Format :
- Grand Opéra héroïque / Drame musical national en 4 actes.
- Musique : August Ritter von Adelburg.
- Livret : Basé sur le célèbre drame de Theodor Körner (1812) et sur l’épopée fondatrice croato-hongroise.
- Langue : Allemand (bien qu’il ait été un symbole du patriotisme slave/hongrois).
Création :
23 juin 1868, au Théâtre National de Pest (Budapest).
C’est le chef-d’œuvre absolu d’Adelburg. À 38 ans, il réussit enfin à faire monter sa grande fresque sur la scène nationale hongroise. Musicalement, l’œuvre est un tour de force intégrant des motifs mélodiques croates et hongrois (le verbunkos, les chœurs patriotiques) à une architecture colossale inspirée des théories de Wagner sur le drame continu.
Livret :
L’intrigue glorifie le héros national Nikola Šubić Zrinski (Miklós Zrínyi en hongrois), ban de Croatie, dont le sacrifice héroïque lors du siège de Szigetvár en 1566 bloqua l’avancée de l’immense armée du sultan ottoman Soliman le Magnifique vers Vienne.
Intrigue :
- Acte I : Au château de Szigetvár, le gouverneur Zrinyi apprend l’approche de l’invincible armée ottomane de Soliman. Il exige un serment de fidélité jusqu’à la mort de la part de ses officiers, de sa femme Eva et de sa fille.
- Acte II : Le siège ottoman fait rage. Les janissaires attaquent inlassablement. Dans le camp de Soliman, le vieux sultan, bien que mourant, exige la chute de la forteresse à n’importe quel prix pour consolider son héritage.
- Acte III : La forteresse est en ruines, la famine guette. Les femmes de Szigetvár, menées par Eva, refusent de fuir et se préparent au sacrifice suprême. Le sultan Soliman meurt dans sa tente, mais sa mort est cachée à ses troupes pour éviter la déroute.
- Acte IV : N’ayant plus aucun espoir de secours, Zrinyi enflamme les réserves de poudre, dit adieu à sa famille et lance, à la tête de ses derniers hommes, une ultime charge suicidaire fulgurante hors de la forteresse embrasée. Le drame s’achève dans le fracas, l’incendie et l’héroïsme pur.
Postérité :
Zrinyi connut un immense triomphe lors de sa création à Pest, acclamé comme une œuvre fondatrice du sentiment national. Ironiquement, l’œuvre d’Adelburg sera plus tard éclipsée, sur le même sujet, par le Nikola Šubić Zrinski d’Ivan Zajc (1876), devenu l’opéra national croate par excellence. La redécouverte récente des manuscrits d’Adelburg révèle pourtant une orchestration novatrice et un souffle épique qui méritent pleinement leur place dans l’histoire de la musique d’Europe centrale.

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