamais créé de son vivant (composé dans les années 1870).
Afanas’yev, violoniste de formation et compositeur prolifique (mais tragiquement marginalisé par les institutions et le célèbre « Groupe des Cinq »), compose cette œuvre dans un style qui cherche à marier l’héritage symphonique de Glinka à un orientalisme très affirmé, usant d’échelles caucasiennes, de percussions typiques et de mélismes langoureux.

Livret :

Le sujet s’inscrit dans la fascination littéraire russe pour le Caucase. Il relate l’histoire vraie et tragique d’Ammalet-bek, un noble guerrier avar (tchétchène/daghestanais), et de son amitié fatale avec un officier russe, explorant les thèmes de l’honneur de la montagne, de la trahison et de la vengeance inéluctable.

Intrigue :

  • Acte I : Le rebelle caucasien Ammalet-bek est capturé par les troupes russes. L’officier Verkhovsky, admirant son courage, le prend sous sa protection. Une profonde amitié se noue entre les deux hommes, malgré le fossé culturel.
  • Acte II : Ammalet-bek est épris de la belle Seltaneta. Le chef rebelle Sultan-Akhmet, oncle de Seltaneta, exige d’Ammalet qu’il assassine Verkhovsky pour prouver sa loyauté à la cause de la montagne et obtenir la main de la jeune fille. Ammalet est déchiré entre son amour et l’honneur de l’amitié.
  • Acte III : Sous l’emprise du fanatisme et de la passion, Ammalet-bek cède. Lors d’une chevauchée ou d’une rencontre isolée, il tue tragiquement son protecteur russe dans une scène orchestrale sombre et tourmentée.
  • Acte IV : Rongé par la culpabilité, Ammalet découvre que son crime était vain (Seltaneta le rejette ou le destin le frappe). Il finit par errer comme un damné, apportant sur la tombe de Verkhovsky (ou devant l’armée) la tête de son manipulateur, avant d’être lui-même foudroyé.

Postérité :

Archétype de l’opéra orientaliste russe, Ammalet-bek ne parvint jamais à forcer les portes des théâtres impériaux, frileux face à l’œuvre d’un compositeur sans appuis académiques solides. La partition dort dans les archives, bien qu’elle contienne des pages symphoniques d’un exotisme remarquable qui annoncent les danses caucasiennes de Borodine.

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