Note personnelle : ,

Adolfati, Andrea — Sesostri re d’Egitto (1755)

Format :

  • Dramma per musica (Opera seria) en 3 actes.
  • Musique : Andrea Adolfati.
  • Livret : Pietro Pariati (parfois co-signé ou remanié d’après Apostolo Zeno).
  • Langue : Italien.

Création :

1755, au Teatro Sant’Agostino, à Gênes.
Dans la maturité de sa courte vie (il mourra quelques années plus tard, en 1760), Adolfati revient à son port d’attache génois pour y livrer l’une de ses œuvres les plus monumentales. La partition exige une grande théâtralité, caractéristique de la transition stylistique vers des formes plus libres et des finales d’actes plus développés.

Livret :

Le livret appartient à la veine héroïque et dynastique des réformateurs Zeno et Pariati (antérieurs à Métastase). Se déroulant dans l’Égypte fantasmée, il s’articule autour de l’archétype du souverain légitime déchu revenant incognito réclamer son dû face au tyran usurpateur.

Intrigue :

  • Acte I : Sesostri, prince héritier légitime de l’Égypte, a grandi en exil après que son père fut assassiné par l’usurpateur Amasi. Devenu un puissant guerrier sous un faux nom, il revient à la cour d’Égypte et s’attire la faveur d’Amasi et l’amour de la princesse Nitocri.
  • Acte II : La véritable identité de Sesostri menace d’éclater à chaque instant. Les courtisans fidèles à l’ancienne dynastie tentent d’organiser la rébellion. Sesostri est confronté à des dilemmes moraux, devant servir le meurtrier de son père tout en préparant sa vengeance, ce qui génère de grands airs de fureur et d’hésitation.
  • Acte III : Lors d’une célébration sacrée dans le temple de Memphis, la révolte éclate. Sesostri dévoile sa véritable identité. Amasi est renversé (ou tué). Sesostri récupère la couronne d’Égypte et épouse Nitocri, instaurant une ère de paix et de légitimité dynastique.

Postérité :

Sesostri re d’Egitto est une démonstration de force d’Andrea Adolfati. Par l’utilisation de chœurs d’ouverture grandioses et d’une orchestration foisonnante, l’œuvre montre comment l’opera seria de la fin des années 1750 commençait déjà à intégrer des éléments du grand spectacle pour pallier la rigidité des cadres du début du siècle. C’est l’un des sommets de la carrière du Vénitien.

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