Format :
- Opéra-comique patriotique / Fait historique en 1 acte.
- Musique : Ferdinand Adrien.
- Livret : Anonyme ou issu des cercles jacobins de la capitale.
- Langue : Français.
Création :
1793, à Paris, en pleine Terreur.
Ferdinand Adrien, membre d’une illustre fratrie de musiciens impliqués dans la tourmente révolutionnaire (aux côtés de son frère Martin-Joseph, célèbre basse de l’Opéra), met son talent au service des idéaux républicains. La musique, abrupte et martiale, est conçue pour galvaniser les foules, intégrant souvent des thèmes de chansons populaires et des hymnes civiques.
Livret :
Conçu comme une pièce de propagande révolutionnaire, l’argument utilise la figure du « fou » ou du simple d’esprit pour dénoncer l’absurdité des privilèges de l’Ancien Régime. La folie y est présentée non pas comme une maladie, mais comme une lucidité effrayante face à la corruption aristocratique.
Intrigue :
- Acte unique : Dans une petite ville de province ou une place parisienne, un homme considéré comme le fou du village clame des vérités subversives sur l’égalité et la fraternité. Les ci-devant nobles locaux et les prêtres réfractaires tentent de le faire enfermer. Mais l’arrivée des gardes nationaux ou l’éclatement d’une émeute populaire (la Révolution) vient bouleverser l’ordre établi. Le « fou » est reconnu comme le plus sage des citoyens, les tyrans sont démasqués, et l’œuvre s’achève par un grand chœur patriotique (souvent une variante de la Carmagnole ou de la Marseillaise).
Postérité :
Œuvre de circonstance purement utilitaire, Le Fou ou La Révolution n’a pas survécu à la chute de Robespierre. Elle constitue cependant un document historique inestimable sur la manière dont le théâtre lyrique français fut réquisitionné pour servir de catéchisme républicain aux heures les plus sombres de la Révolution.

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