Format :
- Dramma per musica (Opera seria) en 3 actes.
- Musique : Andrea Adolfati.
- Livret : Pietro Metastasio (Métastase).
- Langue : Italien.
Création :
1747, au Teatro San Samuele, à Venise.
De retour dans la Sérénissime après ses succès régionaux, Adolfati (25 ans) livre une partition ardente pour l’exigeant public vénitien. Il y approfondit l’usage théâtral des instruments obligés et de la symphonie d’ouverture, rompant avec la stricte monotonie des arias da capo pour privilégier l’intensité dramatique.
Livret :
Il s’agit du tout premier grand livret (1724) du célèbre poète impérial. Inspiré de l’Énéide de Virgile, le drame se concentre exclusivement sur les affres de l’amour et de l’honneur : la passion destructrice de la reine de Carthage face au destin implacable du héros troyen appelé à fonder Rome.
Intrigue :
- Acte I : Enée (Enea) réside à Carthage, comblé par l’amour de la reine Didon (Didone). Cependant, les oracles et les envoyés célestes lui rappellent sa mission divine : fonder un nouvel empire en Italie. Didon est pressée de toute part, notamment par le roi maure Iarbas, qui exige sa main sous peine d’invasion.
- Acte II : Enée prépare secrètement son départ, plongeant la cour dans l’angoisse. Les confrontations entre Enée, déchiré par le devoir, et Didon, incrédule puis furieuse, constituent le cœur émotionnel de l’acte, culminant dans des duos et récitatifs d’une grande violence psychologique.
- Acte III : Les flottes troyennes s’éloignent. Les forces de Iarbas attaquent Carthage en flammes. Trahie, vaincue et désespérée, Didon refuse de se rendre au roi barbare. L’opéra s’achève sur le suicide héroïque et terrifiant de la reine dans les flammes de son propre palais.
Postérité :
Le traitement orchestral de la scène finale de l’incendie et de la mort de Didon fut particulièrement remarqué. Adolfati utilise les cordes trémolos et les vents pour simuler le tumulte destructeur, offrant un final d’une puissance tragique rare pour le style vénitien des années 1740, confirmant son statut de compositeur théâtral de premier ordre.

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