Note personnelle : ,

Adolfati, Andrea — Vologeso (1752)

Format :

  • Dramma per musica (Opera seria) en 3 actes.
  • Musique : Andrea Adolfati.
  • Livret : Apostolo Zeno (souvent remanié à partir de son célèbre Lucio Vero).
  • Langue : Italien.

Création :

Carnaval 1752, au Teatro Sant’Agostino, à Gênes.
Adolfati, fort de ses succès en Italie du Nord et solidement implanté dans la République de Gênes, livre ici une partition emblématique de l’opera seria de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il allie une science contrapuntique héritée de son maître vénitien Galuppi à une expressivité préclassique, privilégiant la virtuosité des cordes pour soutenir la pyrotechnie vocale.

Livret :

Inspiré de l’histoire romaine et des conflits parthes, le livret d’Apostolo Zeno dépeint les heurts entre l’empereur romain Lucius Verus (Lucio Vero) et le roi parthe Vologèse (Vologeso). C’est un drame de captivité, de fidélité conjugale et de clémence impériale, thèmes particulièrement prisés pour exalter la noblesse d’âme des souverains.

Intrigue :

  • Acte I : Le roi parthe Vologeso a été vaincu par les armées romaines de Lucio Vero. La belle Berenice, fiancée ou épouse de Vologeso, est retenue captive par le Romain, qui en tombe éperdument amoureux, délaissant sa propre promise, la noble Lucilla.
  • Acte II : Vologeso, que l’on croyait mort, s’infiltre dans le camp ou le palais romain pour libérer Berenice. Les amants se retrouvent dans une grande scène pathétique, mais ils sont découverts. Lucio Vero, rongé par la jalousie et la colère, condamne son rival au cachot ou à la mort dans des airs d’une grande fureur (arie di tempesta).
  • Acte III : Face au courage inflexible de Berenice et de Vologeso, prêts à mourir ensemble, et sous la pression morale de Lucilla, Lucio Vero vainc ses passions destructrices. Dans un geste de suprême clémence, il libère Vologeso, lui rend Berenice et son royaume, et accepte d’épouser Lucilla.

Postérité :

L’œuvre témoigne de la vitalité des théâtres génois sous l’ère d’Adolfati. Si elle repose sur un canevas textuel mis en musique par d’innombrables contemporains (dont Jommelli ou Perez), la version d’Adolfati se signale par l’élégance de ses arie di bravura et sa capacité à maintenir une tension théâtrale constante, bien qu’elle ait sombré dans l’oubli avec le déclin du genre seria.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *